‹ Histoire de diocèse de BayeuxChapitre 78 sur 112 · XLVIII.— PAGE · texte numérisé non relu

XLVIII.— PAGE

Meiief oéUbiéM à la Mlhmnde.

Gilles Buhot, dans les comptes qu'il présenta au chapitre pour justifier son administration, porte à deux cent vingt pots la quantité de vin employée chaque année à la Déllvrànde pour la célébration du saint sacrifice; puis il ajoute : « et afin qu'on n'estime pas que ce soit trop de deux cent Vingt pots. Il sera observé qu'il se dit en la dite chapelle environ dix-huit mille messes, savoir: treize à quatorze mille par les prêtres habitués, et le reste, par d'autres prêtres à leur dévotion. » Ce nombre, quoique inférieur à celui que Nicolas Buhot a consigné dans ses mémoires, est encore très-considérable.

XLix.— PAGB ao.

CiPaféMiiOM ecoléMBitiqiMft.

« Pour Tordre que l'on doit garder dans leiT conférences, il c(msiste en plusieurs articles, dont voici tes principaux.

« En attendant que la compagnie soit tout-à-fail assemblée «u lieu où Ton tient la conférence, un député de la compagnie pourra faire dans l'église la répétition de quelques cérémonies ecclésiastiques ; ce qui facilitera à tous l'usage des rubriques; outre qu'on préviendra ainsi, sans trop de contrainte, la dissipation d'esprit qu'apporteroit la liberté de parler de choses . profanes , et qui empécheroit souvent le fruit des

instructions que Ton vient prendre et se; donner mutuellement.

« On commencera la conférence par les prières dressées exprès à cet effet. On lira d'abord quelque chose des réçiemeots de la conférence, et cette lecture achevée, l'interprète expliquera l'évangile du dimanche ou qualqn'antre endroit de l'Écriture sainte, premièrement dans le sens littéral, et pois dans le sens moral et spirituel. »...

. ic Après cette Interprétation , le répétiteur fera une briève récapitulation des choses principales qui auront été dîtes dans fat conférence précédente , çt cette répétition doit être lort succincte.

« Elle sera suivie du sujet de pieté sur lequel on doit s'entretenir, et pour le faire ayec ordre, Monsieur le directeur in^ vitera. d'abord le premier assistant à parler sur ce sujet; tous y doivent être prépares, et le doivent faire d'une manière aisép et familière , sans rien perdre néanmoins de la bien-r séance et de la gravité convenable. On invite en second lieu le second assistant, et ensuite les particuliers de la compagnie; tantôt les uns, tantôt les antres; car il n'est pas toujours & propos de les faire parler de suite comme ils sont assis. Il faut seulement observer de prier d'ordinaire les phis jeunes de parler les premiers, parce qu'ils aurotent moins de choses à dire et moins de liberté à s'exprimer, après avoir entendu ceux qui ont plus d'âge et plus d'habileté qu'eux. Le directeur termine le sujet spirituel en faisant faire réflexion sur quelques points de ce que l'on aura dit qui paroitront les plus importants, ou en ajoutant quelque chose de nouveau , s'il le juge à propos.

« On vient ensuite au sujet des cas de conscience : on le prendra ordinairement dans Binsfeld, comme dans le Livre qui en peu de paroles renferme le plus de choses, et en fournit le plus à dire. L'expositeur expliquera de la manière la plus plausible qu'il pourra le sientiment de cet auteur, et il ne doit point alors s'en écarter, de peur do confondre les idées sur cette explication*

36 PIÈCES iUSÎIPICATlVRS.

«c Le proposant proposera deux cas de conscience ; il Auil prendre garde ' extrêmement à choisir toujours des cas de p^atîq[ue« et jamais ceux qui seroîent trop subtils et trop métaphysiques, et qui pour l'ordinaire n'ont aucune utilité»

« Le directeur expliquera encore Tétat de la question sous un autre jour, s'il est besoin, afin que tous Tentendent parfaitement , et il demandera ensuite le sentiment de plusieurs de la compagnie Tun après l'autre , et particulièrement de ceux qui auront été chargez d'étudier le traité ou le cas se rapporte ; il recueillera ensuite les sentiments et s'attachera aux meillenres^réponses et aux raisons les plus solides, pour en former une conclusion juste et précise.

« Quaiid on aura résolu de la sorte les deux premiers cas de cobscience, il sera libre à chaque particulier de la compagnie d'en proposer d'autres sur quelque matière que ce soit, et bu Buivri^ la même méthode pour les éclaircir. La compagnie doit garder en cette occasion un grand ordre et un grand silence , et il n'y a absolument que le directeur, celuy qdi propose, et oeluy qui est nommément averti de dire son. avis qui doivent parler; sans cette règle, il n'y auroit que de la confusion dans l'assemblée. Ce sera d'ailleurs un exercice de vertu très-exemplaire et très-méritoire de réprimer l'inclination naturelle que Ton a dans ces occasions de dire sa pensée tout haut , ou du moins à Tôreille de ceux auprès de qui l'on se rencontre.

«Quant à ceux qui proposent, ils ne doivent le faire qu'après avoir donné quelques marques de déférence , quoique sans affectation • aux autres qui paroîtroient avoir aussi quelque chose à proposer. Ils doivent aussi se contenter de faire une réplique ou deux au plus à la résolution que Ton aura apportée à leur difficulté ; le reste seroit argumenter et disputer, ce qui est plus le propre de l'école que d'une conférence , où il vaut mieux éclaircir moins les difficultez que d'échauffer trop les esprits.

« Il faut lire ensuite les noms de ceux qui composent la compagnie , et ceux qui seront absents auront soin de se faire excuser par quelqu'un de leurs confrères. Quoique ce règle-

menl paroisse avoir quelque chose de gêuaut et de petit, il est c^^riain néanmoins que Tobservaiion en est très-importante, par le témoignage qu'elle renferme de Vestime que i'oa fait de rassemblée et de la vénération qu'on a pour elle. »

( Vie de Jf. l'abbé du Val-Richer,)

Page 1