‹ Histoire de diocèse de BayeuxChapitre 85 sur 112 · LVII.— PAGR · texte numérisé non relu

LVII.— PAGR

lN«€Oiirt dà M. de FooiMult, înleadant de la

Ce discours fut prononcé au mois de décembre de l'année 1700, à l'ouverture des conférences qui furent faites dans l'église de Saint- Jean de Caen, par M. l'abbé GrancoLas.

« Je vous ai fait assembler ici pour vous dire que le Roi a lieu d'être surpris d'apprendre que ses intentions soient si mai suivies de votre part, et que vous preniez si peu de soin de vous faire instruire des vérités de la religion romaine, dans le temps que dans les autres provinces du royaume , où il y a un nombre beaucoup plus grand que dans celle-ci de prétendus réformés , les ordres de Sa Majesté sont ponctuellement exécutés, et avec un très-grand succès. J'ai même un reproche à me faire d'avoir -eu pour vous trop de condescendance^ puisqu'elle n'a servi qu'à vous rendre, je ne dirai pas plus rebelles et plus endurcis, mais au moins plus indolents sur la religion ;

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car« enfin, ne pourrait-on pas s'informer de Tons si yons êtes chrétiens? Ne pourrait-on pas vous deni^der quelle religion vous professez , et s'il est permis de vivre en albce et sans culte aucun? Un coup de la Providence, un souffle de Tesprit de Dieu vous aurait heureusement, jetés dans le port du salut ! Vous avez tous abjuré solennellement vos erreurs entre les mains des pasteurs de la véritable Église; les registres publies que vous avez signés, en feront foi à la postérité. Vonlez-vous qu'elle connaisse que vous avez été des parjures? Vous êtes revenus dans nos temples que vos pères avaient abandonnés ; vous y avez chanté les louanges du Très-Haut avec nous; quelques-uns de vous se sont approchés des sacrements; quelle raison pouvez-vous alléguer d'un changement aussi criminel? Croyez-moi , profitez de la clémence de voCre souverain. S'il vous traitait comme des relaps (car enfin vous l'êtes), en quel état seriez-vous, et qui pourrait vous garantir de la rigueur de ses ordonnances? Sont-ce les puissances protectrices de votre religion? Le bon sens et votre expérience devraient vous avoir désabusés depuis long-temps de cette vaine espérance dont vous vous êtes laissés séduire , et qui doit être absolument tombée! Le Eoi saura rendre, malgré les puissances du monde et de l'enfer, tout son royaume aussi catholique que ceux auxquels il vient de donner un maître »

« Voyant que nos conférences dégénéraient en disputes d'école, ooDtinne l'intendanl, j'ai fait entendre aux religionnaires que dorénavant on n'en ferait plus , mais qu'on leur exposera l'Évangile , la doctrine de l'Église et la tradition , sans admettre ni dispute ni controverse; qu'ils pourront ensuite proposer leurs doutes, en particulier et en toute libeité,'à celui qui leur aura proposé le sens de l'Écriture. >

Voici quelques fragments de ce discours , prononcé , le 6 janvier, aux religionnaires de Caen, dans l'église de l'évêché:

« Nous vous protestons, à la faee des autels , que nous n'adorons qu'un seul Dieu; que nous rejetons toute autre adoralion, prise « dans sa véritable signification , comme idolUre ;

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que nous honorons les saints dans leurs images, sans leur rendre de culte religieux. Vous voulez, malgré cette confession de foi , si nettement expliquée , si publiquement protestée, que nous ayons tronqué les commandements de Dieu pour autoriser le partage de sa divinité. Toutes les démarches que nous faisons vers votts , ne peuvent fléchir vos cœurs , plus acharnés contre la religion romaine que vérîtablement attachés aux sentiments de Calvin , que vous avez tant de fois abandcumés dans las controverses. L'ÉgKse a fait la gr&ce aux hérétiques qui ont abjuré siaeèrement leurs erreurs, de les recevoir dms sa communion ; et vous nous refusez la justice de nouA écouter et de nous croire* quand nous vous déclarons, quand nous vous prouvons que notre doctrine n'est autre que celle qui a été transmise par les apôtres à leurs successeurs ! Vous vous êtes unis aux Luthériens , quoique plus opposés à vous par leurs dogmes et par leurs pratiques que nous ne le sommes , et vous ne voulez pas même reconnaître les points sur lesquels nous convenons avec vous I Quel jugement pourrait porter un juge désintéressé sur un pareil entêtement? Je sais bien, messieurs, que les préjugés de la naissance, que la harne que l'on a pris soin de vous faire sucer avec le lait contre notre religion , sont des obstacles difficiles à surmonter : mais ces mêmes préventions devaient empêcher vos pères de quitter l'Église romaine , dont ils connaissaient parfaitement l'antiquité , et vous devez avoir d'autant moins de répugnance à y rentrer, que vous ne pouvez pas douter qu'ils sont euxmêmes les fondateurs de celle qu'ils vous ont laissée. ">

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S^taum de WÊff âa lieiOMad, à gaiat^mcolei.

Un des principaux griefs dû prieur Chevillard contre M*' de Nesmond est la visite que le prélat fit dans l'église Saint- Nicolas, le 5 juillet 170?. il y prêcha, comme c'était l'usage,

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et y parla de ses démêlés avec les Bénédictins. Les officiers de Fabbaye recueillirent çà et là, dans la paroisse, quelques lambeaux de ce discours, et en firent un compte-rendu, d'après lequel le sermon n*aurait été qu'une suite de plates bouffonneries. Ils reconnaissent cependant que M** de Nesmond avait déclaré quil était prêt à oublier les torts des religieux, s'ils voulaient imiter la soumission du curé de Saint-Martin , P. Cally, dont il fit un grand éloge. Il termina en ;ànnonçant qu'il allait célébrer le saint sacrifice pour leur conversion, et engagea les fidèles à prier pour eux. M** de Nesmond allait ainsi au-devant de la réconciliation. Dès le commencement de cette même année, il avait consenti à recevoir le prieur, et l'avait mené faire des visites dans son carrosse.

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