‹ Histoire de diocèse de BayeuxChapitre 97 sur 112 · LXXII— PAGE · texte numérisé non relu

LXXII— PAGE

Premier ohent royal eu Pny da Felliiot à Caen , pretenlé par noble et venenible aiai«lre André Blondel , chanoine de la presbende de BIlMy, en i*égUte Cathédrale de Ittayeûs, en l'an

uptetn, (ProoertDooo.)

Ay lieu fangeux reùestu de verdure , Vn puissant Roy voulut esdifier Place en honaeinr sans nmeule ou laîdure, Qu'à tous Tîuans vouloît notifier Ayant désir pour le magnifier, Y ériger Yniuersité close, La bastissant pour son plaisir forclose D'auoir en soy maeule ou itideseenee, Parfaicte eo toni d'outtfage si exprès Que pour sob bmit et sa tresnoble essence, Tel onc ne îtix ne sera pair après.

Sur sept pillfers' grande matière et dnre Posez au front pour lafortîfier, 11 accomplit l'ediiioe ou' structure Qu'en son esprit voùloii clarifier.

De ses grands biens voûtant Tamptifier, A luy donner Preuileges diapose.

Puis de bon cœiir par son esprit propose La décorer d*vne puissance immense Des Officiers, lesquels sÏb tiennent prests. De bien seruir auecqnés diligence i Tel onc ne fut no sera par après.

Elle etti Recteur singulier sur nature, Pour Royaux dons prendre et ratifier, Conseruateur en sa ludicature , Prudent, expert, pour tout iustifier.

Quatre Docteurs prompts à vérifier Les dons exquis que cê Roy luy expose Furent présents, et chacun d'eux compose En son honneur Hures de conséquence, Vn Messager passant champs, villes, près, Va proclamer d'vne saincte éloquence Telle onc ne fut ne sera par après.

.Gens de sçauoir, gens de littérature, Yindrent la voir pour y fructifier.

Les ignorans contemplans sa do^re Son nom exquis youloyent mortifier.

Lors on eust veu esprits vinifier Qui exprimoyent mots plus fragans que rose, En confondant en mettre aussi en prose Les grands erreurs et damnable insolence, Des détracteurs les poussant de si près , Que d'elle on dict malgré leur violence Telle onc ne fut ne sera par après.

Dieu Roy Puissant mis en ceste Escriture Marie eireut pour la sanctifier Et maintenir Yniuersité pure Sur sept vertus et la glorifier.

Le fils de* Dieu prest â ratifier.

Fut le Recteur auquel tout sens repose, Le sainct Esprit conseruateur ie pose, Et les Docteurs d'Eglise est la Gredence, Son messager aux habits diaprez G'est Gabriel : concluant ma sentence.

Telle onc ne {ut ne sera par après.

Prince du Puy, mercier par droielure De bon vouloir on doit la geniture Du virginal sedre et intact Siprez, Dont deffenseur estes faisant droieture, Qu'en son concept saincte et digne fiictur e Telle onc ne fut ne sera par après.

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To«v «ealMle âm k Qitkédffale. -*8éf iilIttM éè Mf ' dm If «tBMmd^

Les espérances que nous avions conçues au sujet de la Cathédrale, ne se sont point réalisées. Au mois de février 18^» yy. Toslain, ingénieur en chef des ponts-et-cbaussées ; Guy, architecte de la ville de Caen; Fessard, ingénieur du chemin de fer de Paris k Cherbourg, avaient biea voulu se charger de prouver à y. le ministre des cultes que la tour pouvait être consolidée, et le pays avait accueilli cette nou> velle avec joie. Des éclats de pierre, qui ont jailli le dimanche 27 juin au-dessus d'une des portes du chœur, ont appelé à Bayeux M. Violet- Le Duc, inspecteur des édifices diocésains, et il a exprimé l'avis que la tour devait être démolie. En présence de cette nouvelle, qui coïncidait avec une attaque de paralysie dont Monseigneur venait d*être frappé, en tournée de confirmation, le chapitre et le conseil municipal ont arrêté qu'une commission serait désignée pour se rendre immédiatement auprès de l'Empereur et du ministre; qu'elle s'eflbrcerait d^obtenir la consolidation de la tour, ou du moins la reconstruction de cette partie que l'on doit au patriarche de Jérusalem, et dont la beauté échappe à toute contestation., La commission désignée par le chapitre se composait de MM. d'Uérembert, grand-chantre, vicaire-général; Marais et Perrée, chanoines titulaires, La commission du conseil muni-

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cipal comprenait» avec MM. Despallièrea^ maire de fiayeux, et G. Villers, adjoint, MM. Pezet, président du tribunal civil, et Douesnel , ancien député , tous deux membres du conseil. H. le ministre des cultes a bien voulu prendre en considération les vœux dont nos députés étaient les interprètes. « Votre tour, leur a-t-il dit, on vous la reconsiruira. » L'empereur, dont tous les moments étaient absorbés par les occupations qui précèdent l'ouverture des chambres, a fait dire à ladéputation de lui soumettre sa demande par écrit, et qu'il se montrerait toujours très -disposé à ordonner tous les travaux de reconstruction qui lui seraient proposés. Alors nos dépotés ont adressé à l'empereur une supplique, -eompremni le résumé des demandes qu'ils étaient chargés de lui présenter. Cette supplique est ainsi conçue:

« Sire ,

« A la vue des préparatifs qui annoncent la démolition prochaine de la tour centrale de la Cathédrale de Bayeux, la population de la ville s'est émue, et le conseil municipal, défé^ rant à un vœu exprimé de toutes parts, a nommé une députation chargée de se rendre près de Votre Majesté ; le chapitra de réglise Cathédrale s'est associé à cette manifestation par le choix de trois de ses membres, chargés de vous exposer le vœu de l'autorité ecclésiastique, dont le vénérable évêqne du diocèse, retenu par l'état de sa santé, est privé d'être l'organe.

c C'est avec un profond regret que nous avons appris que les hautes occupations de Votre Majesté ne lui permettaient pas de nous recevoir.

« Privés de Thonnenr d'arriver jusqu'à elle, nous ne fkillirons cependant pas à la mission qui nous a été confiée, et si nous ne somaies pas assez heureux pour lui adresser de vive voix nos doléances, elle nous a fsÀi donner l'espoir qu'elle daignera du moins nous lire, et garder dans sa mémoire le souvenir des demandes que nous hii adressons.

« Sire, nous avons été informés par M. le ministre des cultes que Votre Majesté a suivi toutes les phases de Taffaire relative

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à la tour oentrale de notre Cathédrale. Nous n'entrerons donc dans aucune exposition de fiiits, et pour ménager les moments si précieux de Votre Majesté, nous noos bornerons à résumer les demandes que la population et le ckrgé nous ayaient chargea de fermer auprès d'elle.

« Nous supplions done humblement Votre Majesté d'ordonner:

« 1* Que de nouvelles et dernières: études soient faites pour apprécier les projets présentés dans le but de la eonsoHdation de la tour centrale en $an mHer, et pour en éviter, s'il est posdble; là déplorable démoHiêon,

« 9* SI' le nouvel et définitif examen des hommes db 1!art enlève tout espoir de oônsoHdition et de conservation , ne sefait-il pas suffisant' de. dégager la tour du poidis seulement de la coupole, et, en déposant cette partie construite au tviii^ siècle, de conserver les deux autres parties , construites eueeesaiirement du xiii* au xv* siècle?

« Comme il serait possible que des travaux faits daiis un but de consolidation entraînassent des dépenses plus considérables que les travaux de démolition, nous nous empressons de déclarer à Votre Majesté qu'il est dans l'intenticiir de M^ l'évèque d'ouvrir dans le diocèse une souscriptioii,;qui «eraft accueillie avec empressement, tant est vif et unanime le désir de conservation exprimé par la population tolit entière, ef que tout rend certain que cette contribution volontaire de tousles fidèles procurerait une somme considérable, qui soulagerait. d*une manière sensible la dépense à la charge du trésor de l'État.

« 9* Enfin , Sire, si des études dans le double but que nous venons d'exposer n'étaient point prescrites, ce ne serait point sans succès que la population de la vlHe de Bayeux, s'adres^' sant aux sentiments religieux de Votre Majesté, solliciterait d'elle l'exécution la plus prompte d'une démolition que rien ne pourrait plus arrêter, et la reconstruction la plus prompte aussi du monument.

« Sire, la Cathédrale est déjà interdite dans le chœur et dans

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les deux tiers de ses nefs» fiar les ordres du ministre des cultes, effrayé de la responsabilité qu'un événement pourrait faire peser sur lui. €e ne sont pas seulement la nécessité de la religion, la dignité de Tévêque, celle du obapîtret la pompe et réclat du culte catholique, qui se trouvent compromis par la suppression des cérémonies épiscopales, mais une paroisse de la ville, de près de six mille âmes (la paroisse Notre-Dame), n'a pas d'autre église que la Cathédrale, et Texiguité de la partie qui reste, Texpose à rester privée des secours que ses besoins religieux lui rendent nécessaires.

« I>es travaux immédiats, des crédits suffisants accordés pour leur rapide exécution peuvent seuls coiyurer les inconvénients de cette situation, et peut^tre ses dangers. Nous les sollicitons de Votre Miyesté; nous appelons sa sollicitude sur rétat pénihle où la ville de Bayeux, où son digne et vénéré prélat, où le clergé sont et vont se trouver placés. Nous avons la conviction profonde que nous ne nous serons point adressés en vain à Votre Majesité pour le faire cesser. »

Dans la réunion du chapitre du 22 juin 1855, il avait été décidé «pie les sépultures de I^ouis de Harcourt, patriarche de Jérusalem; de François de Nesmood et de Uenry II de Salisbury, tous trois évêques de Bayeux , seraient transportées du chœur dans la crypte, pendant la durée des travaux. Les fouilles exécutées sous la tour centrale, depuis le vendredi 29 juin jusqu'au mardi 3 juillet, n'ont amené que la découverte d'une sépulture: celle de M*' de Nesmond, Le corps du vénérable évêque, renfermé dans un cercueil en plomb, occupait le milieu du chœur ; son nom et la date de sa mort se trouvaient sur la face interne du couvercle ; le corps, revêtu des ornements épiscopaux, était entier; la mitre sur le bras gauche, le chapeau à glands sur les pieds. La croix en or et la bague ont été enlevées et déposées dans le trésor. On a laissé sur la poitrine une petite croix en bois noir, qui avait été placée dans la main droite. Le corps du prélat, renfermé dans son cercueil de plomb, et revêtu d'un cercueil en bois,

sera conservé provisoirement derrière l'autel de la crypte; un procès-verbal de l'exhumation, scellé dans un flacon cylindrique , a été joint à ses précieux restes. Plusieurs personnes ont demandé qu'il leur fût p^mis de les visiter: quelques-unes en ont approché avec respect du linge et des vêtements.

LXXiV.— PAGE 262.

Erteiur» dtt» BénédîoUiM M» fépueaptA de Mgr de lietnioiid.

Les Bénédictins , qui écrivaient en 1759, se sont borpés, pour ce qui regarde M*' de Nesmond, à traduire Uermant* Il en résuite que plusieurs de leurs affirmations renferment des erreurs notables: 1* Tria seminaria canstruxit; è quitus duo suis sumptihus erexit. Le séminaire de la Délivrande était construit et en plein exercice, quiiue ans avant l'épiscopat de M** de Nesmond. J*ai fait connaître les fondateurs du séminaire de Caen ; son existence était assurée dès Tannée 1644. Reste le séminaire de Bayeux, qui fut, à proprement parler, l'œuvre de M'' de Nesmond. Encore ceci doit-il être restreint au séminaire actuel : la justice et la reconnaissance nous font un devoir de constater que, dans la première fondation, la plus grande part revient à Gilles Buhot; 2* Ecclesiastica colloquia ab ipso sunt instituta. Cette seconde allégation est encore plus fausse que la première. Le véritable fondateur des conférences fut Fabbé Georges*, curé du Pré-< d'Auge , et , si Ton tenait à citer le nom d'un évêque , c'est li(* Servien qu'il fallait nommer; 8* Domos meretricihus eoncludenéis destinavU, La Gharité-dn-Refuge a été fondée sous l'épiscopatde M*' Mole, et c*estsou8 l'épiscopai de M** de: Luynes que le Bon-Sauveur de Caen devint un second asile pour les femmes de mauvaise vie. Je me suis cru obligé à relever ces erreurs, précisément parce qu'elles s'abritent sous une autorité fort respectable. W de Nesmond est assez riche en bonnes œuvres de toute espèce ; pourquoi cbercberionsnous à grossir sa renommée aux dépens de la vérité ?

66 PlkCES JUSTIFICATIVES.

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