‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 2)Chapitre 70 sur 250 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

Politique extérieure de la France; son principe. — Nouveau Congrès de Vienne. — 31. Gendebien à Paris. — Interpellation de 3Ï. 31auguin aux ministres ; discours de 31. Bignon ; émotion qu'il produit.— Congrès belge; sa physionomie; indépendance de la Belgique proclamée. — Protocole du 20 décembre ; protestation de 31. Falk ; protestation du roi Guillaume. — Question du Luxembourg ; rôle de M. de Talleyrand à Londres. — 31. Lafïitte éprouve de l'éloignement pour le roi ; à quelle occasion; lettre singulière. — Communication ministérielle aux Chambres; détails caractéristiques. — Le principe de non-intervention proclamé solennellement par le président du Conseil; sensation en Europe. — Conjuration en Pologne; Wysocki, Zaliwski et leurs compagnons; le grand-duc, son portrait, sa sécurité. —Nuit du 29 novembre à Varsovie. — Chlopicki au pouvoir; sa profonde incapacité- — Fuite de Constantin. — Enthousiasme des Polonais : les Clubs. — Frayeurs de Chlopicki ; sa violence dans la faiblesse ; il s'empare de la dictature. — Royauté future de Czartoryski. — Les doctrinaires de Varsovie. — Luhecki part pour Saint- Pétersbourg. — Ce que la France pouvait pour la Pologne, et ses sympathies. — Entrevue étrange entre 31. Biernacki et le consul de France à Varsovie, 31. Durand. — La Pologne abandonnée.

Le 2 novembre, jour fixé pour l'installation de son nouveau parlement, le roi delà Grande-Bretagne, après s'être félicité du dénoùment de la révolution de Paris, s'exprimait en ces termes sur la révolution de Bruxelles : « J'ai « appris avec un profond regret la situation des affaires « des Pays-Bas. Je déplore que l'administration éclairée (( du roi n'ait pu préserver ses domaines de la révolte. »

Deux jours après, M. Vande Weyer étanl arrivé à Londres, avec une mission de ses collègues, lord Abenleen et lord Wellington lui déclarèrent successivemenl que l'Angleterre étail bien résolue à ne souffrir ni directement ni indirectement l'accession de la Belgique à la France. En prenant ce ton impérieux et menaçant, les nobles lords n'ignoraient pas que leur pays, épuisé, était hors d'état de l'aire la guerre. Ils comptaient donc sur la pusillanimité de noire gouvernement, sur son ignorance des faits, et, principalement, sur le désir manifesté par Louis-Philippe de gagner les lionnes grâces de l'Europe monarchique. Ils ne se trompaient pas.

On a vu dans le chapitre précédent quelles eauses avaient amené la formation du ministère du 2 novembre. M. Dupont (de l'Eure) en était le personnage, sinon le plus influent, au moins le plus nécessaire, et il avait une âme toute française. Malheureusement, il était absorbé, ainsi que M. Lallîtte, par le soin des intérêts du dedans. On lui cachait, d'ailleurs, beaucoup de choses. Le maréchal Maison, ministre des affaires étrangères, prêtait son nom à des actes dont il comprenait peu la portée. De sorte que la politique extérieure était exclusivement dirigée par la Cour.

Le principe de non-intervention fut. dès les premiers jours du nouveau règne, adopté comme fondement de cette politique. C'était un principe étroit, peu généreux. L'empereur Alexandre avait été mieux inspiré lorsqu'il avait pris pour point de départ dans le traité de la Sainte- Alliance, la solidarité des peuples et celle des rois. Si l'intention était odieuse, si l'application fut oppressive, la pensée était grande. Mais prendre cette devise égoïste

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