CHAPITRE IX
ou se distinguai! la voix perçante des femmes. Cachés parmi les aloês qui rouvrent les pentes du ravin en avant de Mansourah, trois cents tirailleurs turcs attendaient 1rs Français, qu'ils accueillirent par une fusillade aussi vive qu'imprévue. Mais les zouaves s'clançant avec violence, enivrés déjji par l'odeur de la poudre et frémissants, l'ennemi se replia en «les. rdre dans la ville, et Ton put procéder aux préparatifs du siège.
Il fut reconnu sur-le-champ que la place devait être attaquée par le plateau de Koudiat-Aty, pendant que trois batteries de gros calibre, établies sur celui de Mansourab, prendraient d'enfilade el de revers les batteries du front d'attaque. Tout fut disposé en conséquence. Conduites parle général Rullières, la troisième et la quatrième brigades franchirent le Rummel, sous le feu de la place, et prirenl position à Koudiat-Aty: de toutes parts les travaux commencèrent, poussés avec uue activité que protégeai! un courage inébranlable. Car les Arabes ne se coi tenu lient pas d'envoyer la morl aux travailleurs de. haut des remparts: el tandis que Ahmed, glissant de colline en colline, lançait sur nous ses cavaliers, Turcs el Kabyles accouraient du fond de Constantine, el contre les divers points de la courbe décrite autourd'eui venaient se briser en rugissant. Et puis, comme en is:5f>, le ciel semblait s'être déclaré contre les Français. La pluie tomba par torrents. I es passerelles jetées sur le Rummel lurent emportées. Les sacs à terre, que les soldats s,, passaient de main en main, n'arrivaient à destination que remplis d'une fange liquide. \ Kfansourah , la terre changée en
boue, refusant à l'artillerie un appui sufilsai ent solide,
trois pièces versèrent dan-- un ravin el ne fuient relevées
. .* HISTOIRE f>E lil\ v>*.
que par les efforts surhumains des zouaves. Pas de foin, i ma de paille pour les chevaux. Ceux de l'artillerie, les plus utiles, ne recevaieul qu'un tiers de ration d'orge par jour, les mulets affames rongeaient les laissons, il \ eut des nuits de tempête, effroyables, mortelles. Les soldats couchaient dans l'eau, a quelques-uns il lui donné de s'étendre sur des cailloux ; d'autres, pénétrant dans le cimetière <!<• Koudiat-Al) . se reposèrent ••nus la voûte des tombeaux.
ou conçoit ce que de telles souffrances devaient être l oui des l i.iii. ;n^. i .h e impél ueuse el plus propre à suppoi tei le péi il que le retard, tussi, lorsque dans la matinée ilu '.'. les batteries de Mansourah ouvrirenl le feu, l'armée toul entière répondit au bruil du canon par un immense i ri de joie liais i était trop peu nue d'éteindre i .1 el là le feu il<' la plaie, que d'échancrer les embrasures lea i •• • ■ tes restant closes el rien n'annonçant que la < ille se lui émue, les i rançais appelèrent avec impatience l'heure de I assaut. Pour le rendre praticable, il (allait achever les travaux de la batterie de brèche que le mauvais temps avait interrompus el transporter à Koudial Uy, sur un
terrain mouvant, inégal, profondément déchiré, des | 'es
■ le 1 1 ri de IG destinées à celte batterie <»n \ parvint, tant était forte la trempe des courages el des volontés Mors lea arabes sortent de tous côtés de la ville, et, i la faveui de ressauts de terrain, ils viennent rampei |ui qu au pied des parapets qui couvrenl les assiégeants i •■ général Damrémonl arrive suivi du duc de Nemours n ordonne aus soldats de sauter par-draaua lea parapets \ i.i baïonnette! m nui lea Français, el les parapets mol m. i h un clin d'tuil, les arabes sont culbutés de