CHAPITRE X. -y
•et nous eûmes de la peine à le reconnaître, tant il paraissait attentifaux murmures imbéciles que l'éloge du peuple arrachait à l'assemblée!
Les éminentes qualités de M. Arago n'étaienl pas. du reste, sans mélange. Se proposer un but invariable et unique, savoir concentrer son activité, ménager prudemment ses alliances et ses ressources, se taire des créatures par un système suivi d'attentions prévoyantes et d'égards patients, ne se donner d'autres ennemis que ceux qu'il c<l bon d'avoir, voilà ce qui importe à un chef de parti, dans une so iété qui balance entre le goût du changement cl la peur des crises. Or, M. Arago avait moins de persévérance que de fougue; il se laissait trop aisément distraire de la poursuited'un grand dessein par des préoccupations ndaires: il diminuait lui-même, en les répandant sur trop d'objets à la lois, les forces de sa volonté: il ne connaissait qu'à demi l'art de discipliner sous lui la résistance; intrépide ci fidèle dans ses amitiés, il ne cherchait pas assez à gagner les indifférents, et sa personnalité impétueuse blessa plus d'une fois un parti ombrageux à
l'excès ; pour toul dire, il sacrifiait plus à sa pass d
i nenl qu'à «>u but. L'opiniâtreté et le calcul dans la
passion furent tout le génie de Pym. Avec ce génie-là on prépare les révolutions : M. \rago avait le génie qui
les ilei ide
Quoi qu'il en soit, M. Vrago, à l'époque dont nous parlons, ne faisait pas mystère de ses espérances, et le parti démocratique le pouvait déjà saluei comme un de ses chefs. Or, M vrago se décidant, M. Laffilte, quia volontiers l influence de son illustre ami. se laissait entraîner inévitablement : et, quant à M. Dupont de ri nre
l. - démocrates n'avaient jamais douté que son patriotisme ne leur fût ii 1 1 appui.
MM Dupont, avocat, et Louis Blanc partirent t ) « - ces données pour prendre l'initiative des démarches qui devaient amener la Formation d'un comité électoral au centre même du parti démocratique. M Dupont de l'Eure pro uni son concours ; on obtint celui de M. Vrago : par M \r;t- . », celui de M. Laflitte; et, cela fait, les membres de l'Opposition dynastique lurent im ités a se réunir ;'i un comité dont le parti démocratique venait de fournir !<• premier noyau.
i m- double hypothèse avait été posée ou bien l'Oppo mi ion dynastique accepterai! , el alors on combattait àcAté d'elle, reserve Faite de la différence des principes ; ou bien elle refuserait, et, dans ce cas. on était en mesure de se : de son alliance, puisqu'on avait pour soi MM. \r;i::<>. i aflOtte, Dupont de i i ure . c'est à-dire trois hommes qui d'avance frappaient de mort tout comité d'Opposition dans lequel il- n'auraient pas siégé
i c plan était bien conçu la suite le prouva, i neassem Mi ■■• ayant été indiquée, au marché des Jacobins, dans les bureaux de la Vourelh Vmerr$, les deux Oppositions s'] réunirent i ;« république \ siégeait dans la | quelques uns de ses plus fermes représentants, parmi lea quelsMM. Dupont, Dornex, rhomas, rédacteui en chef du Sational; i rédéi ic Degenrges, rédacteur en chef du JVo leur du Palais dt-Calaù l .■ discussion s'ouvrit sous i | t. -ni. -m •• de M i affilie
i is radicaux « expliquèrent sui leur but, hautement et
llèrement luaqu'alors on n'avait cessé de le iprochei
. ■• qu il * avait d intraitable dans leui humeur et de trop
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fougueux dans leurs agressions : s'ils .se décidaient à l'attaque, disait-on, ils ne savaient que tirer l'épée, et leur repos même n'était qu'un isolement farouche. Lh bien, il leur plaisail de prouver combien était injuste l'exagération de ces reproches. Les élections allaient commencer: ils \ prendraient part et ils invitaient l'Opposition dynastique à joindre ses efforts aux leurs. Mais pour qu'une telle association fût morale, il fallait qu'on la nouât sans secrète pensée, sans lâche détour, avec l'autorité que donnent .iu\ actions humaines la droiture des intentions et la netteté des aveux. Pas de compromis équivoque entre les principes contraires, pas de concessions mollement échangées. Il s'agissait d'allier les forces contre un ennemi cmniiiim. non de confondre les drapeaux.
La proposition était loyale : ce fut avec un mélange d'estime el d'inquiétude que ceux à qui elle s'adressait l'écoutèrent, el MM. Chambolleel Léon Faucher n'hésitèrent pas à la repousser. Ne savait-on pas quel esprit auimail la plupart des électeurs, el que la politique radicale leur
était un sujet d'effroi ? L'Opposition dynastique commettrait donc une faute grave en se traînant comme auxiliaire
à la suite d'hommes qui, par un scrupule aussi fatal
qu'honorable et nécessaire, ne voulaient rien céder sur
leurs doctrines el s'en faisaient gloire. M. Dupont répondit d'une manière impétueuse el hautaine. Il laissait entendit' que, si l'on refusait de S'unir à eux, les radicaux
>c sentaienl assez loris pour marcher seuls. L'agitation gagna l'assemblée.
i .1 se i mm ail un professeur du collège de France à qui un vil talenl de journaliste el des opinions populaires élo quemment propagées avaient valu, parmi la jeunesse.
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une popularité éclatante. Mais, par ane résolution qui esi Kcuse et qui resta sans < ommentaire, M, Lenniniei avait depuis peu rompu avec ses anciens amis, déserté son camp; et, condamné par l'opinion, poursuivi par le cri de la jeunesse, il s'était . comme il arrive, réfugié dan l'audace, il prit la parole, et, avec une apreté particulière, il insista sur réloignement >!<• la classe moyenne pour les radicaux, sur les dangers de leur concours, -m- leur faiprouvée, ajoutait-il, par le nombre de leurs défaites . paroles étranges • ! ins la bouche de M Lerminier, al qui lui attirèrent >!<• l.i part de M. l ouis Blanc, son i ollaborateurde la veille, une réplique véhémente, terminée par ces mots H est, Monsieur, certaines défaites qui i honorent plusque certains triomphes. ■
tinsi, le débat s'animait de plus en plus, roui i coup m Mathieu, de l'Institut, se dirige vers le président, lui parie ;i voii basse et quitte l'assemblée Professeur il«' l'École polytecl |ueet beau-frère de H Vrago, M Mathieu était aussi renommé poui son patriotisme que poui s.i -ri, -H, i- \ peine est il sorti, que M LalBtte se lève, et,
d'union ferme Messieurs, dit il. je suis j dévoua
. déclarer que MM trago et Mathieu sont résolus à ne point faire partie d'un comité où le |>arti radical ne serait pas représenté le fais la même déclaration roui fut décidé alors \u milieu d'une agitation i trente, on consulte rassemblée ; une forte majorité as prononce en faveui des radicaux; parmi les membre* de i Opposition dynastique, les plus énergiques se rallii nt au parti de la démo ratie, le« dissidents se retirent 1 1 le l< n
■ i ir suivante paraissait dans les |nurnaiix
i n i .mi n cintrai esl constitué i Paris pnui - ■