CHAPITRE \. 2(io
« mait autrement il y a quarante ans ! Et-qui exclut-on « d'abord? Ce sont les constitutionnels de toutes les « nuances, les amis du Pouvoir, le tiers-parti, lesdynas- « tiques, toute cette Opposition dont, il faut le dire. » M. Barrot est la force et l'honneur. » L'accusation était calomnieuse, M. Barrot n'ayant pas été exclu, ets'étantexclu lui-même; mais on semait de la sorte les défiances, la ja li msie, et cela sullisait à la haine, presque toujours injuste. Le Comité centhal était conduit par des hommes audacieux: il occupait, dans la presse, des positions formidables : dédaignant de se défendre, il attaqua. Animé à la lutte par la violence de ses adversaires, il lit feu à la fois de ses sept journaux, émut Paris, remua la province ; et, s'il ne parvint pas à modifier d'une manière sensible la majorité ministérielle, il se fortifia du moins aux dépens des opinions indécises, accrut à la chambre le nombre de ses représentants, et lit, en un mot. sentir sur chaque point de la sphère électorale la présence et le souille de la démocratie. Jamais, depuis 1830, le pouvoir n'avait vu se dresser contre lui. dans les élections, une minorité
aussi forte, a Paris, le nombre des électeurs opposants fut de (i.iio.'S. sur un chiure total de 13,982. fous les membres parlementaires du Comité central furenl réélus.
lieux républicains bien connus. MM. Martin nie Strasbourg) el Michel de liourges). entrèrent a la Chambre: M. Arago obtint les suffrages de deux collèges : il en fut de même du maréchal Clauzel; et, quelque n-iat qu'eussent jeté par l'honorable excès de leur hardiesse les doctrines de M. Voyer-d'Argenson, une minorité imposante ■e déclara pour lui dans la capitale, il esl vrai qu'au deuxième arrondissemenl de Paris, M.Jacques Lefèbvre
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l emporta >ur M. l ailitte ; mais ta sixième collège ne larda pas ;i dédommager ta banquier fameux dan-; la maisoi duquel la révolution de tSSOavail campé
i e ministère, pendant ce temps, déployait une activité souterraine qui le décria et lui réussit. Les ennemis qu'il redoutait le plus, parce qu'il voyait en eux des héritière, r'étaiènl les doctrinaires. Sa tactique lut de combattre ténébreusemenl leur élection en paraissant l'appuyer: manœuvres dont quelques-uns d'entre eux lurent victimes, mm d'Haubersaêi i et Giraud, car exemple. Du reste, la corruption électorale, partout mise en pratique, était partout dénoncée i e préfet du atorbiban trouva dam M deSivrj un accusateui puissant et passionné. L'ingénieur en chef «If la Gironde, M BQlaudel, l'étant présenté comme candidat de l'Opposition, une lettre du ministre des travaux publics lui avait enjoint d'opter entra •-.i candidature ri m place: il renonça noblement ■> --a place, triompha dans sa candidature; ot le lait . porté par lui à la tribune, vint éclairer d'on jour odieux les moyens employés par le pouvoir pour arriver au succès
i a discussion de I adresse ne se composa que de redites bruyantes et vaines; et les commencements de la m'^ihii n'offrirent de remarquable que l'attitude nouvelle prise pai lis doctrinaires rrop faibles pour saisir le pouvoir de haute lutte, trop orgueilleux pour le servir, iterésolurenl d abord de le soutenir en le protégeant Mail i <<• patrd i cette arrogante soumission, a ces aervicea pleins de menaces et injurieux, m111 n'eût préféré la tuerre! i .1 guerre par conséquent, était an tond des elle éclata enfin, d'autant plus vive que les pnw<ioni< ennemies s étaient plus long temps contenues
CHAPITRt \.
Ce fut M. Thiers qui en alluma la première étincelle Bien que M. de lîémusat fût doctrinaire. M. Thiers l'avait toujours recherché. Il aimait en lui une intelligence éle- \i-e. un talent sérieux assaisonné d'esprit, des manières sans pédantisme, et l'indépendance de l'homme de lettres. Enfants de la presse tous deux, ils avaient encore cela de commun, qu'ils croyaient le maintien de la monarchie en France conciliable avec quelques idées de tierté nationale, pourvu qu'il s'y mêlât beaucoup de modestie et de prudence. Ils se convinrent donc, et dans leurs relations privées se trouva le germe de l'alliance m célèbre depuis sous le nom de Coalition. Il était singulier, selon M. Thiers, que les hommes les plus capables de la Chambre en fussent réduits à subir la loi île la médiocrité triomphante Kntre les doctrinaires et le Centre Gauche, n'y avait-il point de rapprochement possible!' M. de Rémusat se laissa convaincre; à son tour, il intervint efficacement auprès de ses amis; et bientôt, MM. Jaubert, Piscatory, Duchàtel, Guizot lui-même s'accoutumèrent à l'idée d'une alliance offensive. M. Duvergier de Hauranne, qui, plus tard, devait en être l'àme, s'j montra d'abord peu disposé. Il pensait qu'à changer d'attitude un parti risquait son crédit : que de telles résolutions veulent qu'on les
mûrisse, parce que, s'il est facile de les prendre, il l'esl moins de les expliquer. Toutefois, il était un drapeau auquel, 'I après M. Duvergier de Hauranne, il suffisait de se rallier pour ôterà la Coalition le caractère d'une intrigue La part inconstitutionnelle et excessive que le roi s'étail faite dans le maniement des affaires de l'État pesait d'une manière égale sur toutes 1rs fractions de la Chambre ■ n'\ avait-il pas moyen de se réunir honnêtement pour faire
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prévaloir la maxime le roi règne et ne gouverne pas : pour défendre la prérogative parlementaire contre les empiétements de la prérogative royale? M. Duvergier de Hauranne en fut d'avis, et, pour préparer le terrain, il publia dans la Revue française un article où les doctrines de MM . llisri Fonfrède étaient dénoncées hautement comme la destruction «lu gouvernement représentatif. MM. lii> et Fonfrède avaient écrit nue la vie politique n'était qu'un douloureux < lia.» sans l'unité, sans la fixité; que la Chambre élective, pouvoir passager, fractionné, mobile, rebelle aux traditions, n'était en état, ni de concevoir un système, m de diriger; «|uc «le la royauté devaient venir l impulsion el l'initiative : que l'entendre autrement, c'était mettre en face d une monarchie a moitié morte une république vivante Mais quoi! M M Mis el Fonfrède prétends ienl il> dépouiller la Chambre élective <lu droit de i e fuser les subsides i a logique de leurs théories les conduisait là il eût été absurde, en effet . de laisser à la Chambre un irrésistible instrument dedominalion, quand ><n dein.iiid.nl que la royauté dominât Or, le droit de refuser le- subsides anéanti, que restait-il ' i e despotisme, compliqué il une Chambre consultative qui d aurait plus été a loi s .pi un vain rouage, <|u un reeaorl à briseï I est ce que m Duvergier de Hauranne prouva sans peine et \ iriin ieusem ml
Haia m fui moins heureux dans l'exposition de -on propre ityslème Sentant bion qu entre une assemblée ai
mee du vole de-. impôt* el nue invaule inviolable un duel
était ' craindre, un duel a mort, il aurait voulu que le ministère p. oie ipél ■< la rois el de 1.1 i hambre et de la ■ . ..ii . .mu. de la première pai la désignation, de la an-