‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 126 sur 220 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

de la mesure se divisaient -ur le choix du mode à adopter. ses adversaires allaient partout sonnant l'alarme et disant, de la conversion au pair, que c'était une spoliation véritable ; de la conversion au-dessous du pair, que c'était un scandaleux encouragement à l'agiotage.

« Par l'augmentation du capital, criaient à M. Laffitte les gens de Cour, vous prétendez offrir aux rentiers une compensation? Mais, pour qu'ils en pussent profiter, il faudrait qu'ils vendissent leurs rentes. Or. les vrais rentiers sont les pauvres gens qui n'ont cherché dans la rente que le repos, et qui vivent les yeux constamment fixés sur le revenu. A qui donc profitera celle augmentation de Capital donl vous nous vantez lesavantages? Aux rentiers de passage, à ceux qui vendent des rentes et qui en

achètent pour les revendre a des spéculateurs enfin, race impure qu'on ne saurait favoriser sans honte el sans péril. » \ quoi les disciples de M. Laffitte répondaient : « Qu'il \ avait injustice ci mauvaise foi à confondre avec l'agiotage le pmiii lin- de l'augmentation du capital 5 que la majorité des vrais rentiers, les rentiers sérieux, se composait d'hommes qui étaient entrés dans la renie, non pour - j bercer dans une paresse sans fin, mais pour y attendre l'occasion de retrouver leur capital, quand le moment sérail venu pour eux, snil d'établir leurs lils. soit de marier leurs filles, soit d'exploiter quelque idée utile ; que c'était •! ceux-là que l augmentation de capital profiterait . et qu'à ceux-là surtout une compensation devait être offerte, puisqu'ils étaient, el les plus pauvres, n'ayant point un revenu assez considérable pour s'en contenter, ei les plus dignes d'intérêt, n'ayant point renoncé à ser- \ h la société. »

I». IMWM DE Dl\ o-.

Grande lui l'agitation produite par une querelle qui mettait aux prisée tant de passions et tant d'intérêts. Étourdie du choc des systèmes, la Chambre était tombée dans les plus étranges anxiétés. I i quant aux ministras, pressés ici par l'opinion, là pai la Cour, il- se montraient inquiets, embarrassés, mécontents de leur impuissance, et doublement sen iles.

Il fallait Be décider pourtant. M i acave-1 aplanie, ministre des finances, ^ inl enfin demander l'adoption simultanée '!'•- deux systèmes, <■! la l'acuité pour le gouvernenii'iii de les mettre en œuvre suivant -m convenance et m m- sa responsabilité. Or, ru: unie laChaml re comprenait peu la portée financière de la question, et ne tenait à la trancher que pour humilier la < oui . faire preuve d'initiative, relever la prérogative parlementaire, elle se précipita par l'issue qui venait de lui ètro ouverte; et, dans la séance du :\ mai 1838 . il lui décidé que l'opération serait mile a condition

i* Que la faculté sérail conservée aux propriétaires du cinq pour cent d'opter entre l< remboursement du capital, .1 raison de cent francs pour cinq francs de rentes, et la i ipiiv ei sion en rentes nouveHi

«.m elledonnerail poui résultat définitif, sui l'intérêt des rentes éi liangccs, une diminution i IToi live par S m .le renier, de .'U remîmes .\<\ moins, et que le capital 'les renies substituées nu é< hangi es ne présenterait dam

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