‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 131 sur 220 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

où ils ne seront plus parcourus que par les voyageurs. Jadis, les rails étaient tout. Maintenant ils n'occupenl « dans le système qu'une place secondaire. Dès aujourd'hui les chemins de fer ne devraient s'appeler que des chemins à locomotives ou des chemins à vapeur. « Quand on a lu dans les gazettes, dans celles surtout de l'Angleterre et de l'Amérique, le tableau des donnantes vitesses que les locomotives à vapeur ont déjà réalisées, <>n est vraiment excusable de croire qu'il ne faut plus compter sur des améliorations importantes, que l'art est presque arrivé à sa perfection. « Cette ipiniou. quelque naturelle qu'elle puisse paraitic, n'en esl pas moins une erreur. I.'ai I des chemin-

de fer est encore dans l'enfance. »

De ces prémisses, M. Arago concluait qu'il fallait bien se garder d'entreprendre simultanémenl la construction de plusieurs grandes lignes, comme le gouvernement l'avail proposé. H demandait, lui. que pour profiter des découvertes successives de la science, on n'établi) que l'un après l'autre les chemins de fer projetés. Malheureusement, L'illustre rapporteur ne s'en tenail pas là. ci c'était

ai ta du système des]compagnies exécutantes qu'il se

prononçai! contre le projel 4e loi. N'osanl pas heurter trop violemment de fronl les compagnies, dont il redoutait la puissance, M. Martin du Nord leuravail fait dans se des motifs, la téméraire concession des lignes secondaire - des embranchements ; M. Vrago prouva que ce partage à l'amiable était absurde : que. si l'on avail la folie de >' y arrêter, l'Étal ne pourrait abaisser les tarifs sur une ligne, sans nuire à l'alïïuence des transports sui toute autre lignevoisine donl les tarifs n'auraienl pas été

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en même temps abaissés ; que le gouvernement se trouverail ainsi dans l'alternative, ou de ne pas touchera ses droits de péage, ou de ruiner certaines compagnies qui neseraienl pas en mesure il«' modifier les leurs, roui cela était évident : mais la seule conséquence à en tirer, c'est que l'Étal aurait du réclamer l'exécution de toutes les lignes relie ne fut pas la conclusion de H. Vrago. Convaincu que les ministres étaient incapables <le justifier la hardiesse de leurs prétentions; que l'exécution par l'État présentait Mrs inconvénients el des dangers, rendus i»lusensibles par la mauvaise organisation >lu Pouvoir en i rance; convaincu, en outre, que pour une ;m*-i colos sale entreprise les ressources du budget étaient insufil ~.mt >■» . il prononçait, .1 la fin de son rapport, ces mots, don) l'influence fui décisive: ■ i ;i commission a pensé ■ qu'il (allai! se hâter de recourir aux compagnies, el

elle se voil forcée di \<>un proposer le rejet du projet

de la loi. ■

i i hommes qui, dans !<• parti démocratique, voulaient, en thèse générale, le système de l'exécution par l'État, regrettèrent <i'" M Vrago, en repoussant l'application in> inédiale, n'eûl pas du moins réservé !<• principe : r • l autant i'lu*> naturel, que, dans la balance des délibéra 1 1< m» publiques, l'opinion «lu célèbre savant était d'un

i |s immense i i il \ parul bien dans les débats qui

suivirent. Étourdi du coup qu une mi.hu m puissante va uail de frapper sur lui, le ministère perdil contenance \i Martin du Nord défendit son projet avec une mollesse qui en trahissait l'abandon; d les compagnies, au con traire, eurent dans mm Ben yer, Duvergiei de Hauranne, des .i\M..iis pleins de fougue jM parfaitcmenl décidés

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