‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 158 sur 220 · CHAPITRE MM · texte numérisé non relu

CHAPITRE MM

« seilà la Couronne. Si j'étais appelé aujourd'hui à former « un Cabinet et qu'on m'en offrit la présidence, je ne vous « cache pas que dans une offre semblable je venais un « piège. »

Ainsi, aux désordres de l'interrègne ministériel se joignait le conflit des récriminations envenimées et des soupçons outrageants. Il fallut en revenir à l'idée de former un Cabinet de coalition, et l'on eut recours à M. de Broglie pour opérer un rapprochement entre M Thierset M. Guizot. Malheureusement, les situations s'étaient, depuis quelque temps, compliquées d'une manière étrange. Le jour où il s'était vu repoussé parla Gauche, M. Guizot avait commencé à reculer vers ses anciennes affections; el 1rs membres du Centre, ravis de le ramènera eux, avaient mi> a profil son ressentiment. <>r. si parmi les doctrinaires, les uns. à l'exemple de M. Duvergier de Hauranne, restaient fidèles à la coalition, les autres, à l'exemple de M. Hébert, n'étaient pas éloignés de s'armer contre elle. Voilà ce que M. Thiers n'ignorail pas, el il ne voulait point. pour renouer avec M. Guizot, manquera ses engagements avec la Gauche. H s'était fail un poinl d'honneur d'obtenir pour M. Oïlilon Barrot la présidence de la Chambre : el plus ce résultai devenait incertain, plus il se préoccupait des moyens de l'atteindre. Jusqu'alors il s'était borné à dur Votons pour la présidence parlementaire de

<i M. Barrol * . il demandai! maintenant davantage, il demandait qu'on fil de la présidence du chef de la Gauche une question de Cabinet. Exigence qui parut exorbitante a M. Guizot el qui porta le dernier coup à la coalition!

Cependant, la société, si fortemenl remuée à ->.i surface, s'ébranlait déjà dans ses profondeurs : déjà l'on entendait

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le bouillonnement des partis •. un mouvement inaccoutumé • dans les ambassades, h des courriers extraordinaires, lancés sur toutes les routes de il urope, allaient porter aux rois absolus la grande nouvelle du gouvernement constitutionnel tombé dans la dérision el à la veille de sengloutii dans son impuissance i nedémarchetentée pour réunir dans un même Cabinet M. Niiers el le mare chai Soull rm repoussée pai le second avec une affectation de mépris qui prouvait au premier a quelles haines implacables il était voué; el l'émotion générale redoubla, excitée d'ailleurs et entretenue par le déchaînement «i«* la presse. < 'était de la Fureur, c'était du vertige, i i pas un coup qui ne portât sur la royauté. <mi se battait pour ou contre le roi, mais autour de lui. \ lui, à lui seul, disaient lr> amis de M, rhiers, la responsabilité d'une crise si pra longée : el chaque matin <>n lisait dans le Constitutionnel les attaques les plu- véhémentes contre la faction de la Cour, contre le maréchal Soull surtout, soupçonné de jouer, dans ce funeste imbroglio d'intrigues, la partie du roi. i h volontiers l'on supposait a la Cour l<- dessein de diviser « jamais les chefs de la coalition, de les accablei de leur propre victoire, de les convaincre l'un par l'autre de folie el >l incapacité, de couvrir de ridicule I assaut livré lui eux .1 la pi éi ogalive royale

Et, deleui coté, les courtisans poursuivaient M, rhiers de leurs malédictions \ entendre le Journal des Débolt, M rhiers était I ennemi personnel du roi, son calomnia i ■ ■ 1 1 1 il brouillai! tout, parce que l'amour du désordre ii. ni entré dans son sang, et par lui le rardinal de Reti était dépanné.

l'uni mieux accrédite! l accusation let lidteau ima

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