‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 168 sur 220 · CHAPITRE XIV. W · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. W

infructueuses, avec le sultan, le vice-roi fit auprès des Puissances européennes une seconde tentative. Il ne proposait plus cette fois un vaste embrasement, il faisait remarquer, au contraire, que le meilleur moyen d'assurer la paix était de déclarer le pachalik d'Egypte indépendanl ou du moins héréditaire; sans quoi l'Orient restait un foyer d'où pouvait à chaque instant partir Pélincelle qui mettrait le feu au monde. L'Europe fut inflexible. Mors il se plaignit, il menaça, l'ère, il demandait en termes toui -liants pourquoi on lui enviait la douceur de transmettre à sa famille le fruit des travaux de sa vie. Guerrier, il donnait à entendre qu' il était homme à se jeter éperdu dans la guerre de un contre cinq, sauf à tomber enseveli dans son droit et dans son audace. Les choses en ctaicnl là. quand tout-à-coup l'on apprit qu'il venail de partir du Caire pour le Fazoklo. voyage de six cents lieues. Il allai! explorer de riches mines d'or; avait-il dit vrai ? Méhémct- \li était, ainsi que beaucoup de grands hommes, un comédien sublime : il avait probablement voulu étonner les esprits, colorer ses projets d'une manière fantastique, effrayer ses ennemis par le vague de ses intentions el sur la portée de ses ressources futures. En attendant qu'il reparût armé' sur la scène, il la remplissait de son absence.

Pendant ce temps. Mahmoud se livrait à des colères

furieuses, il s'étonnait, il s'irritait, lui qui d'un geste faisait tomber à -es pieds -es sujets tremblants, lui, le successeur du Prophète, d'avoir à traiter aven un soldat macédonien. Entre la tutelle menaçante de la Russie el la révolte toujours imminente du vice-roi, il étouffait. Toul lui faisail horreur dans Méhémet-Ali ; sa puissance for

mec des de| ouilles de la Porte, -a gloire di no\aleur. son

4M HIMOIRE DE Dl\ >v>.

génie, la renommée guerrière fia son lils. et jusqu'à cette froide modération don! il devinait bien l<' mensonge et l'injure. Gommant aurait-il commande à son agitation? Son empire lui échappait, lambeau par lambeau. La 8ar- \ le s'était \ ictorieuaemenl insurgée, La Valachie et la Moldavie en étaienl venues i relever de Saint-Pétersbourg, un prince bavarois régnait sur la Grèce affranchie, la France avait tlger, Méhémet-Ali avait L'Egypte; «'t. après tant de démembrements bui cessifs, on demandait à Mahmond dese résigner a La perte de la Syrie! de Bouffrir que, du magnifique héritage des lulifes, il ne lui restât qu^ ConslanUnople, dont Lee cleb étaient dans la main <los r>u — -i a '. il lui en coûtait aussi de a avoir pu réformer son peuple en magicien, d un coup de baguette. Carie moindre obstacle est un supplice à qui ne connaît point de bornée à son orgueil, et c'est Le châtiment du pouvoir absolu de désirer i impossible. \ la télé desvieui turcs, sourdement hostiles aux innovations du Bultao, marchait Pertew,nobla et rigide vieillard renommé pour sa piété musulmane, n lui disgracié, envoyé a andrinople, et, enfin, condamné .1 mourir pai un Qrman que ses ennemis arrachèrent à i ivresse de Mahmoud Pertes lut gravement, après I avoir porté respectueusement s ses lèvres el I bob front, !<• tiriii.tn qui l assassinait, l'uis, avei La sérénité >iu fatalisme musulman, il s'abandonna en invoquant ion Dieu. Et Le Miiian de ^> ni 1 1 de celle mort <|u il svail ordonnée, Hais qued autres sujets de trouble! que de présages sinistres! i njour, comme il passait i cheval sur la nouveau pont de

. undervii ii" réputé saint parmi le peuplant appelé lecheick aux longs cheveux, s'élança au devant de lui,

snl \n. i.-. Sulia i G lui ssneoebn sea

Page 1