‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 169 sur 220 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

sacrilèges. Au mois de janvier 1839, le feu prit au bâtiment connu sous le nom de la Porte ; et les vieux Turcs ayant signalé le courroux du ciel dans cet accident qui livrait à la destruction le siège des délibérations du Divan. Mahmoud ne put se défendre d*une secrète terreur , d'autant que, comme punition de son impiété, son portrait avait péri dans les flammes. Ainsi troublé et déchiré, le sultan en était venu à vivre dans un état de surexcitation effroyable. Après s'être épuisé tout le jour, tantôt par une activité de corps effrénée, tantôt par un travail de tète prodigieux, excessif, il poursuivait, le soir, son lent suicide dans des orgies sans nom. Impatient d'endormir les inquiétudes qui lui rongeaient le cœur et avide d'oubli, il se gorgeait de vin, d'eau-de-vie el de rhum, jouissant de sa révolte contre la loi de Mahomet, exagérant même l'ivresse, et luttant avec frénésie contre le breuvage terrible. jusqu'à ce (modes esclaves vinssent ramasser, ivre mort, ce réformateur de l'Orient.

Or, voici quelle était, à l'égard de Constantinople et d'Alexandrie, la situation respective des cinq grandes Puissances européennes.

La Russie dominait l'événement. Le pied sur Constantinople. peu lui importait qu'entre les deux rivaux ce fût la |>;n\ oula guerre. Dans le premier cas, elle avait pour lui répondre de sa domination l'elal d'anxiété el 'I épuise mini mi i<- ttniH i/uti retenait la Turquie. Dans le second, Ibrahim faisant un pas en avant, un seul pas. lui était un prétexte pour courir au Bosphore, i lie n'avait donc à s'inquiéter de rien Seulement, pour se passer desdehow ée le modération, el par pudeur, elkt demandait le maintien de la paix.

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l si ce que demandait aussi la Prusse, mais uniquement par crainte des hasards Car mm le théâtre qui venait il*- s'ouvrir, il n'\ ;i\;iit pas de rôle pour elle.

il n'en était pas ainsi de l'Autriche, directement intéressée ;i détendre contre l'ambition russe l'embouchure du Danube. D'ailleurs, M. de Hetternich mettait sa gloire .1 préserver de toute secousse l'équilibre européen ronde en 1815. <-t les approches d'un conflit alarmaient sa y>> litique circonspecte. Parvenu a l'âge oA l'on ;i besoin de repos, il semblait dire, à l'exemple de i ouis \i\ : • cela

dorera bien toujours autant que moi. i L'Autriche s'em ployait donc a calmer l'irritation belliqueuse de fctah-

ii 1. sans cacher qu'elle pn rérail le sultan, souverain

légitime, au \ ice-roi, sujet rebelle.

Pour ce qui est de l'Angleterre, elle portail ;i Méhémet- \li une haine systématique, implacable. Elle avait jure s;i perte parce qu'il résistait au despotisme des marchands de i ondres, parce qu il avait -nus la main II uphrate et la mer Rouge, grandes routes de l'Inde; parce qu'on ne pouvait aller de la ramise au (lange, en traversant la

Méditerranée, sans le ren trer et !<■ Bubir; parce qu'il

aimait la France De la le traité de commerce conclu le m août ists entre l'Angleterre et la Porte, traité qui devait a la fois servii de contre-partie aux conventions d'Unkiar-Skelessi, et ruiner le pacha d'Egypte pai la

supprcss les monopoles, soun e « peu près unique de

-.■s revenus i i qui la représentait a < onslantinople, cette liai ne anglaise ' t n dipli mate fougueux juaqu I retourilorie, passionné jusqu'à la violence lord Ponsonbj n ••-i vrai que le consul général de la Urande Brcl llexandrir rlall m l'ampbell, esprit juste <•! modéré

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