CHAPITRE XH
covite — la Prusse, en ceci demeurant neutre — l-Autriche. qu'eût ruinée un complet accaparement de la mer Noire, et l'Angleterre, dont la domination asiatique devait périr le jour où les Russes la menaceraient du haut de Lonstantinople.
De là une conséquence bien simple. L'intérêt de la France était de détourner les Puissances du terrain oriental, pour les attirer sur le terrain européen et les y retenir. D'une question que fort mal à propos on avait ren lue complexe, la France aurait du faire deux questions distinctes, et dire : « Que Mahmoud et Méhémet-Ali vident entre eux leurs différends; et puisque leur querelle ne regarde l'Europe qu'en ce qu'elle offre à la liussie l'occasion de porter au sultan des secours dangereux, contentons-nous de veiller à l'inviolabilité du Bosphore. Voici l'heure de déchirer ce traité d'Unkiar-Skelcssi (outre lequel nous n'avons élevé jusqu'à présenl que des plaintes vaines-, voici l'heure d'annoncer que nous mettrions au ban de la république euro] nue toute Puissance qui poserait le pied dans la ville du sultan. »
C'était là sans contredit la vraie politique de la France, et il était d'autant plus facile d'en assurer le triomphe, qu'elle repondait a merveille aux vues de l'Angleterre el à ses passions
L'Angleterre, en effet, aspirait bien à renverser Méhéinet-Ali : mais ce désii i touchai I beaucoup moins que la crainte de voir passer ans mains des Russes, avec la i lel des Dardanelles, le sceptre du monde, si elle avail un in*térêl secondaire à faire valoir a Alexandrie, elle avail fi Goastantinople nn mien i vital à défendre. El pou Rendre, elle avail besoin de nolroeppui.
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Aussi le i abinel de Saint James s'empressa-t-il de faire au ministèredu \i mai des ouvertures tendant & resserrer, pour mieux l'opposera Saint-Pétersbourg, l'alliance de Londres el de Paris. Dès le J."> mai i B39 . II. de Bourquene} écrivait de Londres à smi gouvernement : ■ Lord « Palmerston est d'avis que nous nous présentions sans •• retard a Vienne, unis d'intentions >\ d'efforts pour In ■ conservation <!'■ l'empire ottoman, que nous \ exposions
ii. m hemenl le bul que nous nous proposons d'at • teindre, <•! que nous pressions l Autriche <l > concourir
pai tous les moyens en son pouvoir Une démarche de
même nature aurait lieu en même temps .1 Berlin. « Ce que lord Palmerston proposait, c'était donc que,
par h nlente préalable el particulière, la France et
1 Angleterre se missent en mesure de dominer les délibé rations qui auraienl pour bul la conservation de l'empire ottoman.