CHAPITRE \IV
l'instinct des grandes choses, il en avait le courage ; mais pour en accomplir de telles, il lui manqua la sérénité et le bon sens du génie. Pour tout ce qui exigeait des prodiges de volonté ou d'audace, il fut suffisant. Et c'est ainsi qu'il se signala par le massacre des janissaires auquel il n'y a de comparable dans l'histoire que la destruction des Templiers. Mais où il Fallait clairvoyance et mesure, il échoua. Novateur, il alla droit à la réforme des coutumes, avant d'avoir touché aux institutions et changé les mœurs. ce qui était commencer par le plus périlleux et le moins important, les hommes en général tenant plus à leurs usagesqu'à leurs idées. Il dépouilla les Turcsde leur riche et regrettable costume, leur mit sur la tête un fez à la place d'un turban : el les voyant à peu près habillés à l'européenne, il s'imagina les avoir civilisés. Voulant refaire sa milice, il la perdit. Bizarre inspiration que de soumettre aux règlements de notre école de cavalerie les descendants des Mamelucks, les meilleurs cavaliers du inonde! il eut. en outre, le tort de donner ses innovations pour auxiliaires à ses vices : il se livra au goûl de la boisson proscrite par Mahomet, jusqu'à en mourir; sa sensualité rechercha jusqu'au scandale l'amour des Grecques du Bosphore, filles chrétiennes. Ce n'était pas rajeunir l'Islamisme, c'était l'outrager. Mais, par une insolence familière aux despoles. pouvant beaucoup oser, il osait tout. Par là il brisa gratuitemenl l'énergique individualité des Cures. Au fanatisme leur sauvage mobile, qu'avait-il substitué? Il se trouva dune sans force contre les attaques du dehors, el la moitié de son empire lui échappa. Il avait l'empereur de Russie pour allié : il l'eul bientôt pour protecteur; il avait le pacha d'Egypte pour vassal : il l'eut
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pour ennemi. L Europe, qu'il désirait imiter, qu'il avait conçu t'eapeir d'égaler peut-être l'enveloppa, opprima - - itères, et le tint Gomma em haine dans une rage inutile. Il lu miiinciit méote un. parle signal delà guerre, il venait >le s'affranchir, la vie l'abandonna, il \ avait en deV fani d'équilibre entre se- raeultéa : ce fui ton mal. il remua le monde autour de lui et n'enfanta que sa propre
ruine, parce qu'il avait des lumières incomplètes avec de \ igourauMB passions, et qu'une intelligence médioa
rail, en I al.ai-.-ant. la puissance de -un eieur
Mus. dans les desseins de la Providence, un pareil homme était bon sm- limite pnur frayer les voies i la communion de l'Orient et de l'Occident Uabutoud eoneourut — et il ignorait probablement la portés de -en
rôle a ee lra\ail moderne d mule ipn. hn-anl peu à
peu disparaître l'originalité de- rare-, la dhTéreaee iai tia liiion-. i.i diversité de- habitudes et de- ceutuanee, l'opposition de- intérêts, le- distances même, tend à roua tituer harmonieusement la grande famille humaine sur tes débris du vieui monde, -i plein d'éléments de lutte
et -i i i e!e Spectacle uniqi t vraiment merveilleux!
En un pays ou les changements de règne n'avaient admis |usqu alors d autre intervention extraordinaire nue celle île- complots d eunuques on de- coups de poignard, c était .1 un enfant de dis sept an- que Mahmoud laissait l'héritage de -un empile ee roi lie à demi . et . Ul.ee ,m pi m
ci ne de solidarité universelle ivellemenl introduit duus
i in-i d advint que cet onfanl sut l'Europe entière
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Le 14 Juin, date delà halaille de Nétib, la i hambredas députés en i rance, avait entendu un lucide rapport de
CHAP1TRK XIV.
M. Jouflïoy sur la nécessité d'accorder aux ministres dis millions pour augmenter nos forces dans le Levant : le 1" juillet, date de la mort de Mahmoud. la discussion s'ouvrit. Et jamais débats ne présentèrent un semblable caractère de grandeur.
Le duc de Yalmy commença. Son discours ne fut qu'âne amère critique de la conduite du gouvernement français et, malheureusement, la critique était juste. M. de Vahny n'eut pas de peine à prouver que le gouvernement français, avait pris, dès l'origine, en Orient, une situation fausse et équivoque; qu'il avait créé par la convention de Kutaya un provisoire mortel : qu'il avait trop favorisé Méhémet- Ali pour ne pas perdre créd il dans les conseils de la Porte, et qu'il avait trop vacillé dans ses prédilections pour ne pas se compromettre auprès du vice-roi: qu'en un mot, il en était venu à avoir Constantinople contre lui. sans avoir pour lui Alexandrie. Au fond, l'orateur légitimiste aurait voulu, en haine des révolutions, qu'on immolai le pacha d'I ,g\ pie au sultan. C'était aussi ce qu'aurait voulu M. Denis (du Van. convaincu que la Turquie n'était pas aussi épuisée qu'on le croyait, et qu'ilyaurait pour nous à la relever autant de profit que d'honneur.
Tout autre était le système de M. de Carné. A la légitimité morte d'un droit condamne par les batailles, la civilisation et le destin, il opposait la vivante et féconde légitimité du l'ait . il saluait dans Méliémet -Ali le régénérateur d'une l'ace que mal -à -propos on avait jugée éteinte.
Selon .M de Carné, la nationalité arabe allait refleurir sous les auspices du \ iee-roi, évidemment destiné à tenir le sceptre de l'Orient rajeuni H importait donc de ne rien
jeter entre sa fortune et Constantinople Après Koniah.
Hl-lnlHt. l'I HIV »"•>
vingt marches l'eussent conduit au sérail! Pourquoi I avait-on .unie Puisque la Turquie agonisait, puisqu'elle ne pouvait plus s'interposer efficacement entre l'Europe occidentale el les Russes, que ne cherchait-on i la remplacer? On voulait l'intégrité de l'empire oltomau, et elle n'était plus possible au moyen du sultan et des rurcs
il (allait il ■ la rendre possible au moyen des \rabes et
de Méhémet-Ali. Sur le trône de Cnnstantinople siégeai! un fantôme : il \ Fallait mettre un homme armé. Méhémet-Ali, d'ailleurs, n'était-il pas un ami de la France i i i i -\ pte, soumise a notre influence, ne Faisait-elle paB de la Méditerranée ce qu'avait deviné le génie de Napoléon, un lac français
M. de i amarline se prononça tour ;i tour, et contre le système Lurc,el contre le système arabe. L'intégrité de l'empire ottoman lui paraissait un rêve, avec le pa< ha il i gypte .- ; 1 1 - -^ i bien qu'avec le sultan. I ommenl espérer que Véhémet-Ali et Ibrahim parviendraient ■> resserrer dans leurs mains, si fortes qu on les connût, tanl de populations amollies? Où la trouvei cette nationalité arabe dont on Lus. ni lu mi i ■ 1 1 < - ■ i • l . ■ ■ i m par là l incohérent, le monstrueux assemblage des i gypliens, des Drusea i » t ■ »
làtres, des Mar les catholiques, des Bédouins du déaei I
On sai rail Méhémel \i> fondateur il empire ' Hais dans une contrée o i n existaient ni institutions, ni lois régulières, ni mœurs politiques, où il n'j avait qu'un maître et dea esclaves, un grand homme pouvait il iHre autre chose qu un .il idenl ' « En un tel pays, iiis.m i orateur, un n il homme replie en mourant son génie après lui •• .iinsi qu il replie sa lente, laiasanl la place aussi m>i<'
qu'avant lui, aussi nue, aussi ravagée Passant m