‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 178 sur 220 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

les montagnes sa douleur et les débris de son armée, laissant à l'ennemi trois pachas morts, cent quatre pièces d'artillerie, vingt mille fusils, neuf mille prisonniers, ses tentes, ses bagages, et jusqu'à sa décoration en diamants.

Peu de jours après, la tente d'Ibrahim était ployée. son cheval prêt, et le Taurus allait être franchi, quand tout-àcoup parut un officier français qui venait dire : Il faut s'arrêter. La mission de M. Caillé en Egypte avait en effet réussi. Par un convenable mélange de modération et de fermeté, il était parvenu à obtenir du vice-roi une lettre qui enjoignait à Ibrahim de ne pas chercher l'action si les Turcs consentaient à évacuer le territoire égyptien, el de ne pas avancer dans le cas où, forcé de combattre, il demeurerait vainqueur. Cette lettre importante, M. Caillé avait fait diligence pour la remettre à temps; et s'il n'arrivait pas assez tôl pour empêcher le conflit, il arrivait du moins à heure fixe pour prévenir la conquête. Ce ne fut pas sans un dépit violent qu'Ibrahim se vit arracher le bénéfice de sa victoire. On voulait donc qu'il renonçai aux légitimes avantages d'une bataille gagnée! Et c'était l'amitié de la France qui exigeait cela de lui ! Que lui parlaiton des ordres de son père:' Son père eût-il écrit la dépêche, connaissant Nézib? D'ailleurs, il fallait bien que l'armée avançât pour avoir des vivres. Singulière injustice! 11 venait d'être attaque, il venait de vaincre; à lui

était le droit, à lui la force et on l'enchaînait ! Ces

plaintes du général égyptien étaient d'autant plus naturelles, que, dans le camp de llaliz. on avait trouve des papiers contenant les instructions secrètes du sultan, instructions qui dénonçaient dans Mal nul une longue pré*

\ ision de vengeance et de guerre. Mais, pour pris de SCS

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conseils écoutés, le gouvernement français offrait sa médiation, si nécessaire contre le mauvais vouloir des autres Puissances : Ibrahim se résigna.

Mahmoud n'apprit point sa défaite. Car, tandis que i«' canon de V/ih raisail trembler l'empire des Osmanlis sur sesvieui rondements, la prière publique était ordonnée dans les mosquées de Conslantinople pour le sultan 1 l'agonie. Le i l juin, il avait été transporté au kiosque de rchamlidjà, d'où il ne devait Bortir que dans un cercueil. Doué 'i une vigueur herculéenne el d'un tempérament de fer. il succombait enfin à la fureur de l'ivresse, à de frénétiques accès de plaisir, et aussi à la fatigue de sa haine trop long-temps comprimée. Ses dernières journées furent, plus qu'on in' peut «lire, amères et sombres. Quand il ingardait pas le silence de l'anéantissement, c'était pour répandre i<- tumulte de ses pensées en paroles confuses. <>u bien, revenant a lui. il niait son mal. il se donnait dea airs de prince impérissable, il faisait le maître pitoyable comédie jouée, entre deux évanouissements, par nu dea polequi semblait trouver mauvais que même la mort lui inauipi.it de respect. Le 28 juin, les médecins l'avaient jugé perdu : le 1" juillet 1839 .il expira, non sans avoir prononcé à diverses reprises un nom fatal, celui de Mené met \ii

i .i tin du sultan, rapprochée dea convulsions de ion

empire, avait j sais quelle signification austère el pro

fonde, i ■• fui svec un te de religieuse inquiétude ipi<'

les habitants de Conslantinople regardèrent passer, enve loppé de ses châles funèbres, leur terrible maître sbaltu puni |amais

Mahmoud n'était certes pas une nature vulgaire, il avait

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