I.HAHI1RE XIV
II. Villemain. ministre de l'instruction publique., avait dans le statu i/uo une cause difficile à défendre : il s'attacha moins à la plaider qu'à combattit' les idées de M. de Lamartine, et il le lit avec une éloquente vivacité. « Quelle « est, demandait-il, la solution de M. de Lamartine!' « Pour solution, il vous offre la difficulté môme. Oui, « Messieurs.il estdillieilede maintenir, de garder l'empire « ottoman: mais il est plus difficile encore de le partager « entre les principales nations de l'Europe. Et, de plus. « cette fois, la difficulté est une iniquité : J'aime mieux « une difficulté qui est une justice. » M. Villemain. d'ailleurs, ne souscrivait pas à la sentence de mort dont on frappait la Turquie : h Le préopinant sait-il tout ce qu'il « y a (le vivacité dans un peuple? sait- il combien il est « malaise de déraciner une nation du sol qu'elle occupe, « lors même qu'elle; l'a conquis .' Était-il à Varna .' était-il « à Cbumla? a-t-il vu comment, le génie de l'Europe « inspirant . la force guerrière de l'empire russe esl venue « languir devant de faibles murs défendus par d'intré
■ pides musulmans .' Le jour où il s'agira il de balayer
« les Turcs du sol qu'ils occupent, le jour où l'on détrui ii rail les tombeaux de leurs pères et leurs mosquées, une « insurrection nationale viendrai! peut-être enflammer " les deux rives du Bosphore, el peut-être retrouveriez-
« vous un peuple au milieu des ruines SOUS lesquelles on
u voudrai! l'ensevelir. »
Après le discours de M. Villemain, la discussion se précipita. Sans exposer .les Mies particulières el nettement définies, M. de Tocque> ille demandait que la i rance montât sur la scène imposante qui venait de s'ouvrir, dans une attitude digne et forte, de manière à prouver que,
HIMOIia M lil\ IN-
s.ms sa monarchie de date récente, elle n'avait point perdu le goût des grandes affaires. M. Berryer s'étoonail qu'on ne Mil prendre tout à fait parti ni pour le sultan ni pour le pacha. Spécialement préoccupé de l'imminence d'une intervention russe à Constantinople, H. Odilon Barrol adjurait le gouvernement de prévenir le danger par la suite de ses efforts cl la fermeté de sa contenance, lutin. \i Guizol résumai) en ces termes la politique <ln ttatu 71/0. '■11 1 adoptant : « Mai ni cuir l'empire ottoman pour le main- » tien île l'équilibre européen : et, quand par la force «les
choses, par la marche naturelle «les faits, quelque dé- 1 membremenl s'opère, quelque pro\ incesedétache, lavo
1 iser la conversion de cette province en liât indépen-
1 liant . qui prenne place dans la coalition îles I lais . cl
serve un jour, sous sa nouvelle situation, au nouvel
• équilibre européen : voilà la politique qui convient à la 1 rance, à laquelle elle 1 été naturellement conduite, et
• que nous avons sm\ je
l.a Chambre des députés se déclara pour ce système, qui était celui .les ministres et de la majorité de la Chambre des pans, et les dix millions que le Cabinet demandait lui furent accordés
Le programme oriental adopté par les imis Pouvoirs en 1 raine était ilouc Intégrité de l'empire ottoman combinée t\ h le stiihi i/n'i . c'est-à-dire avec le maintien «le la do mination de Méhémel en s^ 1 ie
Le programme orientai de la Grande Bretagne était, au contraire Intégrité de l empire ottoman pat la resti lution de la Syrie au souverain de < onslantinople.
Vu point de vue de l'équité, Is 1 ran< e avait raison.
Qui demandait elle en effet ' Qu'on respectât l'amas-