CHAPITRE V
plot. Ce fut là aussi que le prince gagna le colonel Vaudrey. qui commandait à Strasbourg le 4" régiment d'artillerie : conquête précieuse pour Louis Bonaparte, puisque Strasbourg figurait en première ligne dans le plan qu'il s'était tracé.
Ce plan était hardi et bien entendu. On devait d'abord obtenir l'adhésion des démocrates alsaciens par la perspective du peuple loyalement convoqué, enlever la garnison de Strasbourg au cri de Vive l'Empereur, appeler les citoyens à la liberté et la jeunesse des écoles aux armes. confier les remparts à la garde nationale, puis, à la tête des soldats soulevés, marcher sur Paris. Et alors ce qui se peignait naturellement à l'esprit de Louis Bonaparte. c'étaient les villes surprises, les garnisons enlevées, les jeunes gens poussés sur la trace d'une telle aventure, les vieux soldats quittant de toutes parts la charrue pour venir saluer le passage de l'aigle, au bruit des acclamations prolongées le long des routes d'échos en échos, et le ressentiment de l'invasion, le souvenir des grandes guerres, se réveillant sur chaque point des Vosges, de la Lorraine,
de la Champagne.
Que pourrait alors le gouvernement? S'enfermerait-il dans la capitale, au milieu de l'agitation croissante des faubourgs? Ou bien, avec les troupes qui servent d'ordinaire à la contenir, s'avancera it-il en rase campagne. appuyé sur leur fidélité douteuse et laissant derrière lui Paris embrasé? Dans l'un et l'autre cas. la situation pour lui était terrible.
Mais il fallait l'emporter & Strasbourg. Louis Bonaparte s \ était ménagé des intelligences il s'} rend en secret pour juger par lui-même de l'état des choses, convoque
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set amis, les consulte. La réponse trompa son désir, il trouvait des hommes incertains quoique très-dévoués a la
m. -h: le son on< le, el De croyant qu'à ■l<nn au succès.
il repassa le Rhin, l'âme ouverte aui inquiétudes Mais
• >ii ne renom e pas si vite à des espérances si chères. D'ailleurs, le prince avail autour de lui des hommes qui l excitaient, parce qu ils jouaient sur les hasards de sa fortune.
i e département du Bas-Rhin était commandé, a cette époque, par un vieux soldat de Il mpire, !<• lieutenantii Voirai. Louis Bonaparte avail compté sur lui. et |ui avait demandé un rendez-vous dans une lettre aussi affectueuse nue pressante. Le général Voirai s'abstint d'une démarche qui ne pouvait que le compromettre, et même il crut devoir parlei a H. Cboppin <l ^rnouville, préfet 'I'- Strasbourg, des projets qu'on semblait nourrir aux portes de la i rance. i e préfet répondit, .1 après ce que I'- général Voirai a déclaré plus tard, qu'il avait un agent auprès du jeune prince. D'un autre côté, l'éveil était
• l - .m gouve ment, i n capitaine, nommé Raindre,
avait reçu de Louis Bonaparte des ouvertures qu'il ne s'était pas contenté de repousser el dont il donna communication -i \i de Franqueville , - ommandant,
qui ''M référa au général n I » elui-ci, qui n avait pas
envoyé au ministre la lettre >ie Louis Bonaparte, n'hésita plus .1 le faire, et le capitaine Raindre partit, avec celte lettre, poui Paria Mais, -"ii qu'on ne vil aux tentatives dénoncées aucun < arai 1ère sérieux, soit qu'on ne fût |wa Lu lie de laisser scdéveloppei jusqu .i un certain point un
complot qu'on - yail iûi d'élouffei sans peine, nul
nl.st.nl. ne fut mil aux menées des conspirateurs, h le ilcnnùmenl .l.-\ mi iné> itablc