CHAPITRE V
L'ardeur îles conjurés allait croissant : et -s'ils n'avaient pas été capables de puiser dans leur propre sein la résolution et l'audace, une femme était là qui leur en eût donné l'exemple. Fille d'un capitaine de la garde impériale et élevée dans le culte de Napoléon. M™° Gordon avait été initiée, à Lille, aux projets de Louis Bonaparte, à l'insu du prince lui-même -, et se jetant aussitôt dans la conspiration avec celle impétuosité qui caractérise "le dévouaient des femmes, elle était accourue à Strasbourg. Cantatrice, elle parut à Bade, y donna des concerts: et un jour Louis Bonaparte apprit, avec un étonnement mêlé d'abord d'inquiétude, qu'il n'y avait pas à se cacher de l'artiste dont il applaudissait le talent, et qu'elle savait tout. A dater de ce jour, M"le Cordon n'eut plus qu'une
pensée, celle du succès; et, connue elle avait beaucoup d'intelligence el de passion, elle ne larda pas à acquérir une influence qu'elle mit tout entière au service du complot.
Le ■!■> octobre i 836, Louis Bonaparte, qui était revenu de Badeà Arenenberg, quittait de nouveau l'asile maternel, après avoir prétexté une partie de chasse dans la principauté d'Hechingen. l n rendez-vous avail été assigné dans le grand duché île Bade à quelques personnages importants sur lesquels on comptait. Le prince n'\ i mu va personne, attendit pendant trois jours, el se décida enfin ;> partir pour Strasbourg, où il arriva, le 28 octobre, à dis heures du soir. Le lendemain, il eul avec le colonel Vaudrez un entretien qui aurait fait hésiter une aine plus patiente que la sienne. Le colonel objectait la témérité de l'entreprise, le nombre «les chances contraires, l'extrême incertitude du Mines au milieu de tant d'intérêts prompts à s'alarmer el de tant de passions ennemies, l'inconvé-
HIMilIRt lit |.i\ IV
nient d'exposer le neveu de l'Empereur à de si grands périls. 1 1 ces conseils de la prudence avaient d'autant pins il autorité qu'ils venaient d'un homme plein de bravoure et long-temps éprouvé par 1rs combats Mais i ouis Bonaparte se jugeait trop engagé pour reculer !«■ colonel céda. Mors, le prince lui ayant montré un papier par lequel il assurait 10,000 (rama de rente a chacun di" ses deux enfants, le loyal militaire déchira le papier et répondit :
jr donne mon sang, je ne le vends pas.
i mus Bonaparte avait eu beaucoup moins de peine à « 1 • « ider le commandant Parquin, officier en qui revivaienl et les traditions <lr la vieille garde, et cet enthousiasme superstitieui • | m- Napoléon ;i\;ut su imprimera la vie des camps
Le -'" octobre 1830, 1 huit heures du soir, le prince appela auprès de lui ses principaux partisans et la délibération s'uim il
rroia régiments d'infanterie, un bataillon d'ouvriers <lu génie, et trois régiments d'artillerie composaient la gai nisnn de Strasbourg Mais c'était principalement sur les artilleur* qu il était pei mis de i ompter 1 1 marche ■< sui
vre semblait dès-lors toute Iracée l e 3* >i arlillei tant
le snii des régiments '!<• cette arme qui <-ui sous la main si- 1 hevaux et son parc, on se serait >l sltonl adresse" .i lui, et l'enlever suffisait au sucrés le I* d'artillerie n'aurait pas hésité .« obéii .i la vois de son colonel, qui était <lu ■ omplol . "ii avait ilrs intelligences dans le corps des pon tonniera et leur adhésion n'était pas douteuse enfin le
pol i Vaudra] possédait les ciels de l'arsenal n n \
loni plus, I artillerie soulevée, qu .i se portei mm la plier d'armes et i j braquei les pièces de canon dont on