‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 81 sur 220 · CHAPITRE TH · texte numérisé non relu

CHAPITRE TH

ce qui arrivait. Que de drames singuliers et-profonds joués devant la justice! Tantôt c'était une mère qui, à la vue de son lils expirant sur la paille, avait dérobé pour lui un morceau de ce pain que dédaigne souvent la sensualité des riches; tantôt c'étaient de blêmes ouvriers qui. manquant d'ouvrage, s'étaient fait ramasser comme vagabonds sur le pavé des rues, pour qu'on les convainquit du crime de pauvreté, et qu'on les admit comme coupables à l'amer banquet où ils n'avaient pu trouver place comme travailleurs. Et ce qui se passait alors dans l'enceinte des tribunaux, on le devine : ils étaient condamnés, ces coupables, mais par des juges attendris, mais devant un auditoire qui, quelquefois, fondait en larmes: et. lorsqu'ils se mettaient en route pour la prison, la charité les attendait aux portes de la salle d'audience, la main pleine de dons pieux. Protestation admirable contre les vices de notre ordre social ! touchant et philosophique hommage rendu à la puissance de l'Évangile, au milieu des douleurs et des folies d'une civilisation corrompue !

Cependant la loi d'apanage est présentée. Non contente de demander un million pour la dot de la Bile aînée du roi , reine des Belges, et un accroissement de revenu d'un million pour l'héritier présomptif du duc d'Orléans, la Cour veut qu'on donne au duc de Nemours le domaine de Rambouillet, en y ajoutant les forêts de Sénonche, de Chàteauneuf et de Montécaut. Mais, accueillie d'abord sans murmures dans les bureaux de la Chambre, la pro position n'est pas plutôt connue du public, que partout l'opinion s'émeut et gronde. On rappelle que le roi

jouit d'une liste ci\ile de douze millions: que la inunilicenec nationale lui a généreusement abandonné neuf

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millions perças en trop dans les premiers mois de son qu il lui a été loisible de conserver son domaine privé, a la différence de loib ses prédécesseurs, lesquels se faisaient gloire, en montant sur le trône, «1 ajouU i le i.-iii .1 celui «le l'Étal : que <>■ domaine privé esl consida* lahlc: que Louis-Philippe, don) il s'agit de faire apana* . i i,s Qls et doter les filles par la nation, est un «les plus opulents souverains de l Europe Sur ces entrefaites, le uruil se répand que, pour enfler, à l'insu de tous. !<• don if. m lai réservé au duc de Nemours, les courtisans n'ont pas rougi de recourir a des évaluations busses. L'irritation des esprits s'en accroît, el bientôt on ne parle plus que d'un pamphlet sorti de la redoutable plume de m de < ormenin,

l vouez, .Ii^.hi \l de < ormenin au duc de Nemoure, oucz. Monseigneur, quec'est une bien généreuse nation

• que la nation française, el que votre famille Un doit une

onnaissance sans l es i les aises, profits et

. inds biens >i ml elle a été «le tout temps « mplie et

« remplie, comhl -t re< omblée, chargée elsurcnargi

: «l abord, Monseigneui . les ..lit- de i i.«.i . 1 1 12 prirent à i l fat el donnèrenl i \ -<i i <• aïeul un

nposé de lant «!«• liefs, de terres, de manoirs, villi s de palais, de « bateaux, <l«' Ce s. ,!«• gouver-

• nemeiiis. «le principautés, de duchés, do marquisats, de comtés el de beronîes, d'aïeux, de champarts, di

ndales, de prés, .1 taux, de bois «-i :

fatiguerais, dans i enl pages, •« m. us i. i énu m rer, Votre maison, Monseigneur, passai) on

• poui la maison princiéro non régnante la plusrichede

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