CHAPITRE VII
« les mesures qu'il proposai! ayant été rejetées, ce n'est « pas sur lui que retombe la responsabilité. » Maïs, évidemment, une r rise approchait.
Or, tandis qu'elle se préparait dans le palais du roi, la défiance et la misère envahissaient tout. De chaque poinl du royaume venaient de tristes nouvelles. A Rouen, les filatures languissaient, après avoir chômé une partie de l'hiver: les ouvriers teinturiers ne travaillaient presque pas : et, quant aux tisseurs, ils souillaient cruellement d'une récente diminution de salaire; plusieurs ouvriers sans emploi avaient porté leurs livrets à la mairie: quelques-uns élaient occupés par la ville à des travaux de lavage rapportant douzesous par jour. Dans les campag du département de l'Aude, un commencemenl de disette se taisait sentir. On citail dans l'arrondissemenl de l.inioux. deux cantons dont les habitants venaienl d'émigrer pour se répandre affamés, dans les plaines du Roussillon et du Bas-Languedoc. <>n racontai! même qu'une famille du village de Charnus, silué au cœur des montagnes, voyanl ses provisions épuisées, avail tué un cheval. don! elle s'était nourrie. Dans l'Ariège, la mendicité éta il telle, que les pauvres erraient par troupes, la besace sur ledos, le long des roules. Des mendiants, dans le canton d \\. moururent de faim. La Normandie lui désolée, vers le même temps, par un affreux sinistre : nu vent violent du nord-est ayanl poussé la mei avec force contre les portes de flot de Pont-de Vey, les eaux de la Vire, grossies par la fonte des neiges et par des pluies abondantes, franchirent brusquement les digues, inondèrent le- marais deDommartin. de Craignes, de Saint-Fromond, entraînant et noyant les bestiaux. Enfin, l'on écrivail de
Lyon les lignes suivantes, que beaucoup de journaux reproduisirent : " Aujourd'hui plus que j;miai- la misère ici
esl ;i son comble, l e gouvernement croit-il qu'on ■ meurt de faim comme d'un coup d'épée. sans agonie?
i roit-il <]ur li spectacle récent de cette pauvre mère • qui se Iratne sur la place Bellecour pour j rendre le
derniersoupir suit de nature à conseiller la résignation?
Pendant six jours, cette malheureuse, qui n'avait rien
.1 manger, a nourri -un enfant. Ses foi -.son
» lait s'est tari. Uors, rassemblant le peu de forces qui
lui restaient, elle s'esl traînée sur le pavé, où elle esl
morte eu recommandant son til- ;i la pitié des pasls Des symptômes non moins douloureux se manifestaient dans la capitale sur la place du t hAtelet. ce n'étaient que ventes par autorité de justice ; les faillites allaient se multipliant; et, chaque jour, la place de l'Hôtel cli--\ ille était encombrée de journaliers qui. après avoir inutilement offert leurs services, se retiraient la malédiction i la bouche et la révolte dans l'Ame D'un autre roté, la caisse d'épargne suffisait ;■ peine aux demandes de remboursement, les moins malheureux courant récla uni avec inquiétude le fruit de leurs économies; -i bien que, dans une seule semaine, la première du moisd avril
la -'mu !<•- remboursements opérés pai la caisse de
Paris - éleva au chiffre énoi me de i million 766,000 IV. ! i .■ pauvre dans lea grandes villes, est un être enterre m ■ ■■t ■ - 1 qui s'agite au fond d'un tombeau on passe, on repasse lui sa létc -nu- entendre sei 1 1 is on le roule, et on i ignore ' Seulement, de loin en loin, il semble que la société l'entr'ouvre un instant poui laisser descendre dans «.-» abîmes le regard effrayé de l'homme heureux • eal