‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 91 sur 220 · CHAPITRE VIII. T · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII. T

persuasive dont la Chambre acceptait si aisément l'empire. Le discours de M. Thiers fut plus insinuant que hardi, plus habile que chaleureux : mais il eut un résultat décisif. Les fonds secrets furent votés par 2Ô0 voix contre 112. Et le ministère Mole sortit, humilié tout à la fois et raffermi, d'une épreuve dans laquelle il axait failli périr.

Les doctrinaires, cependant, n'étaient pas découragés. et ils se préparaienl à redoubler d'audace, lorsqu'un acte aussi éclatant qu'inattendu vint les frapper de stupeur et sceller leur défaite. Déjà, dans les derniers jours d'avril, le roi avait fait grâce a .Meunier, condamné par la Cour des pairs comme régicide : le 8 mai, un rapport du ministre de la justice apprit à la 1 rance qu'une amnistie était accordée à tous les individus détenus dans les prisons de I État, par suite de condamnations prononcées pour crimes cl délits politiques.

Au fond, l'amnistie étail une machine de guerre dressée contre M Guizol el ses amis. M. Guizot, pour créer des obstacles au Cabinel donl il ne faisait plus partie. s'étail mis à l'accuser de mollesse el de lâcheté; il avait essayé de ranimer les cendres, déjà refroidies, de uns discordes civiles-, il avail ose. dans nu temps de calme, écrire sur sa bannière le mol intimidation. M. Mule, en décrétant l'amnistie, opposai! à cette manœuvre d'un rival une manœuvre contraire. El ce qui le prouve bien, c'esl que. collègues dans le ministère du <> septembre, M f.uizol et M. Mole s'étaienl trouvés d'accord sur la nécessité d'un système de rigueur. Mais lorsqu'une action es! bonne en soi, il j a injustice à ne tenir compte que de ce qu'il s'esl glissé de personnel dans les intentions el les

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111..11:- L'amnistie était un appel à la réconciliation «les partis; c'était donc une grande, une noble idée. M. Ilolé eut le mérite de l'avoir conçue, «'i le roi celui de l'avoir adoptée sans résistance.

1 ependant, l'arrivée <lr la princesse Hélène était attendue au Château avec impatience. Non qu'un lel mariage lui brillant il n'avait ni le prestige d'une haute alliance monarchique, ni l'héroïque signification d'un choii national et populaire. Mais, après 1rs refus dont !<■> familles souveraines lui avaient infligé l'affront, la maison d'Orléans se trouvai! heureuse que ses offres n'eussent pas été repoussées par une obscure et indigente Cour >l Ule-

\ pari cela, on disait la princesse gracieuse ; elle avait une Ame sensible et douce, de la < 1 i ^i 1 1 i t «"* naturelle, un esprit vil >■! cultivé. Luthérienne, elle allait entrer dans une famille catholique; mais si c'était là puni- la reine .les 1 1,111. .us un snjii de dévole inquiétude, il n'en était pas de même <lu roi, prince qu'alarmaient faiblement les scrupules religieux et <pn n'était pas fâché de trouver ion de prouvei s.( tolérant e

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