‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 90 sur 220 · II. Mollit · texte numérisé non relu

II. Mollit

.. la fortune politique, le n'j mets d'intérêt que l'intérêt

« public, relui de la cause à laquelle j'appartiens el que

je me iai> honneur de soutenir. Vous i>< >u\ «■/ m'en

• roire, Messieurs, il ;i plu ;i Dieu de me faire connaître

des joies el des douleurs qui lajssenl l'âme bien froide

i toul autre plaisir el à loul autre mal. . il s'étendil

peu sur les causes de -;i rupture avec M Mole, dont il

donna une explication plus hautaine que véridique : el.

abordant la situation dans ce qu'elle avail <l<- général, il

continua «l"1 manière ■> restei lidèle au système d'attaques

convenu entre lui el ses amis, toujours grave cependant,

il toujours attenlil .1 voilei . à ennoblir par la solennité des

motifs ce qui n'était après tout qu'une convention de l'in-

l .1 classe moyenne, suivant lui, avail droit à fairt*

1 naître el saluer -.1 prépondérance, mais elle ne

devait être ni envieuse ni subalterne 1 li<' devait avoir I.- confiance dans ses destinées pour ne pas se croire perdue parce que l'établissement d'un apai pour un de ses princes viendrait ramener au milieu des

for s de la société moderne une ombre vaine du passé

1 .1 1 lasse moyenne aval! poui mission de gouverne! . el poui devoir de mettre son cœur au niveau de sa fortune,

••h se gardant de loute hasse jalous 1 de toute frivole

défiance Le vrai dangci pourelle il était dans la perma

neni 1 de l esprit révolutionni , infatigable ennemi qui,

même au milieudu sommeil apparent des liassions el dans liin silence trompeur, se préparait •> de nouveaux com bats i'- agitations du monde, l'Kspagne inondée du rrc cl l'.n la révolte les troubles du Itortugal les dé 1 menls néaen Angleterre de la Ré

forme, issur elle-même de noire révolution de juillet. tout cela ne formail-il pas un ensemble de symptômes ilont il était permis de prendre alarme? Tout cela n'indiquait-il pas qu'il y avait dans le mouvement g néral de la civilisation moderne quelque chose à réprimer el à contenir? On se rassurait parce que les clameurs delà rue étaient tombées el qu'on n'entendail plus autour de soi le choc des partis armés du glaive? Comme si l'esprit révolutionnaire n'avait qu'à s'apaiser pour qu'on le jugeai mort : comme s'il n'existait poinl partout : au sein des classes pauvres, rongées par l'envie: au centre des ateliers, depuis long-temps remplis du bruit des systèmes d'égalité : dans le peuple entier, auquel il ne restait plus d'autre frein que le frein du travail : au fond des institutions représentatives enfin, qui avait organisé la lutte.

.loi ii mi vr su us doute et désirable mais terrible, du \ rai el

du faux, des lions instincts ei des passiuns anarchiques. Il fallait donc sr tenir en garde, vçiller au maintien des lois répressive-,, discipliner les fonctionnaires, raffermir le Pouvoir.

Ainsi, dans la société a conduire, M. Guizot uevoyail qu'une bataille à livrer! < ette ion le a ses pieds gémissante, la foi de sainte des ignorants el des faibles, des pauvres cl des journaliers, il croyait que. pour la contenir, il suffirait

de peser un peu | il Us sur elle ! I e travail esl un frein, OSailil dire, espérant s;ms doute que la faim sciait pour le

prolétaire des sociétés modernes ce qu avaient été le l'a la lisme pour l'esclave antique el le dogme de la résignation pour le serf du i m- i\ en -âge . Il il m- ci iiupreiiail pas que prévenir les révolutions dispense de les calomnier, il ne comprenait pas que l'éternité de la souffrance en bas. c'est

MIMclllU HE Dl\ A>*

in haut l'éternité de la peur' Nous l'avons entendu, ce discours: nous étions là. Et, il nous en souvient, pendant que l'assemblée - agitait a la voix de l'orateur, l'eapril en proie au tourment de la pensée et rame remplie d'amertume, aoiw cherchions des yeux un homme qui, au risque des plus injustes murmures, eût le courage de i :on- Ibndre il ;< u--i Froides, d'aussi cruelles maximes.

M. Odiloa BaiTol parla dans la séance qui suivit, nuiis ".in^ aller au-delà <!<• ce que la majorité de rassemblée voulait entendre. H s'éleva chaleureusemenl contre les doctrinaires, contre leui politique vindicative et dura, contre leui prétention de oe livrer qu'à la classe moyenne l.i vit toire du peuple entier. \u surplus, il les attendait ;\ l'œuvre, et il désirait que le Pouvoii leur fût rendu : bien mii que l épreuve l< s aci ablerail, bien Bûr que leur ambition couronnée mettrait à nu leur impuissance Puis se tournant vers les ministres « Si vous n êtes pas les i on-

tinuateurs de la politique du 6 septembre, déclarez-le

nettement. Dans le cas contraire, y crois que vous avei insensi - de vous séparai des hommes les plus ca

pablea pai leur talent de défendre les principes qui

vous vnni communs avec eux, Dans celle guerre inceste, dans i i s 'ii~> ussions orageuses, sentez voire laisse devant un hom ■> <|in vous svci entendu dé-

\. |o| per ses vues m<'* tant di hauteur et de fermeté. ■ / \niis . h.iiiv vous de reconnaître la parole et Ifl

bras du malin

i m iii- i .n l'attaque animé pai l'éloge m lîuizn i qu'il n'était jamais entré dans sa pensée de faire lasso moyenne une classe ■< part . que, loin de là, i .Lui la rI ■ du régime existant d'appolei au faite qui

CHAl'lTKE Mil.

conque se montrait capable et digne d'y monter; que lui. qu'on accusait de tendre à une aristocratie nouvelle, que M. Odilon-Bar^ot. que chacun de ceux qui l'écoutaient, avaient acquis leurs grades à la sueur de leurs fronts, el formaient une démocratie vivante; qu'il savait combien étaient douces les laveurs de la popularité, et qu'il les avait entendus, lui aussi, les applaudissements de la multitude, mais qu'il leur préférait l'honneur d'inspirer confiance aux intérêts conservateurs, aux vrais intérêts du pays.

Pendant cette lutte sans profondeur et sans portée, mais qui tirait un grand éclat du talent des deux orateurs adverses de la généreuse chaleur de l'un, de l'émotion secrète de l'autre, des haines et des |)assions de tous, les ministres, le regard lixe. le corps immobile, paraissaient abattus et comme écrasés -mis !,■ sentim Mil de leur insuffisance. On les jugea perdus. « Le combat vient de se li- 11 vier sur leurs tètes, ■> disait-on de toutes pari . .1,1 sortir de la séance. El chacun d'attendre la décision de M. Thiers.

C'était lui. en effet, qui tenait entre ses mains la vie du ministère, puisqu'il disposait des voix du Centre Gauche. 1 e soir de la séance, il convoque ses amis. De quel côté penchera- t-onP Les avis se partagent. Ceux-ci veulenl qu'on profile de l'incapacité des ministres, qu'on leur livre bataille, qu'on les supplante. Ceux-là fonl observer

que h' Centre Gauche n'esl pas e e assez voisin du

Pouvoir pour s'en emparer; qu'en renversant M. Mole,

un va pousser au laite M. Guizol : qu'il vaut mieux a

ner une victoire dont on n'esl pas prêt a recueillir II

lit. Mais, suivant m. Uni. tout Pouvoir qui dure puise

■ -fini H MX i\v

des forces dans *;i seule durée; quelque débile que paraisse le ministère M"l<'. si on le laisse vivre, on rommel une faute el l'on perd une chance.

\n sein de tels débats, M. Tfaiers n'était poinl saus éprouver un certain trouble dont il ne s'avouait peutêtre pas la cause Dune part, il s'irritait devoirlesafraires de I i tal conduites, -ans lui et en dehors de lui. par des hommes auxquels il se croyait bien supérieur. De l'autre, il tremblait de combattre pour le compte des doctrinaires '-i de leur chef, hommes résolus et opiniâtres, qui, une fois maîtres du Pouvoir, sauraient le gai der el le défendre, lùssi se sentait-il porté à soutenir momentanément un < '.atiiin-t que -<m insuffisance même livrai! i la merci de ses protecteurs, el qu'on serait toù- .1 temps de l'aire disparaître, ajoutez à cela que

M Huera avait promis au le ménager M Mole, et

que, par une raiblesse naturelle au ca'ur humain, il croyait suivre les inspirations de *;i loyauté en cédant aux coo- *<-iN de son ambition.

i is sollii itatinns. il ailleurs, el les encouragements ne

devi i pas lui manquer, l e lendemain, m de l'aile} rand

intervint auprès de lui : on l'entoura de prières flatte

• ■ri eut urs conlre ce qui lui restait d incertitude, •<

res influences de salon toujours si puissantes dans les monarchies: el l'on parvint de la sorte à lui faire pro mettre, non-seulement qu'il volerait pour le ministère, mais qu il irait l appuyei i la U ihune,

Le* doctrinaires avaient un instant compté, sinon sut i alliance offensive de M rhiers, du moins sui m neutra

hii t ■■ m- lui .1 pas sans un vil dépit qu ils le virent

prolci nu Cabinel le secours de cette éloque farili >i

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