‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 93 sur 220 · chapitre vu · texte numérisé non relu

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« duc. Madame la princesse vous prie de porter votre « attention sur les hauteurs de Berghem. C'est dans ce « lieu que votre grand-père, le maréchal de Broglie, a remporté une victoire mémorable. »

Le 24 mai, la princesse mit pied sur le sol de sa patrie nouvelle, et. le :>'.». elle cuirait à Fontainebleau . Car c'était dans celte ville qui garde le souvenir de tant d'aventures épiques cl de tant de chutes illustres, c'était dans ce palais donl les \ impériales couvrent les murs, c'était à ce relais place sur la route qui conduisit Napoléon de Moscow à l'île d'Elbe, qu'on attendait la jeune Bile venue d'Allemagne pour donner des héritiers [au trône le plus éclatant, mais le plus menacé de l'univers. A sepl heures. la voiture de la princesse dépassa la grille, au bruit des tambours, des acclamations el des fanfares. Louis-Philippe se tenail sur le haul du balcon. \ la vue de la prin- . que le duc d'Orléans était allé recevoir au bas de l'escalier, le roi s'avança d'un air pénétré, et comme elle se penchai! pour lui baiser la main, il la releva el l'embrassa avec effusion.

Le lendemain. 30 mai, le mariage fui célébré civilement dans la galerie de Henri II. les témoins étant : pour le duc d'Orléans, le président el les quatre vice-présidents de la Chambre des députés, les quatre vice-présidents de la (. han il ne des pairs, les maréchaux Soult, Lobauel Gérard, le prime de Talleyrand; et, pour la princesse Hélène, le baron de Rantzau. le duc de Choiseul, M. Bresson. Vrai ensuite la cérémonie religieuse, qui eul lieu, selon le rit catholique, dans la chapelle de Henri il. et. selon le rit luthérien, dans la salle de Louis-Philippe, lies banquets somptueux, des spectacles, des cavalcades brillantes, des

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divertissements de toul genre prolongèrent, pour la jeune princesse, l'enchantement d'une journée aussi solennelle M, lis des émotions plus profondes lui étaient réservé -

l.o i juin, la famille royale avail quitté Fontainebleau il se dirigeai! \n> la capitale. <»n était arrivé sur un coteau un peu «'H avant de Saint-Cloud, lorsque la princesse Hélène aperçut tout-à-coup, 6 demi-cachée dans la \npeur, une masse imposante, confuse. < 'était Paris i n approchant de cette ville aimable et tragique, peut-être la duchesse d'Orléans éprouva-t-elle, au sein de sa joie, une secrète terreur. Que ne pouvait-on lui dire

Vous allez vivre, Madame, au milieu d'une nation loyale, i e peuple, en l rance, respecte les princesses, non purce qu'elles sont princesses, m u-^ pane qu'elles sont Femmes. Vous venez, il est vrai, dans un pays qui a été ratai a des reines allemandes, dans un pays où la vie des rois '--i pleine d'angoisses, et où la Foule a un ilu\ et un reflux comme la mer Ne craignez rien cependant II est d( - 1 |">c|wrs qui n apparaissent qu une i"i- I v peuple de i i.iiii e n a plu-- i ien à semer dans l épouvante ou dans la guerre; cl ses mœurs sont .iu-i douces qu'héroïques on vous la peint certainement en proie au tourment d'une inquiétude immortelle, avide de bruit, avide de mouvement, fatigué >i<- *"ii repos même, et ne pouvant ■muflrir ni la liberté m la servitude On vous a trompée. Uple de France a des joies bruyantos, mais qui ca , lient des pensées sérieuses . il se livre quelquefois a des colères terribles, mais qui servent des projets pci

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n'ôte rien à l'action constante de son génie Seulement, i.,ii | il lui i.uii «lis i lui- qui le

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