‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 3)Chapitre 99 sur 220 · I.HAPITKE · texte numérisé non relu

I.HAPITKE

trouva réunie. Elle s'élevait à 13,000 hommes, abondamment pourvus de vivres et de munitions, et traînail avec elle un matériel considérable. Ville de feuillage, coupée de rues tirées au cordeaux, le camp de Medjez-Amar présentait au cœur des plaines désertes qui l'environnaient, une physionomie vraiment féerique. (Tétait, l'ordre dans le mouvement, la régularité dans l'enthousiasme, c'était la guerre en habits de fêtes. Rien de comparable à l'ardeur du soldat. <>n allait donc couvrir de l'éclat d'un grand succès les revers de la campagne précédente ! Là se trouvaient des officiers qu'excitait le souvenir de la mort d'un ami. Le capitaine Richepanse était accouru pour venger la mort de son frère.

L'armée se mit en marche. On savait, par une cruelle expérience, que les plaines à traverser étaient entièrement nues: qu'elles n'offraient ni arbres ni buissons dont on pût se servir pour les feux de bivouac. Aussi, le soldai avait-il ajouté un petil faisceau de branches au fardeau donl il étail chargé : fardeau énorme qui se composait d'une ration de vivres pour douze jours, de cenl vingt cartouches, d'une provision de sucre, de sel, de café, de linge, ei d'une giberne, sans compter une longue canne sur laquelle chaque homme appuyait la main droite, el le fusil que portait la main gauche. Mais il j avail chez tous une vigueur morale qui défiait la fatigue, el la plus belliqueuse impatience éclatai! dans les rangs. Toutefois, la première journée fui naçante. Il fallait gagner des régions très-élevées, il fallait monter à traversdes couches d'atmosphère chargées d'humidité el de plus en -plus froides. Au col de Ras-el-Akba, la pluie commença. Bientôt Bur la terre détrempée, les voitures eurenl de la peine

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.t ^i Iraloer ; el !»• lieutenant-général Vatée, qui rommandait l'artillerie, tut aperçu à pied, un Ibuel <!<• roadacteui à la main, animent la marche \iusi semblaient se reproduire l«'- sinistres présages de 1836. i et imagée funestes ae manquèrent pas, d'ailleurs, le long de la route, v mesure que noua avancions, les trabes fuyaient après avoir mis entre eux et nous la dévastation, le désert •. et de .iitance an distance, des tourbillons de fumée ardente marquaient la place des meules de paille incendiées. i <■ lobre, on atteignit i<- sommet 'l une colline sur laquelle se dressent les ruines d'un monument romain. Alors i i tirent . vers la gauche un camp arabe, el en ra< <• la plaine de i onstantine. in ce lieu s'était ouverte, l'année pi dente, la série de nos désastres. Ici était la place où plu sieurs de m« frères moururent de froid : là coulait cette rivière de rOued-Akmimie qui, grossie par les pluies, avait opposé au passage du maréchal Clause] de Bi douloureux obstacles; plu- 1< in s'étendaient le champ <>u M avait fallu abandonner le convoi, et celui auquel était resté

le n de Camp-de-la Boue Chaque pas nouveau vers

( onstantine réveillait un souvenir poignant, el le pied du soldat -'■ heui la i ! i- >l une fois ;i des osseux nts <im n .1 vaienl plus de nom, mais qui rappelaienl la patrie 1 armée était divisée en quatre brigades, commandéea

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