CHAPITRE VII
« Un gouvernement qui sans délai nous garantisse ces (( biens, est aujourd hui le premier besoin de la patrie. a Français, ceux de vos députés qui se trouvent déjà à « Paris se sont réunis, et, en attendant Fintervention ré- ((. gulière des Chambres, ils ont invité un Français qui K n'a jamais combattu que pour la France, M. le duc dOr- (( léans, à exercer les fonctions de lieutenant-général du « royaume. C'est à leurs yeux le moyen d'accomplir <( promptement par la paix le succès de la plus légitime « défense.
(( Le duc d'Orléans est dévoué à la cause nationale et <{ constitutionnelle. 11 en a toujours défendu les intérêts « et professé les principes. Il respectera nos droits car il «( tiendra de nous les siens. Nous nous assurerons par des « lois toutes les garanties nécessaires pour rendre la « liberté forte et durable ;
(( Le rétablissement de la garde nationale avec Fintero( vention des gardes nationaux dans le choix des officiers ;
(( L'intervention des citoyens dans la formation des ad- « ministrations municipale et départementale -,
« Le jury pour les délits de la presse ;
(( La responsabilité légalement organisée des ministres « et des agents secondaires de l'administration ;
« L'état des militaires légalement assuré ;
(( La réélection des députés promus à des fonctions pu- « bliques.
« Nous donnerons à nos institutions, de concert avec le « chef de l'État, les développements dont elles ont besoin.
« Français, le duc d'Orléans lui-même a déjà parlé, et « son langage est celui qui convient à un pays libre. Les « Chambres vontse réunir, vous dit-il . Elles aviseront aux
« moyens d'assurer le règne des lois et le maintien des « droits de la nation.
« La Charte sera désormais une vérité. »
Cette proclamation reçut la signature de quatre-vingtonze députés.
Cependant, la déclaration du duc d'Orléans avait été répandue dans Paris. Elle excita dans quelques quartiers le plus vif mécontentement^ un homme qui la portait fut assailli, dans la rue Jean-Jacques-Rousseau, par un groupe menaçant, et ne dut la vie qu'à l'intervention d'un élève de l'École polytechnique. L'impression fut profonde, surtout à FHôtel-de-Ville : les républicains, qui s'y étaient établis depuis la veille, et ceux qui couvraient la place de Grève, étaient peu nombreux, mais énergiques et pleins d'enthousiasme. Ils trouvèrent la réponse du prince ambiguë. Ils en parlaient, les uns avec colère, les autres avec mépris, la faisant suivre de commentaires véhéments. Quels sont donc ces dangers que le duc d'Orléans vient partager avec nous? Quel jour est-il entré dans Paris? le 30, après le combat, après la victoire, quand il ne nous restait plus qu'à ensevelir les morts. A quelle heure s'est-il présenté aux barrières? à l'approche de la nuit : il s'est glissé jusqu'à nous dans les ténèbres, il est entré furtivement dans son propre palais. Mais où était-il, que faisait-il le 28, le 29, entre Saint-Cloud menacé et Paris en feu? Ami de la Cour, sa place était à côté de son roi. Ami du peuple, pourquoi n'était-il pas à notre tète, devant THôtel-de- Ville, au marché des Innocents, à la porte Saint-Denis, devant le Louvre, partout où nous avons combattu et où nos frèr^is ont péri ?
D'autres faisaient remarquer avec quelle prévoyance