CHAPITRE V. 27. 'i
/'t('' déCendii, sous peine de mort, aux habitants, d'en- Ir'ouvrir leurs portes ou leurs fenêtres : qu'en un mot, la garnison avait suppléé à sa force numérique par la dévastation et l'incendie.
Pendant que le mouvement de Lyon s'éteignait, une insurrection militaire se préparait à Lunéville. Enlever les trois régiments de cuirassiers en garnison dans cette ville, courir le sabre à la main sur Nancy et sur Metz, y soulever le peuple au cri de vive la république ! et pousser droit à Paris en faisant rouler devant soi le Ilot sans cesse grossissant des populations et des troupes révoltées, tel était le dessein qu'avaient formé les sous-offîciers Thomas, Bernard, Tricotel, de Régnier. Lapotaire, Birth, Caillé, Stiller, tous hommes de résolution et de courage. Le 12 avril (1834), jour où la guerre civile brûlait à Lyon ses dernières amorces, tout était disposé, à Lunéville, pour Texécution du complot. Les sous -officiers correspondaient avec Epinal^ ils avaient des intelligences dans Nancy ; le comité des Droits de l'Homme était prévenu de leurs projets ; et Thomas avait usé avec succès de l'influence que lui assuraient sur les soldats retendue et la fermeté de son esprit, enflammant les uns de sa colère, ouvrant aux autres la perspective d'un avenir plein d'éclat, semant autour de lui l'enthousiasme républicain, parlant à tous enfin de patrie, de gloire et de liberté. Mais il était difficile que rien ne transpirât d'un pareil secret, et il paraît que, depuis quelques temps, la trace du complot était suivie. Le 13, Guary, ex-maréchal-des-logis au 7^ de dragons, est inopinément arrêté à Kpinal. Des révélations importantes lui sont arrachées. L'autorité militaire, à Lunéville, en reçoit avis, et Thomas se voit