‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 5)Chapitre 133 sur 201 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

terribles que M. Berryer. Il nous semble le voir encore : tantôt, penché sur la tribune et les deux bras étendus sur rassemblée, il forçait ses adversaires à subir la domination de sa parole ^ tantôt, saisissant d'une main les documents fournis à l'appui du traité, et deTautre marquant pour ainsi dire sur le marbre, chaque erreur de chiffres, chaque mensonge d'appréciation, chaque double emploi, il faisait passer devant les yeux de l'assistance éblouie je ne sais quelle arithmétique vivante. Jamais Mirabeau fulminant contre la banqueroute n'avait paru plus véhément, plus indigné, et n'avait exercé d'une façon plus souveraine le pouvoir de l'éloquence. Tout fut inutile. Le 18 avril (1835), 289 voix contre 137 votaient l'adoption du traité. Il fut adopté aussi, deux mois après, par la Chambre des pairs, malgré les énergiques attaques du duc deNoailles. La gravité du vote, en ce qui concernait l'honneur de la France, ne se trouvait atténuée que par un amendement de MM. Valazé et Legrand, lequel avait prévalu, et portait qu'il ne serait fait aucun paiement, que lorsque le gouvernement français aurait reçu des explications suffisantes sur le message du président Jackson.

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