‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 5)Chapitre 163 sur 201 · CHAPITRE XI. i;jr · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. i;jr

cher la gloire , les intimes de Louis-l'liilipi'c assurent qu'il l'évitait. M. Thicrs disait de lui, tort spirituellement, i[uil et ait la graxiure en creux, et que Napoléon était la gravure en relief.

M. Thiers eut donc à soutenir des complots acharnés-, mais comme, dans le cas particulier dont il s'agissait, la raison, môme au point de vue de la dynastie d'Orléans, était évidemment de son côté, il déploya beaucoup de fermeté et de persévérance.

Les considérations qu'il faisait valoir avaient quelque chose de décisif. Louis-Philippe n'était-il pas poussé par un intérêt manifeste à exclure du trône d'Espagne ce don Carlos dont les prétentions étaient liées si intimement à celles de Henri V.^ Et si de la question dynastique on passait à la question française, comment mettre en doute l'énorme avantage qu'il y aurait pour la France à consolider son influence en Espagne.? Est-ce que telle n'avait pas été la politique de Louis XIV, continuée par celle de Napoléon? La France, perpétuellement exposée aux attaques du Nord, pouvait-elle sans courir risque de la vie, laisser au Midi une Puissance dont l'alliance fût incertaine et l'amitié douteuse.? Ce qui faisait la principale force de la Russie, n'était-ce pas précisément sa position, qui lui permettait d'aller en avant sans être obligée de regarder derrière elle.? Par où Napoléon avait-il péri.? Par la nécessité funeste qui retenait en Espagne les troupes de Suchet, tandis que la coalition envahissait la Champagne

Ces raisons n'étaient pas sans faire impression sur l'esprit du roi . Plus d'une fois il parut ébranlé ^ mais il ne tardait pas à revenir à son système favori, l'inaction. Le souvenir des malheurs qui avaient assailli les Français en

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lispagne, SOUS Napoléon, paraissait le préoccuper vivement . L'expédition que demandait M. ïhiers réussirait-elle? Nos troupes n'allaient-elles pas trouver, au-delà des Pyrénées, tous les dangers de cette guerre de partisans qui avait fait pâlir rétoile du plus grand capitaine des temps modernes? Voilà ce que le roi opposait à son ministre, et il nécoutait qu'avec une froide incrédulité tout ce que celui-ci disait de l'impossibilité où serait don Carlos de se maintenir entre une invasion française et les troupes de Christine. L'Espagne n'est plus qu'une Vendée épuisée, répétait sans cesse M. Tliiers ^ il ne lui est pas plus donné Ce recommencer les prodiges de cette résistance qui étonna Napoléon, qu'il n'a été donné à la Vendée de se réveiller à la voix de la duchesse de Berri, et de se montrer telle que l'avaient faite Cathelineau, Bonchamps, Larochejaquelein et Lescure. Et, à l'appui de son opinion, M. Thiers citait celle de M. de Rayneval, ambassadeur de France à Madrid, qui, dans toutes ses dépêches, insistait vivement pour l'intervention , et déclarait le gouvernement de Christine perdu, si l'orage qui grondait autour d'elle n'était détourné par une démarche dont il affirmait l'importance décisive en même temps qu'il en niait le péril.

Mais le roi n'entendait pas jouer son repos et la paix sur les hasards d'une semblable appréciation. Peut-être aussi y avait-il un motif secret à l'opiniâtreté de sa résistance. On a cru que don Carlos lui avait fait mystérieusement donner l'assurance que, s'il consentait à rester neutre, lui, don Carlos, s'engageait à ne prêter aucun appui à la cause de Henri V.

Quoi qu'il en soit de cette conjecture, M. Thiers se vit bientôt réduit à la nécessité de rompre ouvertement avec

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