‹ Histoire de dix ans, 1830-1840 (volume 5)Chapitre 69 sur 201 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

gleterre avait tenu en réserve, pour le service de don Miguel, des boulets dérobés au l)ombardement de Copenhague !

Dans cet état de choses, don Pedro ne s'abandonna pas lui-m('^me. (luidé par le général Solignac, et puissamment secondé par les aventuriers intrépides que lui avait fournis ce sol de France, nid de soldats, il soutint le siège de Porto avec une remarquable constance. Mais ses efforts tendaient à répuiser- appuyé au sud du Douro, sur un corps de 6,000 hommes, don Miguel comptait, au nord, 17,000 combattants, et c'est à peine si le nombre des assiégés s'élevait à 13,000^ la famine avait un moment sévi dans Porto ^ le choléra y avait marqué cruellement son passage-, la patience des habitants menaçait de se lasser ^ pas de main assez forte pour tenir noués long-temps les liens de la discipline, dans une garnison composée de tant d'hommes appartenant à des nations diverses-, Sartorius, commandant de la Hotte de don Pedro, s'était mis en pleine révolte, s'était éloigné de la côte, et il avait fallu l'apaiser

d'abord, le remplacer ensuite Que de raisons pour

qu'on se résolût à précipiter le dénoùment ! Ce fut l'avis du général Solignac. Dans un conseil de guerre assemblé en vue de quelque décision énergique et définitive, il pj*oposa d'aller droit à l'ennemi, de lui passer sur le ventre et de paraître à Lisbonne l'épée à la main. Toutes ses dispositions étaient prises, il avait étudié le terrain, pesé de part et d'autre les courages, il répondait de la victoire. La majorité du conseil en décida autrement : on pensa qu'il valait mieux envoyer dans les Algarves, qui ne demandaient qu'un signal pour se soulever, un corps de -^,000 hommes, tandis que don Pedro attendrait dans la place le

résultat de cette diversion. Le général Solignac avait vu germer autour de lui de sourdes hostilités-, il ne possédait pas, quoique major-général de Farmée, toute la force qui lui eût été nécessaire -, dans le dernier conseil de guerre, il avait eu le chagrin d'entendre son propre aide-de-camp, M. Duverger, combattre son opinion : il se démit du commandement et quitta Porto, craignant bien que le père de dona Maria ne perdît la partie, faute d'audace et de nerf. Mais de nouvelles et heureuses circonstances étaient venues en aide à la fortune de don Pedro. Le duc de Palmella, qui, comme instrument des Anglais, était au Portugal ce que M. de Talleyrand était à la France et M. Van de Weyer à la Belgique, le duc de Palmella s'était occupé de réunir en Angleterre, pour le compte de la cause constitutionnelle, des ressources financières. Le succès couronna ses démarches, comme il avait, une fois déjà, couronné celles que, dans le même but et dans le même pays, avait faites M. Mendizabal. L'argent obtenu servit à des levées de volontaires, et des marins anglais se montrèrent à Porto, commandés par le capitaine Napier, véritable homme de mer. A dater de ce moment, tout ne fut pour don Pedro que triomphes et prospérités. Les couleurs de dona Maria ne tardèrent pas à flotter sur le royaume des Algarves, que le duc de Terceire venait de soumettre en courant. Avec trois frégates, une corvette, un brick, un petit schooner, Napier avait rencontré à la hauteur du cap Saint-Vincent, la flotte miguéliste, composée de deux vaisseaux de ligne, de deux frégates, de trois corvettes, de deux bricks et d'un chebec. Malgré l'inégalité des forces, Napier n'hésita pas à présenter le combat. Il attaque la flotte ennemie avec une impétuosité

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