‹ Histoire de dix ans, 1830-1840Chapitre 27 sur 159 · I. Adoptée dm la Chamhrt des députée le1.' mai · texte numérisé non relu

I. Adoptée dm la Chamhrt des députée le1.' mai

et par la Chambre dos pairs le lj avril sunant.

LOUIS BLANC

quante, et de véritables hommes d'État auraient prévu que le cens détruirait le code, si, tôt ou. tard, le code ne détruisait pas le cens.

Quoi qu'il en soit, la puissance politique de la bourgeoisie était fondée, au moins pour un certain temps. Quant à sa puissance matérielle, la loi sur la garde nationale y avait déjà pourvu (1). Cette loi commençait par des mots caractéristiques. «La garde na- « tionale est instituée pour défendre la « royauté constitutionnelle. » Elle permettait de placer dans le cadre de réserve ceux auxquels le service ordinaire serait onéreux, et elle mettait à la charge du garde national l'équipement, qu'une ordonnance ultérieure devait régler. Combinaisons habiles, et dont l'ensemble tendait à exclure des rangs de l'armée civile la nombreuse classe des prolétaires, qui faisaient peur aux heureux.

Après des précautions semblables, la Chambre n'opposa plus qu'une faible résistance aux partis divers qui poussaient à une dissolution A peu près certaine d'être réélue, le désintéressement lui était facile. Mais, avant de se séparer, elle eut la joie d'assister à la chute du ministère Laffitte, chute dont les circonstances méritent d'être rapportées en détail.

Nous avons dit quelle secousse en 1830 avait été donnée au monde. Nulle part l'impression n'avait été plus vive qu'en Italie. De tous côtés les patriotes italiens s'agitèrent. L'un d'eux, le célèbre et infortuné Menotti, était depuis longtemps l'ami de François VI, duc de Modène, et ils avaient formé ensemble des projets dont le but était, pour celui-ci, l'acquisition d'une couronne, pour celui-là, l'indépendance de l'Italie. On a cru que leurs communes espérances s'appuyaient sur des engagements secrets pris en France par de hauts personnages.

Une conversation que, par l'entremise de M. Misley, le duc de Modène eut avec M. Camillo Manzini au mois d'octobre, dans un secret réduit du palais ducal,

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