‹ Histoire de dix ans, 1830-1840Chapitre 28 sur 159 · î janvier · texte numérisé non relu

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pourra donner une idée des sentiments de ce prince. Le duc accueillit le conspirateur avec une affabilité extrême. « Vous pouvez, « lui dit-il, m'ouvrir toute votre âme : ma « parole d'honneur, que je vous donne ici, « vous met à l'abri de tout danger. » M. Manzini répondit que sa confiance était entière ; que la facilité avec laquelle il s'était prêté à une semblable entrevue en était la preuve, puisque nul n'ignorait que ses principes étaient républicains. « C'est à cause de ces « principes et de la manière dont vous les « avez soutenus, interrompit le prince, que « vous possédez toute mon estime. » Et l'entretien l'amenant à parler des libéraux italiens en général, il déclara que le rôle qu'il avait été' forcé de prendre en Italie lui interdisait l'espoir de voir se rallier à lui les libéraux, ceux de la Romagne, surtout, qui, bien injustement, lui attribuaient tous leurs maux. M. Manzini s'efforça de persuader au duc que, dans les comités formés en France et en Angleterre pour la réalisation du projet, et même parmi les chefs romagnols, on n'attendait plus que des preuves de la loyauté de ses intentions. Mais le duc de Modène paraissait craindre qu'après s'être servi de lui comme d'un instrument, les patriotes italiens, au lieu de le couronner roi constitutionnel, ne fissent tourner la révolution à la république. Il termina l'entretien en chargeant M. Manzini de ses remercîments pour tous les braves patriotes qui l'avaient investi de leur confiance. Il leur souhaitait bonne chance dans leur entreprise hasardeuse, et désirait « qu'une occasion s'offrît à lui de « montrer qu'il était, lui aussi, bon Italien, « et prêt à tout sacrifice pour le véritable bien « de son pays. Agissez avec prudence, dit-il « à M. Manzini en le congédiant, et venez « me voir avant votre départ pour Paris. »

Ainsi le duc de Modène encourageait secrètement l'insurrection, sans néanmoins s'engager, et de façon à se ménager toutes les chances, selon l'usage des princes.

Menotti n'était pas ton t-à-fai t dupe de cette tactique ; mais le nom du duo lui était utile soit pour donner plus d'importai ce h

Menolli ! répondit un homme qui se laissait couler 1 • Long du mur. I

ses projets, soit pour séduire par l'appât d'une haute complicité les patriotes douteux. Il entretenait donc avec le duc de Modène des relations fréquentes, exagérait à dessein le profit d'une telle amitié politique, et donnait ainsi une sorte de caractère officiel à ce recrutement de conspirateurs qui était alors la grande occupation de sa vie '.

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