‹ Histoire de dix ans, 1830-1840Chapitre 29 sur 159 · On nous a communique* la correspondance secrète de · texte numérisé non relu

On nous a communique* la correspondance secrète de

.Mais dans la partie bizarre que jouaient l'un contre L'autre ces deux hommes,leduc de

Bienotti. Voici ce qu'il écrivait Le 29 deV M. Mislej , alors a Pa

. M. m frète t'aura appris mon retour de Florence

au un long entretien avec et m>u> avons très l»ieu

disposé tout. A mon retour . ■ duc pour

l<> tenir toujours dans la même position. Il a .-te content de moi et moi de lui. J re parvenu a lui faire faire

quelques grâces pour la nouvelle année; d rien tant que je m» verrai. — Tout est tranquille ici. et tout se dispose pour If mieux. — Il y aura uu comité cen-

LOUIS BLANC

Modène apportait une dissimulation abominable et profonde. Tandis que Menotti faisait auprès de ses amis les plus défiants, de courageux efforts pour défendre la sincérité du prince mise sans cesse en question, celui-ci ne songeait qu'à interroger les événements. Également prêt à se mettre à la tête des conspirateurs, s'ils étaient les plus forts, ou à devenir, dans le cas contraire, le plus cruel de leurs ennemis, il attendait que la France se prononçât.

Les principaux chefs de l'opposition en France ne faisaient pas mystère de leurs sympathies pour la cause de l'Italie, et le principe de non-intervention, proclamé par M. Laffitte, à la face du monde, devait paraître inviolable. Mais derrière la politique ostensible de la France n'y avait-il pas une politique secrète, dont les vues étaient opposées aux déclarations les plus solennelles des ministres français? Des communications ténébreuses n'engageaient-elles pas le Cabinet du Palais-Royal envers la Cour de Vienne ? Le duc de Modène l'apprit ou le crut, car ses dispositions changèrent tout-àcoup, et ce changement se prouva par les plus indignes manœuvres l.

tral à Bologne. — Sans un centre il était impossible de bien marcher, et moi seul, d'ailleurs, je ne pouvais suffire à tout. — La Romagne est toujours dans la plus grande fermentation, mais^elle ne bougera pas. — Les Piémontais sont-ils définitivement d'accord avec nous? Adieu. J'attende impatiemment de tes nouvelles. »

Autre lettre de Menotti, en date du 2 janvier 1831 :

« Le seul élément dont nous manquons, c'esl de l'ar^i'iil. et avec de l'argent, croyez que nous pourrions effectuer le mouvement quand nous voudrions. — Les vieux libéraux, qui en ont, n'en veulent pas donner. N'importe. Gela ne nous découragera pas ni ne ralentira notre activité. — Le duc est toujours décidé à laisser faire Aussi nous vivons comme dans une république. On dit que Maxilien (frère du duc) viendra ici; je ne le crois pas. — En Italie tout est tranquille, — La France inlerviendra-t-elle au cas où les Autrichens passeraient le Pô? Voilà ce que nous voulons absolument savoir. Organisez-vous le mieux que vous pourrez. — Il nous faut le Piémont. — Faites décider à l'Union. Adieu. »

1. Le 7 janvier 1831, Menotti écrivait a M. Mislcv : « J'arrive à l'instant de Bologne. Il faut le dire que le duc est un véritable coquin (birbante). J'ai couru le danger d'être tué hier. Le duc a fait répandre par les sanfédistes secte anti libérale le bruil que moi et toi sommes des agents stipendiés pour former des centres cl les dénoncer, ('.''la avail '•[<■ si bien cm a Bologne qu'on a manqué de m'assassiner, Le fait est qu'en huit jours toute la Ro-

Menotti et ses amis ne se découragèrent pas, cependant. A vrai dire, ils pouvaient bien compter jusqu'à un certain point sur l'adhésion instinctive du peuple, mais non sur sa coopération active. Car ils n'avaient guère étudié les besoins de ce peuple, qui était heureux matériellement, et ils n'avaient noué avec lui aucun de ces rapports qui servent de fondement à une grande influence. D'un autre côté, l'Autriche seule était en état de comprimer leurs efforts, et pour eux, par conséquent, toute la question était de savoir si la France serait fidèle à ce principe de non-intervention qu'elle avait si bruyamment adopté.

Dans le discours du Jcr décembre, que nous avons déjà cité, M. Laffitte, on Fa vu, s'était écrié : « La France ne permettra pas « que le principe de non-intervention soit « violé. » Quelques jours après, M. Dupin, dont on connaissait les relations avec la Cour, s'était exprimé en ces termes à la tribune, au milieu des applaudissements de l'assemblée. « La France, en se renfermant « dans son froid égoïsme, aurait dit qu'elle « n'interviendrait pas, cela pouvait être une « lâcheté, mais dire qu'elle ne souffrira pas « qu'on intervienne, c'est la plus noble atti- « tude que puisse prendre un peuple fort et « généreux l. »

« La non-intervention, avait dit à son « tour du haut de la tribune de la Chambre « des pairs, le maréchal Soull. ministre de « la guerre, la non-intervention est dé- « sonnais notre principe. Xous le respeç- « terons 'religieusement sans doute, mais à « la condition essentielle qu'il sera respecté « par les autres2. »

Des déclarations aussi claires parurenl suffisantes pour des jeunes gens sans expérience et peu verses dans l'art funeste des mensonges politiques. Aussi bien. M. dé Lafayctte, trompé lui-même, affirmait à

magne avait changé de face mais, 'lie reviendra à moi

Maintenant que je sais que je suis tenu pour un agent du duc, je me réglerai avec tant de prudence que je parviendrai à mon but sans manquer à mes promesses viieu. <»

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