‹ Histoire de dix ans, 1830-1840Chapitre 36 sur 159 · Le !•* février 1831, M. Sébastian! écrivait à M. B · texte numérisé non relu

Le !•* février 1831, M. Sébastian! écrivait à M. B

son la lettre Miivrnte :

• Monsieur, si, comme je L'espère, vous n'avez pas en- « core communique au gouvernement belge le protocole .. du 21 du mois de janvier, VOUS VOUS opposerez, à cette n communication, parce que Le gouvernement du roi n'a n point adhère à ses dispositions. Dans la question de.s

« dettes, comme dans celle de la fixation de Vétendue et

« drs limites des territoires belge et hollandais, nous avons entendu que Le concours et le consentement libre

« des deux États étaient nécessaires. La Conférence de

IIISTOIIIK DE DIX ANS

Ainsi humiliée, rebutée et trompée, la Belgique avait Bni par se détacher de la France, pour se rapprocher de l'Angleterre. El alori grâce au victorieux ascendant des Anglais

sur la Conférence, la Belgique n'avait trouvé que des soutiens dans ses ennemis de la veille.

Le triomphe de l'influence anglaise fut tel qu'on en vint bientôt à regarder on prince anglais, Léopold de Saxe-Cobourg, comme le seul souverain possible de la Belgique. Et, pour précipiter son élection, la Conférence rédigea le fameux protocole connu sous le nom de Traité des 18 articles.

Ce protocole était aussi favorable à la Belgique que ceux des 20 et 27 janvier lui étaient funestes. Les cinq Puissances décidaient, cette fois, que la question du Luxembourg était distincte de la question hollandobelge, et que, durant le litige, les Belges garderaient h; Grand-Duché qu'ils occupaient. Les cinq Cours assuraient en outre à la Belgique toutes les garanties qui lui faisaient désirer la possession de la rive gauche de l'Escaut. Il était spécifié que la Belgique aurait droit, dans la ville de Maastricht, à la part de souveraineté qui, en 1790, n'appartenait pas à la Hollande. Enfin, le principe du partage des dettes, d'après leur origine, était formellement adopté.

La Conférence ne pouvait pas renier plus

« Londres est une médiation, et l'intention du roi est [i qu'elle n'en perde jamais le caractère u Agréez, etc.

a Signé : Horace S^bastiani. »

Celle lettre, communiquée au Congrès pendant qu'il discutait les deux candidatures rivales du duc de Nemours et du due de Leuchleinberg, contribua à taire tomber la seconde.

Le danger dynastique passe, voici eu quels tenues 1,'

gouvernement, dans le protocole du I"; avril, n" 21, adhéra

au protocole du 26 janvier, dont celui du 27 n'était que te complément financier :

u Le plénipotentiaire français déclare officiellement,

- d'ordre exprés du roi sou maître :

« Que la France adhère au protocole du 20 janvier 1831;

« qu'elle approuve entièrement les limii<-s indiq » dans cet acte pour la Belgique ; qu'elle ne reconnaîtra « le souverain de la Belgique qu'autant qu'il aura pleinen menl accédé a toutes les conditions et clauses du proto- « cole fondamental du 20 janvier 1831. » Cela s'appelle de l'habileté '■

completi-in -ni son œuvi • oe poutaît pas renverser d'une manière plus bru laie les hases posées par olle même dan coles des 20 et 27 janvier, et par elles déclarées deus fois il

Mais la Conférence mettait une condition a ses largesses : l'élection du prin< pold. La volonté de L'Angleterre fut faite: lr \ juin, Léopold était proclamé roi Belges. Parmi ceux qui volèrent contre le

Léopold I«', roi des Belges.

candidat de la Conférence, nous devons citer M. Frison, qui nioliva son vote eu termes : « Je refuse mon vole au prince de

« Saxe-Cobourg parce que ce prince ne

« peut accepter qu'aux conditions impos » par les protocoles : parce qu'il est hostile, « je ne dis pas au gouvernement français, n mais à la France*, et que je regarde toute

« combinaison anti -française . comme un

« malheur pour mou pays. ■ Le traite des is

articles n'avait pas, du reste, trouvé à Bruxelles un accueil favorable, et avait fourni matière, dans le Congrès, à une discussion

très brillante et très animi

Du rapide exposé que nous venons de faire . résultent les deux grands faits que voici :

Tant que l'influence française se maintient à Bruxelles, la Conférence se montre systématiquement hostile à la Belgique et travaille à la rendre petite et faible.

Le jour où l'influence anglaise prévaut à Bruxelles, la Conférence change brusquement de politique, n'hésite pas à donner à ses propres affirmations un démenti éclatant, et ne songe plus qu'à fortifier ta Belgique, en haine de la France.

Le rôle de M. de Talleyrand à Londres fut donc d'une insignifiance parfaite. Il signa des protocoles qui affaiblissaient la Belgique quand elle nous tendait les bras, et il en ! signa d'autres qui la rendaient forte au moment même où elle se séparait de nous.

Et quel motif forçait si impérieusement l'ambassadeur français à cet inconcevable abandon de tous les intérêts de son pays ? Lorsqu'il fut question de fortifier la Belgique contre nous, ne pouvait-il pas dire :

En repoussant la Belgique qui s'offrait, et en refusant la couronne votée pour le fils de Louis-Philippe, le gouvernement français a donné une preuve incontestable de modération. Nous demandons que l'Europe en convienne. Dans les protocoles du 20 et du 27 janvier, la Conférence a voulu rendre la Belgique petite et faible. Elle l'a voulu à tort ou à raison ; mais enfin elle a. sur ce point, déclaré sa volonté immuable. Elle ne saurait aujourd hui revenir sur cette déclaration sans mentir à l'Europe dont elle a la prétention de. fixer les destins. Que s'estil donc passé, depuis le 20 janvier, qui ait pu rendre subitement inégal et funeste ce qui alors était reconnu juste et utile? Si vous ne vous êtes rapprochés de la Belgique que parce que la Belgique* s'est éloignée de nous, vous voilà forcés de reconnaître que le lien qui vous rassemble ici est dans votre commune haine pour la France ; que le respect des droits acquis, que la foi des traités, sont des prétextes dont se couvrent la terreur qui vous arme contre nous et les longs

ressentiments que nous vous avons inspirés. Eh bien, s'il en est ainsi, souffrez que nous ne vous aidions pas dans l'œuvre de notre propre ruine. Au sein du Congrès de Vienne, la France, vaincue, avait peut-être à subir la loi du plus fort. Dans la Conférence de Londres, la France ne vient pas figurer, Dieu merci, en expiation de ses revers, et elle tient dans sa main, ne l'oubliez pas. cette clef de l'outre des tempêtes dont parlait Canning.

A un pareil discours qu'auraient pu répondre les diplomates étrangers ? Il fallait que les directeurs de la politique française fassent des hommes bien médiocres pour ne pas comprendre que si la dvnastie de Louis- Philippe avait des raisons pour craindre la guerre, les Puissances étrangères en avaient de bien plus pressantes encore pour la craindre et pour l'éviter. Les représentants du Palais-Royal, s'ils eussent été doués de quelque intelligence, n'auraient-ils pu tirer parti de la frayeur de nos ennemis, comme nos ennemis surent tirer parti de la frayeur qu'éprouvaient les Français partisans de la dvnastie nouvelle ?

Renoncer à cette haute et généreuse politique qui aurait pour jamais cimenté l'union de la France et de la Belgique, était assurément quelque chose de misérable; mais la politique de l'égoïsme dynastique une fois adoptée, il eût été facile de la rendre moins ruineuse.

En effet, après l'élection du duc de Nemours, annulée par le refus du roi des Français, la Belgique n'avait pas cessé d'être un grand embarras européen. Il fut sérieusement question, alors, de la partager.

D'après le plan proposé, la France aurait obtenu la partie méridionale de ce pays, dont la partie septentrionale aurait été rendue à la Hollande : la Prusse aurait pris pied sur les deux rives de la Meuse et de la Moselle, et Anvers aurait été livré à l'Angleterre. L'empereur de Russie, nous sommes en droit de l'affirmer, se prêtait volontiers à la réalisation de ce plan, auquel applaudissait le duc de Mortemart. Nicolas était bien

lise de détourner, du côté des Pays-B l'ambition de lu France, <jui. dans cette hypothèse, n'aurait plus menacé que les Anglais. Quanta l'Autriche, dont la haine dea révolutions absorbait toutes les pensées, elle aurait vu sans déplaisir les Belges châtiés de leur récente insurrection.

Encore une fois, il eût été peu digne du '-nie de la nation française d'accepter une part dans les bénéfices d'une spoliation semblable. Mais, au point de vue égoïste de ceux qui nous gouvernaient, cette politique aurait eu, du moins, les apparences de l'habileté, car on offrait par là un aliment à l'humeur inquiète du peuple français; on consolait la France de ses revers de 1815, en modifiant, à son profit, les traités de Vienne, et l'on déconcertait l'enthousiasme belliqueux de l'Opposition.

Rien de tout cela ne fut compris par le Cabinet du Palais-Royal. Sa politique, dénuée de courage et de générosité, le fut encore plus d'intelligence. Elle laissa lord Ponsomby machiner tout à son aise en Belgique

pirations orangistes, sans antre but que de pousser l.i Belgique aux 1;:

Anglais ; elle le laissa flatter et menacer le Congrès tour a tour pour le détacher de

nous, mission dont le succès devait nous couvrir de confusion: enfin, après avoir forcé Louis-Philippe- à refuser, poursoo fils, une couronne qu'il désirait cependant a ardeur, elle dépouilla la dynastie qu volution immortelle venait de créer, : seulement de toute popularité en France mais encore de toute autorité morale en Europe.

Pour ce qui est de M. de Talleyrand, la vérité est qu'il fut insuffisant et subalterne; que ses collègues de la Conférence se servirent de sa réputation contre lui-même, le soumirent à leurs dessins en paraissant charmés de ses bons mots, et se jouèrent de lui comme d'un enfant. Enseignement grave, et qui montre qu'une politique manque toujours d'habileté, qui manque d'élévation et de droiture !

LOUIS BLANC

Attente générale. — Discours de la couronne. — Lutte dernière entre M. Laffitte et M. Casimir Périer. — Les assertions du discours de la couronne démenties dans le Parlement anglais. — Mensonge de l'alliance anglaise : outrages à la France. — Note du i9 avril 1S31 publiée: sensation dans le public. — Scène préparée à la Chambre des Pairs.

Anniversaire delà révolution; fausse nouvelle répandue; explosion du sentiment national. - Intervention

d'une armée française en Belgique : caractère de cette intervention; sa moralité; ses résultats. — Courageuse attitude du roi de Hollande vis-à-vis des cinq grandes Cours; il maintient la paix à son profit en n'ayant pas peur de la guerre, — Évacuation de la Belgique par l'armée française sur l'ordre de la Conférence; le lion de Waterloo toujours debout. — Scandales financiers, marchés fameux.

On touchait en France à un moment solennel. Un débat d'une portée immense allait s'ouvrir, peut-être. La Pologne aux abois et menaçant d'entraîner dans sa chute la vieille prépondérance de l'Occident; la papauté remise violemment en possession de sa souveraineté temporelle et redevenue par là complice de toutes les tyrannies terrestres; quatre Puissances s'ingéniant pour refaire, au détriment d'une seule, l'équilibre eubourgeoisie mettait un emportement extraordinaire à demander ce que, dans son ignorance, elle regardait comme le complément de sa victoire.

Le 23 juillet, le roi se rendit au Palais- Bourbon. Les membres de la pairie s'y étaient modestement réunis aux communes.

Le temps était donc passé où les séances royales se tenaient au Luxembourg, sinon au Louvre.

L'entrée du roi dans l'enceinte législative fut saluée par des acclamations ; mais lorsque, contrairement aux usages, un hérault cria': «La reine! » on fit silence dans cette assemblée de bourgeois ombrageux.

Le discours du roi fut remarquable par un certain ton de hauteur qui révélait la présence de Casimir Périer aux affaires. L'opinion républicaine était insultée dans ce discours. L'étendue de la misère publique y était constatée, sans autre embarras que celui d'une froide admirai ion pour la patience du peuple. Quand aux événements

ropéen dérangé par la Belgique affranchie ; la France enfin laissant flotter aux mains de quelques hommes orgueilleux et impuissants la tutelle du monde agité : voilà quels intérêts se trouvaient en jeu et sur quelles questions il s'agissait de prononcer.

Aussi jamais assemblée nouvelle ne parut sur la scène au milieu d'une attente plus formidable et de pareils soucis. Il ne fallait pas de médiocres passions pour une aussi grande querelle.

A la préoccupation des choses du dehors se joignait, d'ailleurs, dans tous les esprits, l'impatience de voir résoudre ce périlleux problème posé devant la nation : l'hérédité de la pairie doit-elle être maintenue?

N'accorder qu'au chef de l'Etat le privilège de l'hérédité politique, c'était évidemment isoler la monarchie, lui retirer ses appuis naturels, et, en lui créant, au laite de la société, une situation tout exceptionnelle. la condamner à une vie précaire, toujours menaçante ou toujours menacée. Mais, dans ce dernier coup porté à la féodalité, dans cette dernière humiliation infligée à une aristocratie expirante, dans cet abaissement de la royauté qu'on allait réduire à ne plus exister que par grâce, il y avait quelque chose de singulièrement Qatteur pour l'orgueil de la classe dominante. L'abolition de l'hérédité de la pairie était donc devenue, dans un grand nombre de collèges électoraux, l'objet d'un mandat impératif, et la

IIISTOIKK DE DIX ANS

bourgeoisie mettait un emportement extraordinaire à demander ce que, dans son ignorance,, clic, regardait comme lu complément de sa victoire.

Le 2.'5 juillet, le roi se rendit au Palais- Bonrbon. Les membres de la pairie s'y étaient modestement réunis aux communes.

Le temps était donc passé où les séances royales se tenaient au Luxembourg", sinon au Louvre.

Pozzo di Borgo. (1764-1842.)

L'entrée du roi dans l'enceinte législative fut saluée par des acclamations ; mais lorsque, contrairement aux usages, un hérault cria: «La reine! » on lit silence dans cette assemblée de bourgeois ombrageux.

Le discours du roi fut, remarquable par un certain ton de bailleur qui révélait la présence de Casimir Périer aux affaires. L'opinion républicaine était insultée dans ce discours. L'étendue de La misère publique \ était constatée, sans antre embarras que celui d'une froide admiration pour la pa-

tience du peuple. Quant aux évènem< extérieurs, la harangue annonçait que le royaume des Pays-Bas, tel qu'il existait en 18J.'», avait cessé d'exister; que les pis élevées, non pour protéger la Belgique, mais pour menacer la France, seraient démolies : qu au .Midi, nos vaisseaux ... aient forcé I trée du Tagi . et que le drapeau ti llottaitsous les murs de Lisbonne. M nouvelles étaient suivies d'un paragraphe décourageant et lugubre : Après avoir offert « ma médiation en faveur delà Pologne, di- « sait le roi, j'ai provoqué celle des autres « puisances, » laissant voir par là que la médiation offerte avait été repoussée. Du reste, pas un mot d'espoir pour la malbeureuse Pologne. Le gouvernement se contentait de reconnaître que le courage des Polonais avait réveillé les vieilles affections de la France, et il rappelait que la nationalité de la Pologne avait résisté au temps et à vicissitudes.

( m observa que pendant que le roi parlait. Casimir Périer suivait sur un manuscrit la lecture du discours convenu. Vérification publique dont l'inconvenance attestait le déclin du principe monarchique.

Quoi qu'il en soit, le discours royal fut favorablement accueilli dans l'assemblée et au debors. L'ambassadeur de Russie, .M. Pozzo di Borgo, n'avait pas assisté à la séance avec les autres membres du corps diplomatique. Et cette absence, concertée ou non, servait le ministère. .Mais, le soir même de la séance, une nouvelle Bernée dans Paris vint faire diversion aux commentaires politiques. On apprit que. revenant d'Angleterre avec la baronne de Peuchères . sa tant- . M. de Plassans, à Calais, avait été frappé de mort subite, ('.cl accident, qui n'avait en lui même aucune importance, produisit pendant une sensation profonde, soit par l'issue qu'il ouvrait aux investigations île la curiosité, soil par l'aliment offert aux interprétations cruelles de l'esprit de parti.

Il fallait nommer le président de la Chambre. L'opposition fixa son choix sur M. Laffitte. Membre de l'ancien Cabinet, -

triomphe aurait écrasé ses successeurs.

Casimir Périer le comprit, et, comptant sur le besoin que la bourgeoisie avait de ses emportements, il déclara que la nomination de M. Laffitte serait le signal de la dissolution du ministère.

L'Opposition redoubla d'etforts, et la guerre déclarée à Casimir Périer par les journaux de la gauche fut poussée avec une étonnante vigueur. Ils iirent observer que le discours de la Couronne s'était bien gardé de spécifier les places qui, en Belgique, devaient être démolies, ce qui réduisait à une équivoque sans dignité une promesse fastueuse; ils insistèrent sur la faiblesse de don Miguel, possesseur provisoire d'un trône contesté, souverain d'un royaume secondaire, prince isolé en Europe; et rapprochant avec amertume l'entrée de nos vaisseaux dans le Tage, de l'abandon de cette Pologne dont on gloriiiait l'héroïsme, mais dont on n'osait pas reconnaître la nationalité, ils accusèrent le ministère du 13 mars de n'avoir montré de la fermeté que là où n'était pas le péril, et d'avoir couvert sa pusillanimité par son arrogance.

En même temps arrivait à Paris le compterendu des séances du Parlement anglais1, séances qui donnaient au discours de la Couronne d'inexorables démentis. Interpellé par lord Aberdeen sur leprojetde destruction de forteresses « qui avaient eu pour objet, << dit lord Aberdeen, non-seulement de déce fendre les Pays-Bas, mais de contenir la « France, » lord Grey, chef du ministère anglais, avait répondu que «^ la chose était « encore en discussion; que, dans un pro- « tocole dont la France avait été exclue « pour des raisons évidentes, » il avait été convenu, à la vérité, qu'une partie des forleresses serait démantelée, mais que, dans ce même, protocole, les Quatre Puissances s'étaient réservé le droit « de dérider lesquelles seraient démantelées. » Et à celle réponse, si injurieuse pour la France, lord Wellington avail ajouté ces mots, plus in-

l . Séance «lu •«.'"' juillet L831.

jurieux encore : « Je vois avec plaisir que « quatre Puissances seulement ont concouru « à l'arrangement, et que la France a été « exclue des délibérations. Je regrette que «. le noble comte n'ait point d'explications « à donner au sujet du Portugal. J'avoue que « je me suis senti humilié, quandj'aisu que « le drapeau tricolore flottait sous les murs « de Lisbonne. » (Applaudissements prolongés dans le Parlement.)

De telles paroles mettaient à nu tout le mensonge de Falliance anglaise. Le sentiment national se souleva contre un pouvoir qui savait si peu faire respecter la France et se faire respecter lui-même. Une circulaire, adressée par les représentants des grandes Puissances aux consuls de leurs nations respectives dans l'Etat de l'Eglise, fut publiée à la même époque paria Gazette cFAugsbourg, et mit le comble à la douleur dont toute la partie saine du peuple français était pénétrée. La circulaire portait : « Les représente tants des Puissances ont jugé convenable de « témoignera sa Sainteté le vif intérêt que « leurs Cours respectives prennent au maince lien de la tranquillité publique dans les c. Etals de l'Eglise : sentiments qui ont été « déjà expriméspar le gouvernement français « dans une note (h- son envoyé à Romey le « 19 avril de cette année*. » Le gouvernement français n'avait donc pas craint, au plus fort des vengeances pontificales, de se joindre aux autres Cours pour condamner ces malheureux patriotes italiens qui ne s'étaient insurgés, pourtant, qu'à l'exemple de la France, sur la foi de ses déclarations, et, pendant quelque temps, avec son concours; Ce lut sur ces entrefaites que M. de Sémon ville, grand référendaire, eut l'idée d'étaler dans l'enceinte de la pairie les drapeaux pris à Ulm par l'armée française eu 1803, et cachés jusqu'alors dans un secret et inviolable asile. Le jour où se lit cette exhibition inattendue, 1»' lils aîné du roi était à son banc de pair : « Prince, lui dit M. de .. Sémonville, à vous désormais le droit de

Page 1