‹ Histoire de dix ans, 1830-1840Chapitre 53 sur 159 · ARMAND CARREL · texte numérisé non relu

ARMAND CARREL

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Politique extérieure. - Question des forteresses belges; la France humiliée par l'Angleterre. Réeùtance fondée de Guillaume au traité des 24 articles. - Politique de l'Angleterre, de la Russie, de la Prusse el de l'Autriche - Échange des ratifications; ratifications sous réserves; indij nation des Belges Étrange et honteuse complication d'intri La France s'armanl pour faire prévaloir un traité dirigé contre elle. - Les mû il octobre

''" "l'l"-'i""> avec le roi; mot de M. de Talleyrand. - L'armée française a la frontière; perfidie du Cabinet de Saint-James; mot du duc de Wellington. - Le maréchal Gérard fail on royage à Paria ; il offi pourquoi; causes secrètes de son retour au quartier général. Convention du 82 octobre. - l da outrent

en Belgique. - Exclusion injurieuse dont la diplomatie frappe l i I oette exclusion, loua ;

dans lu haine des Puissances contre bous. - Le Cabinet des Tuilerieé consent à l'exclusion A

""'"'"',' : maU»eurs qui en résultent. ■ Sièj t prise d'Anvers. - Admirable conduite de l'ara

unportanl rendu 6 la France par le maréchal Gérard. - Résumé de l'histoire de la Conférence.

Déchirer au dedans, la France t!t;iit devenu.' au dehors le jouet do la diplomatie. A.idée de M. de Talleyrand, la Conférence de Londres poursuivait contre nous L'œuvre de défiance et de haine qui, depuis deux ans, absorbait toute son activité. Pour reprendre

Le til de ces Funestes intrigues, il importe de remonter an peu l«> cours des événements. Le 23 juillet 1831, le roi des Français, en ouvrant la session, avait annoncé aux Chambres, du ton de L'orgueil satisfait, que la Conférence de Londres consentait à la démo-

LOUIS BLANC

lition des forteresses élevées, par suite des traités de 4815, dans le royaume des Pays- Bas, pour humilier et contenir la France. C'était une heureuse nouvelle : les ministres en prirent occasion de vanter l'excellence de leur politique; les feuilles de la Cour s'applaudirent de cette réparation accordée à notre honneur; et la nation put avoir un moment de fierté... Elle ne connaissait pas le fond des choses.

Dans la séance du 28 juillet 1831, sir Robert Peel ayant interpellé le ministère anglais sur la question des forteresses belges, lord Palmerston répondit en propres termes :

« La négociation à intervenir n'aura lieu « qu'entre les quatre Puissances et la Belce gique. La France en est exclue. »

Ainsi, la France allait être exclue brutalement d'un traité qui touchait son honneur! Ainsi, on l'avait admise dans le conseil amphyetionique des souverains, tant qu'il s'était agi de favoriser les vues des grandes monarchies européennes ; et maintenant qu'il s'agissait de son intérêt le plus cher, de son orgueil blessé, on la repoussait; et M. de Talleyrand, au nom du gouvernement français, se résignait à subir cet outrage, le plus sanglant de tous !

Lord Palmerston avait dit vrai : le 14 décembre 1831, les plénipotentiaires des Cours d'Autriche, de la Grande-Bretagne, de Prusse et de Russie, signèrent une convention définitive dont l'article 1er portait : « En « conséquence des changements que l'indé- « pendance et la neutralité de la Belgique « ont apportés dans la situation militaire de « ce pays, ainsi que dans les moyens dont il « pourra disposer pour sa défense, les hautes « parties contractantes conviennent de faire « démolir, parmi les places fortes élevées, « réparées ou étendues dans la Belgique, « depuis 1815, en tout ou en partie, aux trais « des Cours d'Autriche, de la Grande-Bre- « tague, de Prusse et de Bussie, celles dont « l'entretien ne constituerait désormais « qu'une charge inutile. D'après ce principe, « tous les ouvrages de t'ortication des places « de Menin, Ath, Mous, Philippeville et

« Marienbourg, seront démolis, dans les dé- « lais fixés par les' articles ci-dessous1. » De sorte que cette démolition était décidée 1° parce qu'elle débarrassait les Puissances d'une charge reconnue désormais unutile ; 2° parce que le caractère de Puissance indépendante et neutre atttribué à la Belgique, suffisait évidemment à la sécurité de l'Europe liguée contre nous. Et pour qu'aucun doute ne restât dans les esprits sur le sens de cette convention, les ministres anglais eurent soin,

Talleyrand.

dans le parlement, d'ajouter à l'injure du texte, L'injure du commentaire. Jamais assurément, même sous Louis XV, la politique du gouvernement français n'avait été moins française. 11 est vrai que, plus lard, la fille aînée du roi Louis Philippe épousa le roi Léopold !

Cependant les démêlés entre la Hollande et la Belgique étaient toujours le principal sujet des préoccupations de la Conférence. Elle n'ignorait pas que du dénoùment de

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