PARLE BANS LES PRECEDENTES EDITIONS
Ici s'arrête la première partie de l'œuvre que nous avons entreprise, notre intention étant d'écrire l'histoire de tout ce règne.
Ce que nous en connaissons déjà suffit, du reste, pour l'apprécier.
Il n'a été, à proprement parler, que le règne de la bourgeoisie.
Et d'abord, qu'est-ce que la bourgeoisie? Il importe d'autant plus de l'appeler ici la définition que nous en avons donnée, qu'à entendre beaucoup d'esprit superficiels, la bourgeoisie ne formerait pas une clisse distincte et se confondrait nécessairement avec le peuple.
La bourgeoisie est l'ensemble des citoyens qui, possédant des instruments de travail ou un capital, peuvent, sans s'asservir, développer leurs facultés, et ne dépendent d'autrui que dans une certaine mesure.
Le peuple est l'ensemble des citoyens qui, ne possédant pas les instruments de travail, ne trouvent pas en eux-mêmes leurs moyens de développement, et dépendent d'autrui en ce qui louche aux premières nécessites de la vie.
Ils sont du peuple par conséquent, <jue]s que soieutleur savoir, leur éducation, leurs relations sociales, tous ceux qui ne sont pas assurés de leur 'nourriture, de leur vêtement et de leur gîte.
Ceci posé, poursuivons.
Dans les monarchies mixtes, où la socielé n'est pas le domaine du prince, il y a ce vice fondamental que les devoirs du chef y peuvent être contrariés par ceux du père de famille. Car les vertus domestiques ne sont pas nécessairement vertus d'Etat. Et même, la science politique a des lois auxquelles résiste volontiers le sentiment paternel si respectable d'ailleurs dans la condition privée. La prudence de l'homme d'Etat est dans l'intelligence des hardiesses qui réusisseut. Elle n'est point étroite, point servile. Comment une famille à pourvoir serait-elle pour le génie un suffisant emploi? Il faut aux grandes facultés de grandes choses à vouloir, comme il faut le stade entier au coureur agile, et aux yeux de l'aigle le soleil. Premier consul, chef sans enfants, Napoléon toucha au demi-dieu. Père du roi de Rome, un berceau arrêta et contint son regard qui avait coutume d'embrasser la terre. À côté du guerrier, toujours le même, il y eut le fondateur de dynastie, dont le travail fut puéril et vain. 11 se donna des pages, il fit des nobles. que sais-je? Du haut de son rôle original, unique, il se laissa choir volontairement dans la plèbe des rois, les soucis paternels ayant dédoublé son génie.
11 n'y a pas lieu de s'étonner qu'un prince d'un esprit sans étendue ait plié sous des préoccupations semblables, d'autant qu'il y était encourage par l'attitude de la bourgeoisie.
On croit assez généralement, eu Europe, que c'est par
Louis-Philippe que la révolution a été muselée, et que son habileté personnelle a fait la situation présente. Qu'on le liri impute à blâme ou à louange, c'est une erreur. Le roi a montré des qualités d'un ordre secondaire. On citerait difficilement dans le passé un prince qui ait été plus complètement dépourvu d'initiative, et qui, s'étanfc beaucoup mêlé aux affaires, les ait moins marquées de son empreinte.
C'est le propre des hommes d'Etat supérieurs de donner du mouvement aux choses, d'ennoblir chaque situation, au risque d'en faire sortir pour eux-mêmes des obstacles et des périls. Sans oublier de se régler sur l'heure, les grands hommes fécondent le présent; ils élèvent l'histoire. Rien de pareil n'a été accompli en France de nos jours. On a fait honneur à Louis-Philippe de ce qui n'était qu'un résultat certain de la puissance des intérêts bourgeois mal réglés et mal compris.
Satisfaite de son lot, la bourgeoisie ne voulait point que des souffrances qui n'étaient pas les siennes lui fussent révélées par le bruit du tambour d'alarme : de là le système de l'ordre défini par le silence du malheur et défendu à coups de canon.
Aveuglée par de mesquines préoccupations de bien-être, la bourgeoisie ne voyait que des pertes d'argent dans les agitations possibles de l'Europe: de là 1e système de la paix implorée.
Or, l'ordre ancien, une paix sans nerf, convenait aussi à la royauté, qui avait besoin, pour s'asseoir, de l'excès du calme au dedans et au dehors.
Cette concordance explique les succès du règne. Elle tint lieu à Louis-Philippe d'habileté. Prince à qui l'on avait mis une couronne bourgeoise sur la tête, la prépondérance de sa classe adoptive le dispensa de créer un système. Son goût pour le médiocre plut à la classe dominante, et la force le prit à sa suite.
Il est à remarquer, toutefois, que, parallèlement à l'accord que nous constatons ici, l'histoire des dix dernières années nous offre le spectacle d'une lutte obstinée entre le gouvernement de la bourgeoisie parla Chambre élective et le gouvernement personnel du roi.
Il semble qu'il y ait là quelque chose de contradictoire, mais la contradiction n'est qu'apparente.
Entre la bourgeoisie et la royauté, l'accord, en France, a porté sur le système à suivre, sur les intérêts à faire prévaloir ; la lutte a porté sur des questions de prééminence et de prérogative.
Ainsi, le principe monarchique et le principe parlementaire se sont livré des combats ardents; bien que sur le drapeau de la royauté et sur celui de la bourgeoisie eussent été inscrites des devises identiques. Résultat signilicatif et qui vaut la peine qu'on l'analyse!
Le jour où la dotation du duc de Nemours a été si injurieusement refusée aux désirs du roi, il est devenu manifeste que le sens monarchique manquait à la bourgeoisie. Plus on conteste au prince le droit d'agir, plus, si l'on veut qu'il se maintienne, on doit lui accorder les moyens de briller. Le faste est plus nécessaire à un roi constitutionnel qu'il ne l'était à Louis XIV, pouvaut dire : « Je veux! »
D'où vient donc que la bourgeoisie l'a entendu autrement ? Cela vient de ce que, par essence et à son propre insu, la bourgeoisie, qui n'a pas le sentiment démocratique, est cependant républicaine.
Elle n'a, faisant violence à sa nature, adopté la monarchie que par égo'isme. Elle a cru que la royauté l'aiderait à contenir le peuple: que le trône serait comme ces bâtons vêtus qu'on plante dans les champs pour empêcher les oiseaux du ciel de s'y abattre.
Mais était-il possible que la royauté se contentât d'un rôle automatique? Il y avait folie à l'espérer. Les docteurs de la bourgeoisie avaient eu beau dire : « Le roi règne et ne gouverne pas ». Ce n'est point avec des subtilités qu'on mène le monde. Voilà pourquoi le gouvernement personnel
a été si violemment attaqué par la bourgeoisie, dont il servait néanmoins le but: voilà pourquoi le duel des deux prérogatives se retrouve toutes les fois que de communs périls ne viennent pas renouveler entre la bourgeoisie et la royauté une alliance éphémère.
Comment se dénouera la situation? Le gouvernement parlementaire a de trop profondes racines pour succomber. Le 18 brumaire est une date, il est une menace peut-être; mais, si on le recommençait, on ne réussirait pas.
Ce qu'il importe donc d'étudier dans l'histoire contemporaine, et en France, ce n'est pas la vie de la royauté, c'est le gouvernement de la bourgeoisie.
Il s'ouvre en 1830, et nous n'avons pas écrit une autre histoire que la sienne.
Comme classe militante, la bourgeoisie a bien mérité de la civilisation. Elle possède d'ailleurs des qualités : l'amour du travail, le respect de la loi, la haine du fanatisme et de ses emportements, des mœurs dov.ces, l'économie, ce qui compose le fond des vertus domestiques. Mais elle manque en général de profondeur dans les idées, d'élévation dans les sentiments, et elle n'a aucune vaste croyance. D'où son inaptitude aux affaires publiques. Le cens élector 1 a trouvé des défenseurs : il n'est pas de pire système! Ne demander qu'à la propriété les guides du peuple, des législateurs, c'est transporter à la conduite des Etats la politique du ménage; c'est mettre la fortune des empires à la merci d'une sagesse qui a l'étendue d'un champ pour mesure. On le nierait en vain : l'inconvénient du régime électif se déployant sur une petite échelle est de faire tomber le gouvernail aux mains d'hommes insuffisants qui ne peuvent que perdre l'Etat, si quelque noble passion ne compense pas chez eux l'ignorance des traditions et le manque d'études. Le sentiment de la conservation sera-t-il cette passion noble? Au moins faudrait-il qu'un contre-poids lui fût donné. Car, sans cela, comme tout ce qui est exclu>if, il deviendra aveugle et suicide. Il rapetissera la politique, et la faussera de la sorte. Au dedans, il repoussera des réformes qui eussent prévenu des révoltes. Au dehors, il conseillera jusqu'à cette abdicalion avouée du courage, qui est la plus folle des 'émérités.
Et c'est bien là, en effet, ce qui a caractérisé le gouvernement de la bourgeoisie.
A l'intérieur, nous avons entendu prêcher la morale des intérêts avec un succès odieux. Des scènes de bazar ont, plus d'une fois, rempli de tumulte et de scandale le palais des délibérations. Pour qu'on put agrandir la sphère des faveurs à distribuer et donner pâture aux âmes vénales, la direction des travaux publics, enlevée à 1 Etat, est devenue un instrument d'agiotage pour les banquiers, un moyen d'achalandage électoral pour les ministres. Le pouvoir a été mis au pillage. Et ce qui est bien autrement désastreux que des provinces envahies par l'ennemi, que des villes perdues, que des défaites essuyées, que des milliers de citoyens noyés dans leur sang, il y a eu altération du caractère national. Gouverner, c'est se dévouer. Qu'attendre d'un système qui fait précisément de l'intérêt privé la source des pouvoirs? Si nous avions à définir le politique, nous le définirions : un grand dévouement arme d'une grande force et mis au service d'un grand but. La Convention ne renfermait peut-être pas plus d'hommes de talent que nos assemblées contemporaines; mais c'était une assemblée désintéres ce, dévouée : ce fut son génie. A la seule générosité de ses passions, elle dut. malgi fautes et ses excès, de dépasser les calculs de Richelieu. Mlle porta impunément son drapeau dans la région des tempêtes; et. en fin de compte, elle est morte debout.
Quant à l'ordre social, voulu et maintenu par la bourgeoisie, il a été marqué par un complet abandon du pauvre. « Chacun pour soi. chacun chea soi », ont dit les chefs : hideuse et lâche maxime qui contient toutes les oppressions jusqu'à ce qu'elle enfante tous les désordres! L'erreur de la bourgeoisie a été de croire que, là où il n'y
LOUIS BLANC
a pas égalité dans les moyens de développement, la liberté suffit au progrès et à la justice. Mais qu'importe le droit de s'enrichir accordé à tous, quand les instruments de travail et le crédit n'appartiennent qu'à quelques uns? Qu'importe le droit au bonheur, sans la possibilité d'y atteindre ? Qu'importe une route spacieuse et unie devant l'infortuné qui ne se peut mouvoir? La véritable liberté consiste non pas dans le droit, mais dans le pouvoir donné à chacun de développer ses facultés. La liberté n'est donc qu'un leurre, que l'hypocrisie du despotisme, partout ^où la possession des instruments de travail constitue un monopole: partout où la dispensation du crédit vient des particuliers, qui ne prêtent qu'aux riches, au lieu de venir de l'Elat, qui prêterait aux pauvres; partout où la concurrence livre le petit capitaliste en proie au capitaliste opulent; partout où les transactions industrielles ont lieu entre la richesse et la faim; partout où la vie de citoyens dépend non de leur bonne conduite et de leur prévoyance, mais d'u e maladie qui survient, d'une commande qui cesse, d'un procédé nouveau qu'on invente ; partout où l'eufant du pauvre est forcément arraché à l'école où on l'instruirait, pour être enseveli vivant dans l'atelier où on l'exténue; partout où la liberté de la presse n'existe qu'au profit de ceux qui peuvent payer un cautionnement monstrueux; partout enfin où il y a des enfants de sept ans qui travaillent douze heures par jour pour vivre, des filles de seize ans qui pour vivre se prostituent, des vagabonds qu'on ramasse endormis sur les marches d'un palais inhabité, des infanticides par misère, des journaliers que la découverte d'une machine jette affamés sur la place publique, des milliers de travailleurs qui se lèvent un jour, la pâleur sur le front, la rage dans le cœur, et qui marchent au combat avec ce cri : Vivre en travaillant ou mourir en combattant!
Et dans ceci, la faute n'est point aux hommes, elle est aux choses. La tyrannie féodale se composait de noms propres; on la voyait en face; on la touchait du doigt. Rien de semblable dans cette tyrannie qui n'est que la liberté mal comprise. Mystérieuse, impersonnelle, invisible, insaississable presque, elle enveloppe le pauvre, elle l'étreint, elle l'étouffé, et ne lui permet pas même de se rendre compte du mal sous lequel il se débat misérablement et succombe.
Aussi, la destruction d'un semblable despotisme est-elle une affaire de science, non de révolte. C'est le principe qui est impie, c'est la situation qui est coupable. On ne se venge pas d'un principe, on le remplace ; on ne punit pas une situation mauvaise, on la change. Des appels farouches à la colère des opprimés seraient donc aussi frivoles que funestes. D'autant qu'en niasse le peuple n'est pas aujourd'hui assez éclairé pour avoir une idée nette de ce qu'il doit vouloir et de ce qui est possible. Mais le devoir de chercher le remède à tant de maux n'en est que plus impérieux. Et, pour la bourgeoisie, l'intérêt est pressant. Elle aussi, elle est minée par la concurrence, qui va détruisant peu à peu les existences modestes et engloutissant les fortunes moyennes dans l'opulence des grands capitalistes. De quelle sécurité peut jouir la bourgeoisie entre le danger des emportements populaires et le joug oligarchique lentement forgé pour elle? Preuve frappante et nouvelle de 1 inévitable solidarité des intérêts! La bourgeoisie, si elle n'y prend garde, marché à sa ruine par le chemin sur lequel souffre le peuple. Malheureusement, elle ne parait pas s'en être doutée jusqu'ici. « Le travail est un frein », disait un jour M. Guizot, et, plus tard, du haut de son fauteuil de président, M. Sauzet affirmait que la Chambre n'avait pas charge de fournir du travail aux ouvriers!
Encore, si la nationalité n'avait pas fléchi! Mais, dans la politique étrangère comme dans la politique extérieure, la bourgeoisie n'a eu ni prudence vraie ni coup-d'œil. Voulant la paix d'une ardeur violente, elle a eu l'étourderie de ne point s'en cacher. Elle a mis à s'humilier une affectation
folle. Aussi, les occasions de guerre se sont-elles multipliées à l'excès. Que de provocations! que de mépris! Un temps fut où, sur chaque point du globe, notre pays faisait dans le moindre des citoyens saluer sa grandeur : en quelque lieu que des enfants de la France eussent été conduits par les affaires ou poussés par le hasard, la majesté de notre commune mère s'y trouvait pour les protéger, et la patrie voyageait avec eux. Combien désastreux, combien rapide le changement ! Voici que la France ne peut plus sortir de chez elle sans être exposée à l'outrage. Bustamente la bravait hier, et Rosas l'insultera demain. Où sont nos amis? Quelles positions nous restent en Europe? La Pologne est en exil, nous avons frustré l'Italie et opprimé la Suisse; la Russie nous menace, la Hollande nous hait, la Belgique nous jalouse, l'Allemagne nous évite, le Portugal nous ignore, l'Espagne nous échappe, l'Angleterre nous domine, et la conjuration des Puissances nous a fermé l'Orient. Eh quoi ! fallait-il donc une intelligence si haute pour comprendre que l'honneur national porte intérêt; que le courage économise le danger; qu'affronter la guerre par vertu et justice dispense d'acheter la paix et l'assure; que la valeur de la marchandise gagne à l'inviolabilité du pavillon? Ouvrez l'histoire de Carthage, de Venise, de Gènes, de l'Angleterre, de toutes les uations fameuses parle commerce, et vous verrez si c'est aux inspirations de la peur qu'elles ont du les prodiges de leur opulence ! Ce n'est pas qu'on doive éveiller parmi nous l'esprit de conquête. La France ne veut pas les peuples pour sujets. Il est dans son génie, secondé par des pouvoirs qui l'adoptent, de sauver le monde, non de l'asservir. Où les les Anglais s'imposent, nous semons la pensée. Glorieusement inhabile à se fixer, la France est comme le Nil: ce qu'elle submerge elle le féconde, et elle passe. Raison de plus pour qu'elle veille sur sa force, puisque les peuples en marche vers la liberté souffriraient de notre affaiblissement, et que la civilisation serait entamée par nos revers.
De son véritable génie résulte aussi, pour la France, le devoir de se répandre. Par son tempérament plus eucore que par sa situation géographique, la France est une puissance des mers. A sa nature communicative, à ses passions cosmopolites, il faut des issues. Enchaînée à ses ports, refoulée dans ses villes, repliée sur elle, forcée de retenir dans son sein sa chaleur exubérante et l'inextinguible foyer de son dévouement, elle deviendrait terrible à ses voisins et à elle-même. Ce qu'on lui enlèverait en aventures héroiques,on le lui rendrait en soulèvements. Pour la sauver des agi talions intérieures, sa prospérité navale est nécessaire. Et ce n'est pas une des moindres preuves de l'incapacité politique de la bourgeoisie, qu'un tel aperçu lui ait échappe.
Mais que dire de l'aveuglement qui a fait rechercher l'alliance anglaise alors qu'on s'attachait à maintenir en France un ordre social fondée sur le principe de la concurrence illimitée? C'était vouloir deux choses absolument inconciliables. La concurrence poussant à une production indéfinie, sa logique conduit à 1 établissement d'un vaste système maritime et commercial, à la possession de l'Océan. L'Angleterre pouvait-elle consentir au partage de la mer? Elle eût été perdue. L'alliance anglaise nous condamne ionc à n'être qu'une nation continentale; et, pour peu que que nous y consentions, la concurrence va nous étouffer.
Voilà de quelles causes générales est sortie la situation prosente. Dure aux uns, incertaine pour les autres, elle est pleine à la fois d'illusions et de périls. A qui n'a pas su l'approfondir elle peut paraître rassurante ; et cependant la mort y germe sous le déshonneur. Ce sileuce est fatal, ce repos est sinistre. Notre calme est celui de l'epuiseinenl. Mais, ainsi qu'il arrive dans les empires qui penchent, nous en sommes venus à prendre pour des gages de durée, pour des promesses de bonheur, l'éuervement des âmes et l'abaissement des caractères. Dix ans de paix nous ont plus brisés que n'eut fait un demi-siècle de guerres ; et nous ne nous en apercevons seulement pas
Dieu nous garde, pourtant, de désespérer de notre pays ! Il est des sociétés raides en quelque sorte, inflexibles, et que volontiers l'on comparerait à ces lourds cavaliers du moyen- âge bardés de fer : difficilement on les atteignait au travers de leur épaisse armure, mais, une l'ois par terre, ils ne pouvaient plus se relever. Autre est la France, société douée, dans sa force, d'une souplesse merveilleuse et qui semble éternellement jeune. A quelles fatigues sans exemple et sans nom n'a-t-elle pas résisté? De 1789 à 1815, elle a eu des colères et enduré des souffrances et accompli des travaux à éreinter la nation la plus vigoureuse. Elle n'en est pas morte, néanmoins; et en f830, après quinze ans d'apparente langueur, il s'est trouvé qu'elle avait réparé son saug. Oui, la France est faite pour vivre plusieurs vies. Elle porte en elle de quoi étonner des hommes sous des aspects différents et imprévus. Jamais peuple eut-il, suivant l'expression de Montaigne parlant d'Alexandre, une beauté illustre par tant de visages ? La France n'a-t-elle pas suffi aux rôles les plus divers comme les plus éclatants ? N'a-t-elle pas été successivement la Révolution et l'Empire?
Pourquoi nous decouragerious-nous ? Le mal vient d'une erreur qu'il est si facile de réparer ! Gomment croire que la bourgeoisie s'obstinera dans son aveuglement ? Tutrice naturelle du peuple, est-il possible qu'elle persiste à se défier de lui comme d'un ennemi ? Ceux qui l'y excitent la trompent et se préparent à l'asservir ; à force de lui faire peur des hommes du peuple, on lui a ôté la conscience de ses véritables dangers. Ils sont moins à ses pieds que sur sa tète et autour d'elle. Qu'elle y songe !
Si la bourgeoisie est noblement inspirée, elle peut tout pour la régénération de ce pays. Captive dans ses monopoles, vouée aux passions mesquines auxquelles l'égoïsme de son priocipe la condamne, elle perdrait la France et se perdrait elle-même, n'ayant que la moindre partie des qualités que la grande politique exige. Il faut donc qu'au
lieu de se tenir séparée du peuple, elle s'unisse à lui d'une manière indissoluble en prenant l'initiative d'un système qui ferait passer l'industrie du régime di la concurrence à celui de l'association, qui généraliserait la possession des instruments de travail, qui instituerait le pouvoir banquier des pauvres, qui, en uu mot, abolirait l'esclavage du travail. En une telle entreprise il y aurait équité et sagesse, intelligence et charité. Retrempée dausle peuple et raffermie par son concours, la bourgeoisie tirerait de sa sécurité reconquise des ressources incalculables. Pacifiquement et à jamais victorieuse de l'esprit de sédition, elle ne craindrait pas, tournée vers l'Europe des rois, de rendre à la France la parole et le geste du commandement. Elle acquerrait, d'ailleurs, en devenant la nation, toutes les vertus qui lui manquent. Car, si elle a beaucoup, à donner au peuple, elle a beaucoup aussi à recevoir de lui. Elle lui peut donner l'instruction, la vraie liberté, et les trésors qui en découlent ; elle recevra de lui l'énergie, la puissance des mâles instincts, le goût de la grandeur, l'aptitude au dévoùment. Précieux échange qui sauverait, qui révélerait notre pays par 1 harmonieux emploi des volontés et des vertus de tous ses enfants !
Pour nous, nous n'avons cessé de nourrir et nous chérissons cette virile espérance. Elle nous a soutenu dans une œuvre si remplie de tristesse et si amère En traçant ie tableau de tant de malheurs, nous nous disions qu'ils n'étaient pas irréparables ; que pour y mettre un terme il fallait se résigner à la douleur d'en connaître les causes et l'étendue; qu'un jour viendrait où cesserait la longue folie de nos querelles intestines ; qu'à nos déchirements succéderait la fraternité, source de toute force durable et de toute justice ; que la France enfin reprendrait, dans l'intérêt de la civilisation et pour le salut des peuples opprimés, son influence sur les affaires du monde. Nous n'aurions pas écrit ce livre, s'il n'avait dû être que l'oraison funèbre de la Patrie.
TABLE DES MATIÈRES
Politique extérieure. — Question des forteresses belges; la France humiliée par l'Angleterre. — Résistance fo Guillaume au traité des 24 articles. — Politique de l'Angleterre, de la Russie, de la Prusse et de l'Autr
fondée de triche. — Échange des ratifications; ratifications sous réserves; indignation des Belges. — Etrange et honteuse complication d'intrigues. — La France s'armant pour faire prévaloir un traité dirigé contre elle. — Les ministres du 11 octobre en opposition avec le roi; mot de M. de Talleyrand. — L'armée française à la frontière; perfidie du Cabinet de Saint-James; mot du duc de Wellington. — Le maréchal Gérard fait un voyage à Paris; il offre sa démission; pourquoi; causes secrètes de son retour au quartier-général. — Convention du 22 octobre. — Les Français entrent eu Belgique. — Exclusion injurieuse dont la diplomatie frappe les Belges; motifs de cette exclusion, tous puisés dans la haine des Puissances contre nous. — Le Cabinet des Tuileries consent à l'exclusion des Belges et les menace: malheurs qui en résultent. — Siège et prise d'Anvers. — Admirable conduite de l'armée française; service important rendu à la France par le maréchal Gérard. — Résumé de l'histoire de la Conférence. . . " . . 580
La duchesse de Berri à Blaye. — Séance du 5 janvier. — Soupçons. — Duels. — Déclaration du 22 février. — M. Bugeaud remplace M. Chousserie à Blaye. — M. Deneux dans" la prison. — Persécutions: espionnage. — Le roi et M. Ménière. — Voyage secret de M. de Chou lot; il pénètre dans la prison. — Retour de M. de Choulot à Paris; son entrevue avec le roi. — Nuit du 9 mai. — Voyage de Marie-Caroline à Païenne. — Situation du parti légitimiste. — La cour de Prague. — Politique dé l'Autriche. — Entrevue de Charles X et de Marie-Caroline à Léoben 600
Corruption des mœurs. — La Tribune allaque la Chambre et est appelée à la barre de l'assemblée; plaidoiries, jugement. — La fête expiatoire du 21 janvier abolie. — Travaux législatifs : organisation départementale, instruction primaire, expropriation pour cause d'utilité publique. — Troubles dans Paris. — M. Rodde sur la place de la j Bourse. — Coalitions d'ouvriers. — Société des Droits de l'Homme; son manifeste; sensation produite parcelle ? publication. — Procès des 27. — Acquittement de MM. Charles Teste et Voyer-d'Argenson 629
Politique extérieure. — Question d'Orient. — Progrès alarmants de la Russie. — Situation de l'empire ottoman sous Mahmoud. — Situation de 1 Egypte sous Méhémet-Ali, — Impossibilité de maintenir, soit par le Sultan, soit par le Pacha, l'intégrité de l'empire ottoman. — Système qu'il aurait fallu suivre après 1F30, — Fautes du gouvernement français. — La Syrie conquise par Ibrahim. — Efforts de M. de Varennes pour écarter la Russie de Constantinople." — Arrivée à Constantinople de l'Amiral Roussin ; sa politique. — L'ambassadeur français à Constanlinople protège Mahmoud; le consul français à Alexandrie protège Méhémet-Ali. — Une escadre russe entre dans le Bosphore. — Sommation hautaine adressée à Méhémet-Ali par l'amiral Roussin. — Refus de Méhémet-Ali. — Note diplomatique. — Affaire de Smyrne. — Arrangement de Kutaya. — Ibrahim évacue l'Asie-Mineure. — Départ des Russes. — Traité d'Unkiar Shelessi, son véritable caractère. — Le droit de visite. — La politique française à l'égard du Portugal. — Lutte de don Miguel et de don Pedro. — Mort du roi d'Espagne. — Le gouvernement français reconnaît la reine d'Espagne ; pourquoi? ■ — Discussions dans le conseil : le maréchal Soult et le roi. — Effet produit en Espagne par la nouvelle des dispositions du cabinet des Tuileries. — Coup-d'œii général sur la politique extérieure du gouvernement français en 1833 606
Expédition de Savoie. — Association de la Jeune Italie; ses principes; son organisation; son but. — Mazzini et Ramorino. — Rapports de Mazzini avec les républicains français, sages appréhensions de Buonarotti; son portrait.
— Entrevue de Mazzini et de Ramorino à Genève; plan adopté. — Mouvement sur la Savoie; comment il échoue. , Influence de cet échec sur l'attitude du gouvernement français. — Une lutte terrible se prépare entre Le pouvoir cl
le parti républicain. — Poursuites contre M. Cabet. — Mort tragique de Dulong. — Loi contre les crieurs publics; scènes d'horreur. — Loi contre les associations; une grande bataille se prépare. — Affaire des 25 millions. — Démission du duc de Broglie. — Intrigues secrètes. — Remaniement ministériel. — Symptômes avant-coureurs d'une révolution • • (kSl
Aspect militaire de Lyon; progrès du parti républicain dans cette ville. — Banquet de six mille couverts prépar-i; la Glaneuse défendue par M. Dupont; voyage de M. Godefroi Cavaignac à Lyon: formation du Comité invisible; la Charbonnerie desorganisée; Société du Progrès; établissement de la Société lyonnaise des Droits de VMomme : son développement. — Le Mutucllisme; lutte des mutuellistes contre les fabricants; suspension des travaux: la ville de Lyon consternée. — Les fabricants et le pouvoir intéressés à offrir la bataille, les ouvriers et les républicains à l'ajourner. — Situation des mutuellistes à l'égard du parti républicain, -r- Le comité lyonnais sesenl entraîné.
— M. Albert part pour Paris avec une mission-secrète. — Débats violents dans l'intérieur de la Société lyonnaise des Droits de l'Homme] le comité résiste aux exagérés et l'emporte. — M. Albert à Pans; ses rapports avec MM. Cavaignac et Guinard, avec M. Garnier-Pagès," avec M. Cabet ; MM. Armand Carrel et Cavaignac sur le point de partir pour Lyon; offres de Lafayette malade; les républicains poussent les mutuellistes à la reprise des travaux. — Loi contre les associations connue à Lyon.— Protestation des ouvriers. —-Formation du Comité d'ensemble. — Tout se prépare pour une lutte terrible. — Journée du 7 avril. - Le pouvoir s'attend à une insurrection, il ne fait rien pour la prévenir. — Journée du 9 avril; occupation militaire de la villa; les sections réparées les unes des autres et cherchant en vain des armes. — Combats, incendies, assassinats. — l.a ville de Lyoa pleine de terreur et dévastée. — Physionomie de ces affreux événements; leur véritable caractère. — Massacres dans le faubourg de Vaise. — Suites violentes de la guerre civile. — Massacres dans la rue Transuonain à Pans-
— Les vaincus et les vainqueurs. — Préléminaires du monstrueux procès d'avril. — Conclusion "03
Situation de 1 ambassade française a Saint-Pétersbourg. - Dédain de l'empereur Nicolas pour I ouis-Philinne I .
maréchal Maison ; sa franchise mi itaire. - Comment il fait sa position' en Russie et oB Tle?bonneTPCTàc7a de 1 empereur. - L'ambassade française à Madrid. - Portrait de M. Martine/ de la Ros- I L Z', \t 7 R mudez; son système. -Pourquoi il se déclare contre Don Mj£ueL 0 rigîne et véri S ' du^alf tû
quadruple-alliance. - La négociation s'entame et se poursuit, en dehors de M. de T Z ,!I 23 infïrné
cm au dernier moment et par hasard. - Articles supplémentaires. - Erreur singer F 11 l Z\ ï™
Elections du mois de juin 1834 M. Gnizot. — D maréchal Soult et à son rempl Conseil sur la contre l'amnistî naison proposée Scènes étranges
Ordre d^irluôïvé* v™™m* reV" S0US ia P^^nce Uu maréchal Mortier. - Interpellations à la Chambre:"-
ES3ï^mbre0^aSra,'ChiaUe- ~ "** ^ ^ ' " S^S de ™IenC«i ~ *">™ ^'Armand Carrel devant la
Le ^lUMtèn dU " 0C,tOue sourc1emen,t miûé; intrigues de Cour. - Signification de la brochure Rœderer PoKtim.. de M. Duvergier de Hauranne et de ses amis; vices de cette politique. - Secrètes menées no»p lVMh'i;«a .qVe gouvernement personnel. - Embarras ministériels. - Le parti parlementaire poussa ? de KlJ*l, *™1nt dU rnSan°e^Mi- ^ierS- "^constitution du Cabinet du il octobre ^îaiS^'£iL^B^K%^ pointement de la Cour. - Le traité des V5 millions remis sur le tapis. - Message insoleu du mZ^^^ZlT - M. Serrurier est rappelé. - Dépêches ministérielles combattues par une missum secrèïe & S de du r II américain. - . Débats relatifs au tr - Il est voté par les deux Chambres Attitude du Congres
Pasquier Droit de libre défense v^TpSti™ du ba^u de ^^^Tï^^aî^è - Sympathies qu excitent les détenus. - Dissidence entre ceux de Paris et ceux de Lyon - Entrevue à Lfnte Pélagie des deux comités de défense; ses résultats. - Vifs débats entre la majorité des défenseur! et M T,?,
viïS+rtXf-A'1*" FaVre' M Chel (de B0UI'S'es) et Dup°nt- - 0uverture des débats devLt la Coi des pairs Protestations des accuses; scènes étranges. - Le jugement sur pièces proposé. - Lettre des défenseurs T~T Chambre engagée dans la lutte ; MM de Cormenin et Andry de Puyraveau incriminés. Por ra.t de M de~Cor meniu- Débats parlementaires. - M. Audry de Puyraveau livre à la Cour des pairs par la ChnmW o£ »• son attitude. - Division dans le camp des défenseurs ; MM. Dupont et Armand Ca^
son caractère; incidents; discours de MM. Trelat et Michel (de Bourses) condamnations - La fwE ?' IStopSErir^r^^1" rSéqnear de l'^iti-aire;Qarrèt de^li^ctnT'Sn de^pSoTn ™ t F»vri r8 i ~ G°Qtinuatlon du procès des accusés d'avril. - Révélations poignantes. - Plaidorie de M J„S Favre. - Condamnations des accuses des diverses catégories. — Le narti «m, hK™;„ e 'L Ju~1la
Tel frhf T d observation de la part de l'Espagne. - Politique extérieure de M. Thiers; en quoi elle diffère de ce le du roi. - Secrètes dissidences; lutte entre le roi et M. Thiers. - Le roi défini par M Thiers - ScentfrUmf Si dr?die deTM,- ?XUZ0[\ -^'Angleterre consultée au sujet de l'intervention. - Attitude dàVàSLa^SSSSl ¥AL~ L^dem,and,e ^ intervention est repoussée. - Complots à l'intérieur. - Bruits sinistres. -Atiu,
«~m°uu iui. — oecreies aissmences; Jutte entre le roi et M. Thiers. - Le roi défini par M. Thiers — Scën tii-Um»
Sfadrfd deTM,- P^0*;- L'Angleterre consultée au sujet de l'intervention. - Attitude de VjESL* j
28 ù L~ Wmranï d'nterven t.on est repoussée. - Complots à l'intérieur. - Bruits sinistres. !
nn, m 7i 8"x !'°ld de Lon'f-^d.ppe. - Arrestation de l'assassin ; machine infernale. - Impres
par attenta. - Physionomie du Château. -Indigne arrestation d'Armand Carrel. - Exploitation ut
par les ministres. - Funérailles. - Discours de l'archevêque de Paris au roi. - Lois de sep en bre "97
lnMëUZST%C°m'' T HmiïîJ.S-ère d'1 U °ctobre sourdement miné. - On excite l'ambition de M. Thiers - Mot de de sesLlle ues SU[pMr Th-ers. - Madame de Dino et madame de Lieven. - M. Thiers insensio en ent détaché T,ntlA- ° 1 l~ H Gabmet. divise, au moyen de M. Humann. - Honteuses menées. - Véritable motif «Via ZTllTVÏ relatl.ve-a la- réduction de la dette publique. - M. Thiers s'irrite courre M. Guizot. " k ,, ! ! mis nn r..fiPai'ei*1aJfmalS * UD de l'autre. - Propos blessants tenus par les amis de M. de Brogl e - M T e," résoluHnn ' SerdeClde- f. rompre ouvertement avec ses collègues et forme un —veau Cabinet, - Gravite d ce te résolution. - Le ministère du 11 octobre dissous, le gouvernement personnel est fonde. - Conclusion . 808
Procès de Fieschi. - Morey. - Pépin. - Nina Lassave. - Triple exécution 815
Ré nation de fvJîSl^6 *? T?*?-' C°nt,l'e la révolution de juillet. - Causes générales de cette réaction. - Occu- 5eî tr\uU Â v ^ Aut"cblens> le,s P™ssiens etles Russes; caractère politique de cette mesure - Violation des tiaites de Vienne par les trois grandes Puissances continentales; silence de la France et de rAn-letèrv eSrl0niTiESfa"T STandêe au PabiÊet (k's Tuileries *« oéfili de Saint-James - Le roî et J f ' ' i , Vi~ trmmnlTde In .in ÎGS *$ ' ^V^ V'p1^ ' ^andede lord l'almerston repoussée; l'alliance anglaisé compromise- TîirlTf »f ? v dlPlomartle continentale ; première phase du ministère du 20 février. - Voya •« au duc d Orle f à' cïprmclet^^Lo;^ "T.^ ?T?*?? d'Autriche refusée au duc d'Orléans. J Enttïe fortin te tnlre
AUeM^dd'A^a7dCa3»TerAn^ S°U CaraCtètÔi S°n «".tude devant les juges ; son exécution.^-
Le gouvernement français s'allie à la politique du continent, réfugies accueillis par la Suisse.
1024 TABLE DES MATIÈRES
tapis. — Résistance du roi. — Situation de l'Espagne sous le ministère de M. Mendizabal. — Système de ce ministre; il est sourdement combattu par M. de Rayneval ; sa chute; avènement de M. Isturjtz. — M. Thiers est appuyé dans la question d'intervention par le duc d'Orléans. — Portrait du duc d'Orléans. — Événements de la Granja. — Secrètes démarches tentées auprès de M. Guizot; on parvient à le détacher de M. de Broglie. — M. de Talleyrand est employé contre le système de l'alliance anglaise. — M. Thiers est abandonné par M. de Montalivet. — Le ministère du 22 février dissous ' 844
Avènement du ministère Mole, au 6 septembre. — Continuation de l'affaire Suisse. — Adoption par la Diète du rapport sur l'espion Conseil. — M. Mole trompé. — Note du 21 septembre 1836 adressée à la Suisse. — Indignation du peuple eu Suisse; préparatifs; souscription; adresse au peuple français. — Indécision et frayeur du gouvernement de Berne; procès du Nouvelliste vaùdois. — Réponse de la Diète à la note du 27 septembre. — Langage de la Gazette d'Augsbourg. — La république de Saint-Marin et Louis-Philippe. — Conclusion à tirer de la querelle du gouvernement français avec la Suisse. — Projets de Louis Bonaparte. — Caractère de ce prince. — Préparatifs de complot. — Insurrection militaire à Strasbourg; comment elle échoue. — Louis Bonaparte fait prisonnier et conduit à Paris. — Le brigadier Bruyant à Vendôme. — Lettre de Louis Bonaparte au roi. — Louis Bonaparte exilé en Amérique. — Mort de Charles X 861
Coup-d'œil général sur les affaires d'Afrique. — Mission historique de la France à Alger. — Système du maréchal Clauzel. — Le général Berthezène. — Le duc de Rovigo. — Abd-el-Kader. — Système pacifique du général D"smichels ; traité du 26 février 1834 ; ses conséquences. — Le comte Drouet d'Erlon remplace le lieutenant-général Voirol. — Incertitudes du gouvernement. — Affaire de la Macta. — Le maréchal Clauzel est envoyé de nouveau eu Afrique. — Expédition de Mascara et de Tlemsen. — Influence du séjour de l'Afrique sur les Français. — Camp de la Tafna. — Victoire de la Sickak. — Le maréchal Clauzel à Paris. — Opinion du parti doctrinaire sur Alger ; opinion du roi ; vues de M. Thiers. — Première expédition de Constantine 876
Elargissement des prisonniers de Hara. — Attentat. — Débats sur l'Espagne. — Procès de Strasbourg. — Lutte sourde entre M. Mole et M. Guizot. — Projet d'ostracisme. — Loi de disjonction rejetée. — Tableau des souffrances publiques. — Présentation de la loi d'apanage. — Pamphlet de M. de Cormenin. — Continuation de la lutte secrète engagée au sein du Conseil. — Origine, physionomie et influence du tiers-parti. — Dislocation du Cabinet du 6 septembre. — Efforts pour constituer un ministère de tiers-parti ; comment ils échouent. — M. Guizot vaincu : Cabinet du 15 avril 893
Annonce du mariage du duc d'Orléans. — Discussion sur les Affaires d'Afrique. — Dotation du duc d'Orléans. — Débats parlementaires. — Le cabinet du 15 avril est sauvé par M. Thiers. — Amnistie. — Arrivée de la princesse Hélène : son entrée dans Pa.is. — Ouverture du Musée de Versailles. — Fêtes dans Versailles .... 909
Affaires d'Afrique. — Anarchie dans l'administration de la colonie.— Entrevue du général Bugeaud et d' Abd-el-Kader.
— Traité de la Tafna. — Prise de Constantine 920
Nouvelle attitude prise par le parti démocratique. — Portrait de M. Arago. — Formation du Comité central; sa physionomie ; résultats de son influence. — Elections. — Origine de la Coalition. — Fausse tactique de M. Guizot. — Première défaite de la Coalition. — Derniers moments de M. de Talleyrand ... 929
Travaux législatifs dans l'année 1838; lois sur l'organisation départementale, sur l'état-major, sur les justices de paix, sur les aliénés. — Finances : question de la conversion des rentes. — Exposé des doctrines financières de M. Jacques Laffitte : théorie de la dette perpétuelle. — Nécessité d'abolir l'amortissement. — Etat moral de la société. — Agiotage. — Question des chemins de fer. — Le principe d'autorité défendu par le parti démocratique, abandonné par l'Etat. — Rapport de M. Arago. — Comment la question est résolue 941
Procès Hubert. — Couronnement de la reine d'Angleterre ; le maréchal Soult à Londres. — Condamnation du lieutenant Laity. — Louis Bonaparte forcé de quitter la Suisse. — Naissance du comte de Paris. — Evacuation d'Ancône.
— La Coalition se ranime. — Fermentation générale des esprits. — Réveil du lanatisme religieux; troubles à Reims ; mort du comte de Montlosier. — Procès de M. Gisquet contre le Messager. — Ouverture de la session de 1839. — Dernier combat de la Coalition contre le minislère. — Attaques du parti légitimiste. — M. de Genoude ; son portrait. — Traite des 24 articles imposé à la Belgique; abandon du Limbouig et du Luxembourg. — Chute du Cabinet du 15 avril ; jugement sur le ministère Mole 955
Premiers débats entre les chefs de la coalition : M. Guizot demande le ministère de l'intérieur; on le lui refuse. — Cabinet du Centre Gauche essayé; comment la combinaison avorte. — Scène devant le roi. — Piège tendu à M. Thiers. — Ambassade offerte à M. Thiers pour l'éloigner. — Nomination d'un ministère provisoire. — M. Passy président de la Chambre.— Nouvelles combinaisons vainement essayées. — Effroi de la bourgeoisie; fermentation générale. — Insurrection du 12 mai. — Formation d'un nouveau ministère. — Barbes, Martin Bernard; leur procès; leur attitude devant les juges; leur condamnation; physionomie de la capitale. . 976
Question d'Orient : Mahmoud et Méhémet-Ali an présence. — Situation respective des cinq grandes Puissances relativement à Constantinople et à Alezan Irie. — Préparatifs de guerre e î Syrie — Passage de l'Euphrate. — Apparente modération du vice-roi. — Commencement de la campagne diplomatique. — Fautes commises par les ministres du 12 mai. — Bataille de Néàb. — Ibrahim arrèJé par la France au pied du Taurus — Mort du sultan Mahmoud. — Jugement sur son règne. — Débats parlementaires sur la question d'Orient. — LeCabiuet français invite tous les Cabinets à garantir ea commun l'intégrité de l'empire ottoman. — Concert européen. — Manœuvres diplomatiques de l'Angleterre. — Imprudences réitérées du gouvernement français. — Défection de la flolte ottomane. — Note du 27 juillet counant court à un arrangement direct eutre la Porte et Méhémet-Ali. — La note du 27 juillet désapprouvée par la Russie. — Maladie de M. de Metternich, — Efforts de lord Palmerston contre le vice-roi; mesures coërcitives proposées. — L'Angleterre et la Russie se rapprochent. — M. de Brunnow à Londres. — Le ministère français se déclare pour le vice-roi. — Li^ue contre la France. — M. Sébastiani représentant d'une politique occulte. — Discours de M. Thiers sur l'alliance anglaise. — Dotation du duc de Nemours rejetée. — Chute du ministère du 12 mai 992
Conclusion. — Documents historiques.
DOCUMENTS HISTORIQUES