‹ Histoire de dix ans: 1830-40, Volume 4Chapitre 127 sur 140 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

jamais ; partout,, si ce n'est sur le trône, la transmission du pouvoir politique a été condamnée, et la supériorité des droits du mérite sur ceux de la naissance est devenue le principe constitutif de la classe dominante. Donc, en France, la royauté est une exception au lieu d'être un symbole; elle représente ce qu'on a cru devoir détruire, au lieu d'exprimer ce qui existe -, elle personnifle Tidée du repos, en présence d'une bourgeoisie qui n'a pris possession de la puissance qu'à force d'activité ; elle s'élève immobile sur un piédestal autour duquel s'agite en frémissant la société la plus mobile de l'Europe. Il faut, par conséquent, dans notre pays, que la royauté soit tout, souèr peine de périr; il faut qu'elle anéantisse le principe électif, arme de la bourgeoisie, ou qu'elle tombe écrasée sous les ruines de l'hérédité abattue. La Cour l'avait bien compris. De là son ardeur à mettre le trône hors de page; de là les ténébreuses menées dont on vient de lire le récit. Mais ce n'était pas assez de semer la division entre les chefs de la majorité, et de livrer la majorité elle-même en proie à des rivalités dévorantes : on ne pouvait espérer de la soumettre qu'en la corrompant, qu'en la rendant semblable à un maître que son premier esclave enivrerait et endormirait, pour commander à sa place. Voilà le triste tableau que nous aurons à dérouler. Tableau bien triste, en effet! car, de la Chambre, la corruption devait tomber goutte à goutte sur toutes les parties de la société, en pénétrer les profondeurs, et la réduire à un état de dégradation qui n'a d'exemple que dans l'histoire du Bas-Empire.

FIN or TOME QUATRIÈME.

DOGUMlVrS HISTORIQUES.

-CONSULTATION SDR LA SANTÉ DE M"* LA DDCHESSE DE BERRI. — RAPPORT SUR LA SALUBRITÉ DE LA CITADELLE DE BIAYE. — RAPPORT SUR LA SANTK DE M** LA DUCHESSE DE BERRI. — PROCÈS-VERBAL DE L'aCCOUCHEMENT DE LA DUCHESSE DE BERRI. — TRAITÉ D*UNKIAR-SKÉLESS1. — TRAITÉ CONCER- NANT LE DROIT DE VISITE. — RÈGLEMENT DU MUTUELLISME. TRAITÉ DE LA QUADRUPLE-ALUANCE. — ARRÊT DE MISE EN ACCI SATION DES ACCUSÉS d'avril. — LISTE DES PAIRS QUI ONT VOTÉ LA MISE EN ACCUSATION. — LISTE DES DÉFENSEURS CHOISIS PAR LES ACCUSÉS d'AVRIL. — USTE DES PAIRS QUI RÉPONDENT A l'aPPEL ; US1E DES PAIRS QUI NE RÉPONDENT PAS. — LISTE DES ACCUSÉS. — LETTRE DES DÉFENSEURS AUX ACCUSÉS d'avril. — ARRÊT DU 15 JUILLET 1835.

COISULTATIOI

Sur l'état de la tanté de madame la dneheise de fterri.

Madame la dacbesse de Berri est née de pareots phtbisiqiiea ; non père •était en outre sujet à la goutte. Sou tempérament est éminemment nerveux, et les maladies qu'elle a antérieurement éprouvées démontrent ^'cl)e est disposée aux aiSectioBs inflammatoires ; ainsi, à plusieurs remises, elle a été atteinte de catarrhes pulmonaires, dont ^Iques-ons asseï graves pour avoir inspiré aux médecins qui la soignaient des craintes asses sérieuses. Plusieurs fais aussi elle a ressenti des donlenrs articulaires avec gonfleoMnt, présentant tantôt le caractère ihumatismal, tantôt les ^N^&reoees de la goutte.

mSTOlRE DE DIX ANS.

Depuis son séjour à Blaye, H. le docteur Gintrac a été appelé quatre fois. Le 11 décembre 1832, il observa les symptômes suiTauts : douleurs rhumatismales aux épaules ; petite toux sèche portant un caractère nerveux; suppression des règles qui datait de deux mois, et qui^ d'après le rapport de la princesse, avaient été suppléées par un flux hémorrhoidal ; du reste, il n'y avait point de fièvre, et les organes digestifs étaient en assez bon état.

Le 18 du même mois, à sa seconde visite, le docteur Gintrac, appelé à l'occasion d'une forte douleur de tète, avec pesanteur et étourdissement, remarqua une diminution notable des douleurs rhumatismales et de la toux dont nous venons de parler.

La troisième visite du docteur Gintrac eut lieu 1c 9 janvier 1833. Alors de nouvelles douleurs s'étaient manifestées aux articulations des hanches, et un nouveau flux hémorrhoidal avait en quelque sorte remplacé les règles, qui n'avaient point paru. Un examen attentif de l'abdomen, dans la position assise, il est vrai, fit reconnaître qu'il était assez volumineux, et que l'augmentation de ce volume dépendait surtout du gonflement delà rate.

Des suffocations s'étant manifestées dans la nuit du 16 au 17 de ce mois, M. le docteur Gintrac se rendit auprès de madame la duchesse de Berri, et crut pouvoir attribuer cette indisposition à l'ingestion d'un aliment excitant et indigeste. Déjà le calme avait reparu, et même les douleurs articulaires, dont elle se plaignait, avaient cessé. Du reste, point de changements, quant à la suppression des règles.

Depuis cette époque jusqu'à ce jour, la santé de madame la duchesse de Ben 1 a été assez bonne ; toutefois, avant-hier, dans sa promenade sur les remparts, elle éprouva, par suite de l'impression d'un air vif et froid, un accès de toux sèche et intense qui l'obligea de chercher un abri, et qui bientôt s'apaisa.

Aujourd'hui 25 janvier, vers 9 heures, nous nous sommes rendus auprès de S. A.R. Nous l'avons trouvée levée : elle Tétait depuis une heure. Elle a paru à celui d'entre nous qui avait eu l'honneur de lui donner dcs^oins les années précédentes, un peu amaigrie ; sa coloration s'éloignait peu de l'état ordinaire ; une toux sèche assez fréquente se faisait entendre; une légère oppression existait ; les mouvements de la respiration, observés avec soin,, ne paraissaient point aussi faciles que dans l'état normal ; l'oreille appliquée sur le thorax, faisait reconnaître que l'air ne pénétrait qu'imparfaitement dans les poumons, les inspirations même profondes n'opéraient qu'une dilatation incomplète de la poitrine ; le pouls manifestement accéléré par l'émotion qu'éprouvait S. A. R., donnait environ quatre-vingthuit à quatre-vingt-neuf battements par minute : Il était d'ailleurs naturel sous le rapport de la plénitude et de la régularité ; une douleur assez (ottt

DOCOHENTS HISTORIQCES.

oxistAit dans la partie moyenne du thorax, suivant la direction derœsopliage et se terminant h Tépigastre.

Les fonctions digestives s'accomplissent avec facilité; la langue est légèrement saburrhale^ et les gencives, qui avaient jadis été malades, sont eir assez bon état.

L'abdomen a paru un peu développé relativement à son état ordinaire. Il ne nous a pas été permis de l'explorer. Madame ne se plaint plus de larégion hypocondriaque gauche, qui, quelques jours auparavant, était douloureuse.

I/urine, qui parfois avait été chargée d'acide urique, est maintenant presque naturelle.

Au rapport de la princesse, les règles ont paru il y a cinq jours, et ont coulé jusqu'à hier. Cette apparition se serait manifestée à l'époque mensuelle où ce flux avait ordinairement lieu.

Des faits qui précèdent il suit :

Que madame la duchesse de Berri a éprouvé quelques-uns des maux auxquels elle avait été sujette antérieurement ;

Que cet état s'était compliqué d'une suppression des règles, laquelle, il est vrai, n'avait point produit d'accidents graves, probablement à cause de la déviation qui s'était effectuée vers les vaisseaux hémorrhoïdaux ;

Enfin, qu'il existe dans les organes respiratoires une susceptibilité naturelle, peut-être héréditaire, bien propre à éveiller toute lu sollicitude des hommes de l'art chargés de diriger la santé de S. A. R.

Le traitement, dans l'état actuel, doit se borner à l'emploi des moyens suivants :

1* Madame usera de bains et de demi-bains à une douce température, rendus émolliens par l'addition de décoctions de plantes mucilagineuses,. pris dans la chambre à coucher, et suivis immédiatement du séjour au lit pendant une demi-heure ou une heure ;

2* Des boissons tempérantes, gommées, émulsionnées, seront employées toutes les fois que la toux l'exigera ; le looch blanc conviendra lorsque, la nuit, ce symptôme sera plus intense ;

3® Le lait de chèvre, déjà plusieurs fois mis en usage avec un succès^ constant, est particulièrement recommandé ;

4* Si quelque état de spasme l'exigeait, des infusions de tilleul, de coquelicot ou de stéchas, seraient indiquées ;

5* Les eaux de seltz trouveraient un emploi convenable si les fonctionsdigestives languissaient;

6* Le régime sera en général doux, composé de potages avec des fécules, tels que le tapioka, le salep, le sagou, l'averwroot; de poissons blancs, de vo—

lailles bouillif 8 ou ràUes, de mouton grUlé, de fruiUcoiU» etcLueeau iégèrement gommée et mêlée d'un peu de vin lé|er« aenrira deboiMonaii rqpas ;

7* Il est extrêmement utile d'entcetentaTt à la surface dn corjpB* «C priBcipalement ¥ers la poitrine et les membres inférieurs» un« douée dialeur. Des vêtements immédiats de laine rempliront cette importante kntoitiofi* Et, en général, toutes les précautions propres à prérenir le refroiâisaement des pieds doivent être prises avec seia ;

8* Enfin, il est d'une grande importance d'éviter l'iBipressioii d'un air froid» sur toute l'habitude du corps. Ainsi, les promenades doivent ise foire dans le milieu de la journée, lorsque le temps est beau» et de piéférence dans les lieux abrités. Cette recommandation est surtout utile, à came de la situation élevée de la citadelle, de son voisinage è'un grand fleuve fréquemment couvert de brouillards épais, et de so& exposition à des vealt plus ou moins violents.

Blaye, ce 25 Janvier 1833.

OrFIJLA, P, AUVITT, GiMTBAC, BaRTHEZ.

Fi*» «.

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