‹ Histoire de dix ans: 1830-40, Volume 4Chapitre 129 sur 140 · RAPPORT SUR U SAITÉ DE U DUCHESSE DE BERRI · texte numérisé non relu

RAPPORT SUR U SAITÉ DE U DUCHESSE DE BERRI

Les soussignés, après avoir pris les renseignements relatifs aux circonstances commémoratives de la santé de madame la duchesse de Berri, et soumis à un examen attentif l'état actuel de S. A. R., résument de la manière suivante les résultats de leurs observations :

L'état des organes respiratoires offre des indices d'une lésion grave. La toux est fréquente, presque continuelle; elle a augmenté depuis quelque temps ; elle est saccadée, sèche, accompagnée d'une douleur avec chaleur dans le centre delà poitrine depuis le larynx jusqu'à l'épigastre. Il y a gêne de la respinttion. A l'aide de l'auscultation, ^n distingue à la partie postérieure et gauche du thorax, un ràle muqueux. Le pouls est fréquent, la peau présente le soir un peu de chaleur, et se couvre, pendant la nuXU d'une sueur légère. De ces phénomènes, il suit que les poumons sont le

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siège d'une irritation vive et prorunde» ayant déjà produit probablement des tubercules à Tétat de crudité susceptibles de prendre un accraisseraent plus ou moins rapide.

Les fonctions digestives sont dans un état assez satisTaisant. Cependant ii y à peu d'appétit, Mes borborysmes, de la constipation.

La région de la rate est sensible à la pression et on remarque un léger accroissement du volume de ce viscère.

Relativement aux organes génitaux, voici ce que Ton observe ; une tumeur arrondie, globuleuse, existe dans l'hypogastre et s'élève jusqu'à Tombilie; elle est molle et offre de Télusticité. Au rapport de madame la duchesse de Berri, cette tumeur a été le siège de mouvements obscurs depuis le mois de janvier. L'oreille appliquée sur cette partie ne distingue point de battements dépendants de l'existence d'un fœtus. Le toucher fait reconnaître que le col de l'utérus est un peu élevé, incliné en arrière, ramolli, entreouvert ; le doigt rencontre à la partie antérieure du sommet du vagin, une tumeur large, molle, fluctueuse, et en exerçant une pression de bas en haut, tandis que la main gauche déprime la région hypogastrique, on distingue un ballottement assez évident. La suppression des règles date du 31 septembre dernier ; d'après la déclaration verbale de madame la duchesse de Berri, l'état de grossesse présumée daterait de la fin du mois d'août. Cette déclaration et les phénomènes cii-dessus énoncés donnent des probabilités de Texistence d'une gestation, mais ne peuvent constituer à cet égard une certitude. Il est en outre à remarquer que les mamelles ne sont que pen développées.

Il résulte des faits précédents, que l'état des poumons mérite une sérieuse attention ; et dans la circonstance présente leur disposition morbide réclame des précautions plus grandes que dans les cas ordinaires. En supposant, en effet, l'existence d'une grossesse, il serait à craindre, comme le prouve l'expérience, qu'après l'accouchement, les symptômes de l'affection pulmonaire ne prissent un développement rapide et funeste.

Afin de prévenir, en attendant cette époque, un accroissement fâcheux de la maladie, on usera des moyens suivants :

1® Un excitoire sera établi à Tun des bras.

2® On continuera l'emploi du lait de chèvre.

3® Une décoction légère de lichen d'Islande sera donnée par tasses et édulcoréeavec le sirop de mou de veau.

4® Un régime adoucissant et léger sera toujours suivi.

à® Il importera de procurer à madame la duchesse de Berri |a faculté de se rapprocher le plus tôt possible de son pays natal, dont la température parait devoir être plus favorable au rétablissement de sa santé; et si cette

MISTOIU n MX Am.

déeiflton salutaire était prise, Userait à «lésirer qu'elle fût exécutée ayant le terme de la grossesse présumée, dans la erainte qu'après raccouchement,. les symptômes de ralTection pulmonaire ne Absent des progrès trop rapides pour permettre un voyage quelconque. Ce conseil doit avoir d'autant plus de poids que l'état moral de madame la duchesse de BerA ne peut aujourd'hui que reoeroir des impressions de plus en plus funestes par l'effet d'une détention prolongée.

A la citadelle de Bfaiye, le l*' mars 1833.

P. Menièrb, J. Pourgu, Grateloup, E. Gintrac, Gaichrac.

PROCÊS-VERBAL DE L'ACCOUCHEiENT DE LA DUCHESSE DE BERRK

L'an mil huit cent trente-trois, le dix mai, à trois heures et demie du matin,

Noos soussignés, Tbomas-Bobert Bugeaud, memhre de la Chambre des députés, maréebal-de-camp, commandant supérieur de Blaye ; Antoine Dubois, professeur honoraire à la Faculté de médecine de Paris : Charles-François Marchand-Dubreuil, sous-préfet de rarrondissement de Blaye ;

Baniel-Théotime Pastoureau, président du tribunal de première instance de Blaye ;

Pierre Nadaud, procureur du roi près le même tribunal ; Guillaume Bellon, président du tribunal de commerce, adjoint au maire de Blaye ;

Charles Bordes, commandant de la garde nationale de Blaye ; Elle Descrambes, curé de Blaye ; Pierre-Camille Delord, commandant de la place de Blaye ; Claude-Olivier Dufresne, commissaire civil du gouvernement à hi citadelle ;

Témoins appelés à la requête de M. le général Bugeaud, à l'effet d'as^ster à l'accouchement de S. A. R. Marie- Caroline, princesse des Deux-Siciies> duchesse de Berri;

( MM. Merlet, maire de Blaye, et Begnier, juge de paix, témoins également désignés, se trouvant momentanément à la campagne, n'eot pu être prévenus à temps.)

MCOHBIITS HISTOMQVES.

Nom DMift sonraes tniispc^tés dans la cHadelle de Blaye, et dans lu maison habitée par S. A. R.; mm aiwnaété introdaits dans un salon qui précède une cbamlNPe dana laqueUe la princesse se trmiTait couchée.

M. le doctenr Bubaia, M. le général Bugeand et M. Delord, commandant de la place, étaient dans le salon dès les premières doutenrs ; ils ont déclare aux autres léœoim que madame la duchesse de Berri venait d'accoucher à trois heures vingt minutes, après de très-courtes douleurs ; qu'ils ravalent vue accouchant, et recevant les soins de MM. les docteurs Deneux et Menière; M. Dut>oift étant resté dans l'appartement jusqu'après la sortie de renftiBt.

M. le général Bugeaud est entré demander à madame la duchesse si elle voulait recevoir les témoins ; elle a répondu : c Oui, aussitôt qu'on aura nettoyé et hahUlé l'enfont. >

Quelques instants après, madame dUantefort s'est présentée dans le «ikm, en invitant, de la part de la duchesse, les témoins à entrer, et nous «ommes immédiatement entrés.

Nova avons trouvé la duchesse de Berri couchée dans son lit, ayànt un enftiBt nouveau-né à sa gauche ; aux pieds de son lit étaient assises madame dHaetefort, madame Hansler ; MM. Deneux et Menière étaient debout à la téte du lit.

M. le président Pastonreau s'est approché de la princesse, et lui a adressé à haute voix les questions suivantes :

c Est-ce à madame la duchesse de Berri que j'ai l'honneur de parler ?

€ Vous êtes bien madame la dnehesse de Berri ? c Oui, Monsieur.

c L'enfont nenveau-né qui est auprès de vous est-il le vètreP « Oui, Monsieur, cet enfant est de mol.

< De quel sexe est-il?

< Il est du sexe féminin. J'ai d*aHleurs chargé M. Deneux d'en faire la déclaration. »

^EX à l'instant Louis-Charles Deneux, docteur en médecine, ex-profieaseur ée clinique d'aceoudiement de la Faculté de Paris, membre titulaire de l'Académie royale de médecine, a fait la déclaration suivante :

c Je viens d'acooueher madame la duchesse de Berri, Ici présente, éponse c en légitime mariage du comte Hector Lucchesi-Palli, des princes de c Gamp»-Franco, gentillionuiie de 1» (tenbre du^reides Deux-Siciles, « domicilié à Païenne. »

M. le comte de Brissac et madame la comtesse d'Hautefort, interpellés par noua s'ils sig»erricpt la retaUoB ée ce ^t ils ont été témoins, ont

c Ont.

répondu qu'ils étaient venus iei pour donner leurs soins àladndiesse de fierri comme amis, mais non pour signer on acte quelconque.

De tout quoi nous avons dressé le présent prooès-verbal en triple expédition, dont Tune a été déposée en notre présence aux archives de la citadelle ; les deux autres ont été remises à M. le général Bogeaud, gonvemeor, que nous avons chargé de les adresser au gouvememoit, et avons signé après lecture faite, les jour, mois et an que dessus.

Signé : Deiieux ; A. Dubois ; P. Merièbe, 2>. M. P. ; Bogeaud ; Descrahbes, curé de Blaye; MAacHAKD-DcBRCvu. ; Belloh : Pastocbeau ; Nadal'd ; Bordes ; Delord ; 0. Dufresre.

Extrait des registres des actes de naissance de la ville de Blaye, département de la Gironde.

Aujourd'hui dix mai mil huit cent trente-trois, à midi, nous André- Victor Merlet, maire de la ville de Blaye, oflUcier de Tétat dvil, nous sommes présenté, sur la demande de M. le général Bugeaud, avons été introduit dans la chambre à coucher de S. A.R. Marie-Caroline^ princesse des Denx^ Siciies, duchesse de Berri, dans laquelle se trouvait M. Louis-Charles Deneux, docteur en médecine, etc., accoucheur ordinaire de madame la duchesse de Berri, âgé de soixante-cinq ans, domicilié à Paris, rue Saint- Guillaume, n" 36, dixième arrondissement, de présent à la citadelle de Blaye ;

Lequel]nou8 a présenté un enfant nouveau-né, que nous avons reconnu être du sexe féminin, et nous a déclaré en -présence de madame la duchesse de Berri, et auprès de son lit, « que son Altesse royale Marie-Caroline, « duchesse de Berri, épouse en légitime mariage du comte Hector Lucchesi- « Palli, des princes deCampo-Franco,genUlbonmie de la chambre du roi « des Deux-SicileSr domicilié à Palerme, ledit comte absent, est accouchée « cejourd'hui à trois heures vingt minutes di| matin, dndit enfiint, auquel € ont été donnés les prénoms de Anne-Marie-Rosalie. »

Après cette déclaration faite à haute voix, madame la duchesse de Berri Ta confirmée en nous attestant qu'elle contenait la vérité, et qu'elle voulaH en e£fet donner à son enfant les prénoms d'Anne- Marie^RosMe,

Laquelle déclaration, présentation et vérification ont eu lieu en présence de messieurs :

1® Antoine Dubois, professeur honoraire à la Facultt; de médecine de Pari8, âgé de soixante-dix-sept ans, demeurant à Paris, rue Monsieur^le^ Prince, n» 12 ;

2® Prospère Menière, docteur en médecine, pnrfeeseur agrégé à la FMolté

DOCOMBNTS HISTORIQOES.

de médecine de Paris, chirurgien du quatrième dispensaire de la Société philanthropique et des bureaux de bienfaisance du 1 1* arrondissement, âgé de trente-quatre ans, demeurant à Paris, rue Pavée-Saint-André-des- Arcs, n» 42 ;

Lesquels sus nommés ont été présents à l'accouchement ;

3* Thomas- Robert Bugeaud, ci-dessus qualifié;

4* Charles-François Màrchand-Dubreuil, id,

â<* Daniel-Théotime Pastoureau, id.

6* Pierre Nadaud, id.

7* Guillaume Bellon, id.

8* Charles Bordes, ùf.

9* Pierre-Camille Delord, id.

10* Claude Olivier-Dufresne, id.

11* Jean-Baptiste Régnier, id.

Et 12* Achille de Saint-Arnaud, officier d'ordonnance du général Bugeaud, âgé de trente-quatre ans, demeurant ordinairement à Paris.

Lesquels témoins et déclarants ont signé avec nous le présent acte, après lecture faite.

Signé au registre : Demeux ; A. Donois; P. Menière, D. 3/. P.; Bdgeadd, niaréchal'de-camp ; Marchand-Dobbeuil, saus^préfet; Pastoureau; Nadaud; Bellom ; Bordes; Delord; Régnier; 0. Dupresne ; A. de Saint-Arnaud, et Merlet, maire.

Délivré conforme au registre par nous, maire de la ville de Blaye. — Blaye,lelOmail833.

Vu par nous, Daniel-Théotime Pastoureau, président du tribunal de première instance de Tarrondissement de Blaye, pour la légalisation de la signature ci-dessus apposée de M. Merlet, maire de la ville de Blaye.

Russies, et S. H. le très-haut et très-puissant emperereur des Ottomans, également animés du sincère désir de maintenir le système de paix et d'harmonie heureusement établi entre les deux Empereurs, ont résolu d'étendre et de fortifier la parfaite amitié et la confiance qui régnent entre elles par la conclusion d'un traité d'alliance défensive.

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