‹ Histoire de dix ans: 1830-40, Volume 4Chapitre 139 sur 140 · LISTE DES ACCUSÉS · texte numérisé non relu

LISTE DES ACCUSÉS

( Voir au n** 10, t arrêt de mise en accusation.)

Voulant nous montrer dignes de la confiance que tous n'ayez cessé de nous témoigner depuis le jour où vous nous appelâtes à l'honneur de prendre place à tos côtés sur les bancs de la Gour des pairs, nous nous empressons de répondre à la lettre que tous nous aTCz écrite dans la journée d'hier.

Nom ooneeTons très-bien que dans l'état d'abandon et d'isolement où vous jettent nos ennemis communs, au moment ou ils déploient l'appareil de la force et de la terreur, tous tous adressiez à nous, non pour puiser

lEHRE DES DÉFEISEURS AUX ACCUSÉS D'AVRIL

Citoyens,

DOGOME.NTS HISTORIQUES.

dans nos consciences une force qui ne vous a jamais manqué, mais pour savoir de nous, qui sommes vos frères, si votre conduite est digne en tons points du parti républicain dont vous êtes les appuis les plus généreux et les défenseurs les plus intrépid«8. Or, c'est pour nous un devoir de conscience, et nous le remplissons avec une orgueilleuse satisfaction, de déclarer à la face du monde que jusqu'à ce moment vous vous êtes montrés dignes de la cause sainte à laquelle vous avez dévoué votre liberté et votre vie, et que vous avez répondu noblement à l'attente de tous les homme» libres. On vous avait empêchés de communiquer entre vous et avec vofr conseils, et, sous la seule inspiration de vos consciences, vous avez agi et parlé comme un seul homme; on vous a refusé les défenseurs, et vous avez refusé les juges ; on a éloigné de vous vos femmes, vos enfants, vos amis, et votre énergie a grandi dans la solitude ; on a posé des baïonnettes sur vos poitrines, et vos poitrines se sont raidies sous la pointe des baïonnettes; on a voulu mutiler la défense, et vous n'avez pas voulu être défendus; on a essayé d'une voix honteuse de vous accuser à la face du pays^ et vous, d'une voix haute et Ûère, vous avez accusé vos accusateurs ; on vous a arrachés parla violence de la présence de vos juges, et vous avez en partant fait trembler vos juges sur leurs sièges par la màle énergie de votre langage ; en un mot, dans cette circonstance comme toujours, vous vous êtes oubliés entièrement vous-mêmes pour ne vous souvenir que des principes d'éternelle justice que vous êtes appelés à faire triompher. Honneur à vous !

Quant à nous, jaloux aussi d'accomplir notre devoir, et voulant vous continuer jusqu'au dénoûment la loyale assistance de notre zèle, de notre expérience et de nos profondes sympathie?, nous hous sommes constitués en permanence. Nous suivons avec l'intérêt le plus vif, avec l'anxiété la plus fraternelle, des débats auxquels nous regrettons de n'avoir pu prendre une part plus active. Nous sommes prêts à nous rendre au poste d'honneur que vous nous avez confié, aussitôt que nous pourrons le faire avec dignité pour le parti, avec avantage pour vous, c'est-à-dire dès que la défense sera ce qu'elle doit être, libre et entière ; et dans tous les cas nous ne cessserons d'exercer sur les décisions de vos prétendus juges un contrôle actif, énergique de tous les instants.

Le système de violence proposé par les gens du roi et adopté par la Chambre des pairs ne s'était révélé jusqu'ici qu'avec une sorte de honteuse timidité ; aujourd'hui il s'est manifesté à tous les regards par l'emploi de la force brutale, par votre expulsion de la barre de la Cour à l'aide de la violence. On avait commencé par exclure les défenseurs, maintenant c'est vous qu'on veut exclure ; on voulait vous entendre en l'absence de

mSTMM DB MX AHS.

T06 confleils, maintenant on vent vous joger nn Totre propre i.è«eii«e. Lftiflsez faire : ceci n'est pas de la Justice, c'est la guerre civile se «mtlnue au sein de la paix et dans le sanctuaire même des lois.

Persévérez, citoyens ; montrez-vous, comme par le passé, calmes, lie», éeergiqucs ; vous êtes les défenseurs du droit commun ; ce que vous voulez, la France le vent; tous les partis, toutes les opinions généreuses le veulent; la France ne verra jamais des juges où il n'y a pas de défenseurs. Sans doute, au point où les choses en sont venues, la Cour des pau« continuera à marcher dans les voies fatales où le pouvoir r«ntraiiie, et, après vous avoir mis dans Timpuissanoe de vous défendre, eUe aura le triste courage de vous condamner. Vous aoeepterez avec une nelile résignation cette nouvelle iniquité ajoutée à tant d'autres inifuilés : Tiattmit du juge feit la gloire de Taccusé» dans tous les temps et dans toos les pays, ceux qui, de près ou de loin, par haine ou par faiUesw, se sont associés à des actes d'une justtee sauvage, ont encouru la haine de lem contemporains et l'exécration de la postérité.

( Voir, pour les signatures, les noms des défensemrs, autfi 12.)

' lA Cour des pairs : oui M. leproemmir-général en sonTéçMtoiie;

Vu le procès-verbal dressé par l'hidMiCT S^w, le 1 1 de ce mois, cotatant la rébellion de plusieurs des aeeuséi et leur refos de se présenter ft l'audience ;

Vu l'arrêt rendu par la Cour le 9 du mois dernier ;

Attendu que les aocusés dénommés dans cet arrêt ontëté coiifimntés avec les témoins tant à charge qu'à décharge ; qu'ils ont entendu tes déposions desdits témoins, qu'ils ont discuté ou pu dlsouler en ce qui les cobcottcemait; qu'ils ontpré0enlé ou pu préseï^ leur» nKnFene de défense sur les iliits de raceaBation :

Qu'ainsi le réquisitoire du ministère public, tendant à co^mr les débats en l'absence des aecutét rebelles qni refiiMt de présesder leurs moyens de défense, peut ètie admis, sans qu^ils en éprouvent muMi pré-> jnéfcoe, puisqu'ils pourmit ton^ooraêtie entendus^

Attendu que la Téb^im des «censés et leur refusée ipeemàie part aux débats et de ptéÊBÊÊm leurs moyens de défooK, ne sauraient arrêter le cours dehijusttœ ;

Salut etfralen^^

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