CHAPITRE VI
admis renvoyé extraordinaire de don Pedro, et qui aboutit à la rédaction d'un traité dit de la Triple- Alliance. II y était stipulé : 1® que don Pédro emploierait tous les moyens en son pouvoir pour forcer l'infant don Carlos à se retirer des États de Portugal; 2** que Christine, ayant reçu de graves et justes motifs de plainte contre Tinfant don Miguel par l'appui qu'il avait accordé au prétendant à la couronne d'Espagne^ ferait entrer suc le territoire portugais un corps de troupes espagnoles dont le nombre serait déterminé plus tard, lesquelles seraient entretenues entièrement aux frais de l'Espagne, et rentreraient dans leurs foyers aussitôt après l'expulsion de don Miguel et de don Carlos ; 3" enfin , que l'Angleterre assurerai t aux opéra tions le concours d'une force navale * .
Le caractère de ce traité était manifeste : l'Angleterre y conservait à l'égard du Portugal une attitude de protection dérivant d'une sorte de suzeraineté qu'elle n'avait garde de laisser prescrire ; et l'Espagne y poursuivait dans don Miguel, non pas l'usurpateur de la couronne du Portugal, mais l'allié de don Carlos. On avait donc éludé les questions de légitimité et de constitution aussi soigneusement que possible- Les négociateurs avaient même poussé la prévoyance jusqu'à stipuler en faveur des deux infants, aussitôt après leur retraite des États qu'ils troublaient, un « revenu convenable à leur naissance et à leur rang '^. » Il n'y avait rien là, on le voit, qui ressemblait à une alliance expresse des monarchies constitutionnelles contre les monarchies absolues. L idée fondamentale du traité de la Triple-Alliance était, on ne saurait trop le faire remar-
' Voir aux documents historiques, n*8.
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quer, — de régulariser Ventrée des Espagnols en Portugal; et elle n'était que cel* !
Il est vrai que, pour éviter des complications faciles à prévoir, on n'avait pas jugé à propos de prévenir du traité l'Autriche, la Russie, la Prusse ; mais il est à noter qu'on n'en avait pas non plus prévenu la France. M. de Talleyrand n'avait été ni aj^dé, ni consulté, ni sondé, pi averti l Ce fut par hasard qu'il fut instruit de la négociation prèsqu'au moment où elle allait être ébruitée. Il fit alors des démarches pour y entrer, craignant, d'une part, que l'absence de sa signature dans un traité où figuraient trois Puissances constitutionnelles, ne trahit aux yeux de l'Europe le secret du rôle subalterne qu'il jouait à Londres ; et ravi, d'autre part, de l'occasion qui s'offrait à lui de faire cause commune avec la Grande-Bretagne. Lord Palmerston, le marquis de Miraflores et M. de Moraes Sarmento avaient cru pouvoir se passer de M. de Talleyrand; mais dès qu'il s'empressait auprès d'eux, ils n'avaient aucune raison sérieuse pour le repousser, d'autant que l'adhésion de la France fortifiait la cause d'Isabelle et celle de dona Maria. Ils accordèrent donc à M. de Talleyrand la faveur qu'il demandait. Sa signature, qu'il offrait, fut acceptée -, le traité de la Triple- Alliance prit le nom de traité de la Quadruple-Alliance (22 avril 1834); et l'on y inséra un quatrième article conçu en ces termes :
« Dans le cas où la coopération de la France serait ju- « gée nécessaire par les hautes parties contractantes pour « atteindre complètement le but du traité, sa majesté le « roi des Français s'engage à faire, à cet égard, ce qui « serait arrêté, de commun accord, entre elle et ses trois (( augustes alliés. )>