‹ Histoire de dix ans: 1830-40, Volume 4Chapitre 81 sur 140 · CHAPITRE TIU · texte numérisé non relu

CHAPITRE TIU

frique^ Notre conquête s'y traînait péniblement depuis 1830 et ne s'y installait pas. Le courage des soldats s'y fatiguait à poursuivre, dans des expéditions sans nombre et sans fruit, des cavaliers rapides, maîtres de l'espace et gardiens insaisissables d'un sol brûlant. Il nous en coûtait beaucoup d'or, et le plus pur de ce sang généreux qui a toujours bouillonné dans les veines de la France. D'ardentes préoccupations s'ensuivirent. On se demanda si le mal ne venait pas de la fréquence excessive des excursions, et, par conséquent, de la prédominance de l'esprit militaire en Afrique. On se demanda s'il ne serait pas bon, pour asseoir enfin notre conquête à Alger, d'y envoyer un gouverneur civil duquel relèveraient les généraux. Cette opinion se fortifia, s'étendit, s'empara de la Chambre après avoir envahi la presse. Elle servait indirectement les vues ou, plutôt, les répugnances des doctrinaires, à l'égard de l'Afrique. « Alger, disait M. de Broglie, est une loge à K l'Opéra . La France est assez riche assurément pour avoir « une loge à l'Opéra ^ mais celle-là lui coûte trop cher. » Or, depuis que M. de Broglie était sorti du Conseil, ses dégoûts y étaient représentés par M. Cuizot, son ami. Quant à M. Thiers, l'occupation de l'Afrique répondait à tous ses instincts de nationalité, elle caressait ce qu'il y avait en lui du vieil orgueil impérial -, mais, sur les avantages d'un gouvernement civil, son esprit flottait indécis. *

L'affaire est soumise au Conseil. Le maréchal Soult croit

* Si nous n'avons pas encore parlé de nos^i^péditions en Algérie, c'est parce quil nous a paru convenable, pour ériter la confusion des faits, de rejeter à la fin de l'ouvrage Thistoire^d^ la ^France à Alger, depuis la conquête. Aussi bien, cette histoire fbrmf par sa nature un tableau tout-à- /ait à part.

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