‹ Histoire de dix ans: 1830-40, Volume 4Chapitre 87 sur 140 · CHAPITRE tlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE tlll

entendait tirer vengeance, Armand Carrel rappela que déjà en février 1 830 , un de ses anciens collaborateurs, M. Mignet, n'avait pas craint de dire de la pairie qu'elle était « la retraite des députés émérites, le prix de toutes « les complaisances^ l'hôpital de tous les blessés au Pou- (( voir. » Il citait ensuite ces paroles par lesquelles un autre de ses anciens collaborateurs au National, M. Thiers, avait flétri la Chambre des pairs en 1830 : « MM. les pairs « n'ont évidemment d'autre soin que d'observer la fortune^ a pour voir de quel côté elle se décidera à passer,... Il « faut de la vigueur avec tous ces poltrons. » Suivant Torateur, la violence de ces attaques, émanées de M. Mignet, maintenant conseiller d'État, et de M. Thiers, maintenant ministre, n'avait jamais été, depuis, dépassée, (c Pour nous, ajouta-t-il, nous n'avons pas cherché les « occasions de renouveler ces hostilités qu'on nous re- « proche aujourd'hui comme systématiques. Ces occa- « sions, on nous les a données à souhait, en s'obstinant à « maintenir les hypocrites douleurs du 21 janvier, à rejeter « les droits des militaires des Cent-Jours, à repousser la « loi du divorce , deux fois inutilement votée par la (c Chambre élective, et, ce qui a paru le comble du mau- « vais vouloir, en opposant une inébranlable fin de non « recevoir à la révision du procès du maréchal Ney. » A ce nom, une légère agitation se manifeste dans l'assemblée. Le public des tribunes redouble d'attention. Chacun reste comme en suspens. « Ici je m'arrête, continue (( Armand Carrel, par respect pour une glorieuse et lace mentable mémoire. Je n'ai pas mission de dire s'il était « plus facile de légaliser la sentence de mort que la révi- « sion d'une procédure inique. Les temps ont prononcé.

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