CHAPITRE VII
Elargissement de» prisonniers de Hara. — Attentai. — Débats sur l'Eupagne.
— Procès de Strasbourg. — Lutte sourde entre M. Molé et M. Guizot.
— Projet d'ostracisme. — Loi de disjonction rejelée.— Tableau des souffrances publiques. — Présentation de la loi d'apanage. — Pamphlut de M. de Cormcnin. — Continuation de la lu tic secrète engagée au sein du conseil. — Origine, physionomie et influence du tiers parti. — Dislocation du cabinet du 6 septembre. — Ffforls pour constituer un ministère de tiers parti; comment ils échouent. — M. Guiiot vaincu ; cabinet du 15 avril.
Un acte qui semblait préluder à la politique de l'amnistie avait signalé l'avènement du ministère Molé : le château de Ham ne renfermait plus de prisonniers.
Déjà trois médecins célèbres, les docteurs Hostan, Ferrus et Andral, avaient été chargés par le gouvernement de visiter les prisonniers de Ham, dont on disait la santé compromise. Parmi les ex-ministres, deux seulement, MM. de Peyronnet et de Ghantclauze, consentirent alors à recevoir la visite des médecins, qui, après un examen consciencieux, ne crurent pas devoir conclure , dans leur rapport, à la nécessité de l'élargissement des captifs. PI us tard, néanmoins, le 17 octobre 1836, MM. de Peyronnet et de Chantelauze, dont les souffrances s'étaient accrues, furent autorisés à résider, sur parole, le premier à Monferrand, dans le département de la Gironde, et le second dans le département de la Loire. Quant à MM. de Polignac et de Guernon-Ranville, ils s'étaient refusés à faire auprès du gouvernement de Louis-Philippe une démarche qui ne leur paraissait pas compatible avec leur serment. Mais la mort de Charles X étant venue les délier, ils demandèrent à être transférés dans une maison de santé, et, le 23 novembre 1836, une ordonnance parut qui commuait en vingt années de bannissement hors du royaume la peine prononcée contre M. de Polignac, et autorisait M. de Guernon-Ranville à résider, sur parole, dans le département du Calvados.
Ainsi, M. Molé semblait dès son début se séparer de la politique de ses prédécesseurs. Du reste, le roi avait failli de-