H PRÉFACE
arabes ne se pique pas de cette exactitude. C'est beau* coup qu'elle ait bien voulu tenir compte ici du nombre des années et qu'elle laisse à la favorite à peu près le temps nécessaire pour une triple délivrancet Si rissue ne tourne pas précisément à Thonneur de Schariar et de sa perspicacité , elle mouti e ua dessein suivi dans Shéhérazade , et la bonne sultane ne s'assurait pas seulement sur l'intérêt de ses fables merveilleuses pour désarmer la colère de son maître»
Galland a négligé la lin de cette histoire qui sert de lien à toutes lés autres. Il la raconte en passant; mais il ne la traduit pas. Soit qua le manuscrit de la Biblio* tbèque royale sur lequel il a u âvaillé fût un manu^ cril mcamplet, ou qirïl m aaifc imà de pocanafarre, m qui semble certain, c'est que» à partir de la 234* nuit, le savant orientaUste enti^e dans une autre .série de contes, et complète ses volumes avec des contes p^*sans.
Depuis Galland , le gouvernement égyptien a lait rechercher les ditîérentes versions des Mille et une Nuits; il les a fait revoir et comparer entre elles, a&n' d'en publier un texte définitif. Ce texte définitif .^t officiel se nomme l'édition de Boulak. £n supposant» ce qui est fort douteux, que le manuscrit exploré par le célèbre traducteur soit conforme à l'édition de Boulak, il resterait 767 nuits à mettre en lumière.
PRÉFACE. ni
Nous avons entrepris ce travail, et nous avons déjà
tiré du vaste romancero arabe onze coûtes inédits.
Si rhistuire de Djouder le Pécheur n'est pas la plus piquante par le côté du merveilleux, elle est du moins la plus touchante et la plus propre à être mise dans de jeunes mains. C'est pai^ là seulement que nous pouvons Topposer avec quelque avantage aux anciens ^ contes. Dans tout le reste, nous ne nous dissimulons pas notre intériorité. 11 nous manque la grâce ingénue du premier interpiàte, la simplicité de son langage, ce charme particulier qui a quelque chose de celui de l'enfance et qui n'appartient plus guère aux civilisations déjà uiùiCb. Si quelqu'un nous en fait un repro* die, nous accuserons la faute du temps en confessant la nôtre ; ou plutôt je confesserai la mienne, car c'est moi qui ai tenu la plume. C'est moi qui ai désespéré dimiter le caractère naïf du texte original, et qui me suis flatté d'en reproduire avec plus de succès la gra-* vité, l'élévation naturelle et la poésie. C'est moi qui me suis permis d'être plus prévoyant, moins oublieux, I^as chaste surtout que le conteur arabe, de suppléer parfois à ses omissions, de retrancher quelque chose à la vivacité trop primitive de ses récits, de le faire comprendre çà et là plutôt que de le traduire. J'ai At quelle a été ma part dans ce travail. Peut-être nion intervention sera-t-elic trouvée uiauvaise; j'ac-