DU LIVRE CINQUIEME
(i) F'ons n'étès que IsfauJttwr et le complice des gUeux, un reèeUe qui trahit et di$ho¥wre sa propre maison* On sftit cpe les Espagnols donnaient le nom de gweuM î tout ce qui T^cd»mitï en Belgique, la liberté de conscienee, et les anciens pritiltges dv royaume. Les Nassau, le qomte d'Ëgmont, le eomte de Hora , furent les premiers que l'on qualifia de gueux. Ce nom, comme tous ceux que se donnent r^proquement les partis , n'a rien qui fasse rougir Thamme de bien. Mais un tort que rien n'excuse dans l'archiduc Mathias, c'esf d'avoir en effet conspire contre sa propre maison. Ce qui idlait si bien au prince d'Orange , ne conrenait point à un arrière*neveu de Charles4}uint, au proche parent de Philippe et de don Juan.
(3) On wait revêtu don Juan de ses armeSj et placé sur sa tête la couronne des ducs de Bourgogne, La succession des ducs de Bourgogne était passée dans la maison d'Autriche par le mariage de la princesse Marie y fille du fameux Charles-le-TemerairCi avec Tarchiduc Maximilien. C'est pour cette raison apparemment que l'on mit sur la tête de don Juan la couronne de Bourgogne y comme arrière-petitfils de Maximilien d*Autriclie et de Marie. Uordre delà Toison I dont les rois d'Espagne sont chefs , provient également de l'hentage des^ducs de Bourgogne.
(S) Ce prince mérite sans doute de grands repro» ches, mais il a détruit à Lépante la marine otto^ mane, il a tendu à la Grèce une main iecouraMe, et conçu le hardi dessein de refouler les Turcs en Asie, On peut juger de quelle noble colère il était transporté contre les ennemis du nom chrétien j par la réponse qu'il fit à une lettre de Sélim. Voici ce que lui écrivait l'empereur des Turcs , et la réponse
NOTES DU LIYHE CINQUIÈHE. 203 de don Jtuoi. Ces lettres , traduites de rorigmali se trouyent en copie au tome 35 du Recueil historique de France, yol. 439, des manuscrits de MM, Dupuy .
Lettre de Silim II, empereur des Turcs , à don Jaan d^ Autriche, lui envoyctnt des présens.
Sâimi du très haut et très glorieux sultan Soliman \\j fils treizième j empereur des Tures^ roi des rois I dompteur des provinces ^ expugnateur de» ar* mées I terrible par mer et par terre , n'a point à dedaiuy entre ses hautes pensées ^ de donner lieu et place à toi Jean d'Autriche , capitaine de singulière yaleur, ni le visiter ayec son sceau d^'or incomparable j qui fait bienheureux qui le regarde ^ visiter ta yertu ô jeune garçon de peu d'expérience, très genëreux , qui Tas mérite en cet espace de temps que tu as été seul qui as donné commencement aux pertes et dommages que jamais la très haute et toujours heureuse et admirable maison des Othomans ait senti et reçu des chrétiens ; ce qui m'a invité ,
iÔ4 nOTSS DU LIVRE CnCQUl^llE^.
eocote que je som offeosë, à te readre , |^ 1«b deê^ et pnéalrnâ que je t'envoye, ample et iUuAtre tmoÎH HWigc de ta vertu» et krsqsek doo^ et p^end, si tu les considères comme tu dois, tu les devras ceitaioemeut estimer beaucoup plUs que ta hmt^ et boDue fortuné, attendu qu'ils te sont enrojés par celui y lequel étant entre tous les hommes le plus gvandy se fait un peu moms ^^al À toi par ee sien prient et libéraHt^^ œ qui a ëtë pitis fiunle' a beaucoup de désirer cpie d'osp^er obteuif. Prie^ Dieu qu'il te ^nk- de notre ke.
Réponse de don Juan d'Autriche, général de formée chrétienne , à Séiim II, empereur des Tunss»
Par les mains d'Âeomàtz de NatoUci eunuque ,. ]^^ reçu de ta part> «rec bon-au^re, ta lettre et le présent y Tun digne de la libersdité, et l'autre du témoignage de la vertu qu'il a phi à Dieu me donner pour la défense de ses tidèks et offense de la maison Othemane, à laquelle ce garçon de peu d'expé^