CHAPITRE X
i. Page 95. — Don Gabriel de Lignan, auteur de poésies fort estimées et d'un roman intitulé el Zeloso, le Jaloux, publié au commencement du dix-septième siècle. — Don Vicente Esoine), ami deMiguel Cervantès, a laissé une traduction en vers de l'Art poétique d'Horace, et un petit roman intitulé la Vie de l'écuyer Marcos de Obregon, dont Le Sage a tiré grand parti en composant Gil Blas. Espinel avait inventé un modèle de guitare qui reçut son nom,, la espinela.
En outre de dix-huit cents comédies et de quatre cents actes sacramentels, Lope de Vega a écrit dans tous les genres. Il ne savait pas écrire que déjà il dictait des vers. Homme universel, il essaya de tous les métiers; d'abord secrétaire du duc d'Albe, puis du comte de Lemos, il se fit soldat et combattit sur la grande Armada, sous les ordres du duc de Medina Sidonia. Deux fois marié et deux fois veuf, il embrassa l'état ecclésiastique, reçut les ordres à Tolède et devint supérieur de la congrégation des prêtres à Madrid, puis familier du saint-office. Il n'en continua pas moins à faire des vers et des comédies, et le pape Urbain VIII lui envoya la croix de Malte. Il mourut à soixante-treize ans, riche et considéré.
Don Alonso de Ercilla, page de Charles-Quint et plus tard secrétaire intime de Philippe II, est l'auteur d'un célèbre poëme épique intitulé el Araucana. Ce poëme est le récit d'une guerre entreprise par l'ordre de Philippe II contre les sauvages de l'Arauco, contrée voisine du Chili. Ercilla assista à cette guerre comme volontaire, et quittant à chaque instant l'épée pour la plume et la plume pour l'épée, il écrivait le soir les événements de la journée. Lope de Vega a pris dans le poëme d'Ercilla le sujet d'une pièce de théâtre intitulée VArauque dompté.
On a conservé de Figueroa un recueil de poésies remarquables. Lope de Vega lui a consacré plusieurs strophes dans un poëme biographique intitulé le Laurier d'Apollon.
Don Pedro de Padilla, d'origine portugaise et chevalier de l'ordre de Saint-Jacques, fut un des poètes les plus célèbres du seizième siècle. Il a écrit un recueil de poésies , des églogues et une histoire anecdouque de la guerre de Flandre en 1 583. Il se fit moine de l'ordre des Carmes de Castille, en 1 585, et devint un prédicateur remarquable.
2. Page g5. — Pablo, venu d'Alcala à Madrid par la vallée du Henarès, fit sans doute le tour delà capitale sans y entrer, pour prendre le chemin du port de Guadarrama, par lequel on parvient à Ségovie.
3. Page 98. — L'huile de la lampe, c'est-à-dire le produit du tronc consacié à l'entretien de l'autel et des lampes de l'église.
4. Page 101. — Le précurseur des hautes œuvres, c'est-à-dire le crieur public qui , ainsi que je Tai dit dans une note précédente, marchait en avant des criminels qu'on conduisait au supplice, et proclamait à haute voix, à tous les carrefours, l'arrêt prononcé contre eux.
5. Page 101. — Il y a dans le texte : cinco laudes que llevaban sogas por cuerdas, cinq luths qui avaient des cordes de pendus pour cordes harmoniques.