‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 2)Chapitre 10 sur 191 · PARTIE I , XIV, l\y C94.JP. XXVIII. i l · texte numérisé non relu

PARTIE I , XIV, l\y C94.JP. XXVIII. i l

pouyaient deviner ce qu'elle était d^yetiue. Pour moi , je trouvai quelque matière de consolation dans tous ces désordres , et je m'imaginai que le ciel s'était opposé aux injustes desseins de don Fernand , pour le faix'e rentrer dans les sentimens d'honneur et de piété que doit avoir un homme de bien *, et qu'enfin , puisque $on mariage n'avait point réussi avec Lyscinde , je n'étais pas sans e^érance de voir accomplir le mien* Je tâchai de me persuader ce que je souhaitais , et je me consolais ainsiî par de vaines idées d'un bonheur à venir, poitr ne me laisser pas accabler , et pour alonger une vie qui m^est désormais insupportable.

Pendant que j'étais dans la.yille« sans savoir à quoi me résoudre, puisque je n'y trouvais point doii Fernand , j'entendis crier publique ment qu'on donnerait une grande iréiçompeMf à qui dirait où j'étais, me désignant par mon • âge, par l'habit que je portais et par d'autres c«>seigneâ. J'appris encore qu'on dirait que le beiv ger qui était venu avee moi^m'avAijt milevéedis che^ mon père; ce qui me donna un diéplaisfr aussi sensible que l'infidéjité de don iFernaiid:, car je voyais ma réputation absolument perdue, et pour le sujet du nkonde le plu$ his et Je^pJm indigne. Je sortis k Theufe même die la vilk f yuc ce gançon^ de qui je m'tnibginai re^ommlr^ €pip

aa / DON QUICHOTTE.

fâViais sujet de me défier; et le soir même nous arrivâmes' ici, où nous nous cachâmes dans le lieu le plus désert de ces montagnes. Mais, comme on dit d'ordinaire, les maux son enchaînés les uns aux autres, et quand un est passé un autre lui succède. Je ne fus pas sitôt dans ce lieu, où je me croyais en sûreté, que le berger, que j Savais toujours trouvé assez sage, tenté de T occasion et de sa malice plutôt que de ma beauté, fut assez inisoient pour me parler d'amdur ; et coinme il vit que je lui répondais en colère et avec mépris, il ne voulut plus employer des prières inutiles, et résolut de pousser son mauvais dessein à bout par la force. Mais le ciel et ik^ raison ne m'abandonnèrent point en cette «encontre, et sa passion l'aveugla à tel point, -que ne s'apercevant pas qu'il était au bord d'un inrécipice, je le poussai dedaiis sans peine, et couvrant aussitôt de toute ma force, j'entrai bien -avantdaiis ces déserts, pour me cacher de ceux -quî ïtie cherchaient de la part de mon père. Le 'ifendeniâin , je trouvai un paysan, à qui je me ddii'npi ' en ' service en qualité dé berger , et il iAi^ &tifùen3L' dans sa maison, qui est au milieu xSe^es'nldntagnes. J'ai été je ne sais combieii de ^ttib^s^iàvec lui, allattt tous les jours aux champs, •igt^ptéhaiit toujours bien garde de ne- me laisser pqs 'reconnaître : mais tous mes soins et toute

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