‹ Histoire de Don Quichotte de la Manche (volume 2)Chapitre 188 sur 191 · PARTIE I, UV. IV, CUAP. XLVMI. Î · texte numérisé non relu

PARTIE I, UV. IV, CUAP. XLVMI. Î

on le itiètie dan$ tet équipage , un petit garçon va avertir la nièce et la gduVerûante de son ar^ rivée , et leur dit que monsieur est venu dans une charrette à bœufs ^ couché sur du foin ^ si maigrejBt si décharné^ qu'un squelette ne Test pas davantage. Ce fut une chose pitoyable qde d'eii*^ tendre les cris de ces bonnes dames « de vbir les sonfîlets ddnt elles se plomber mt le visage , d'entendre les malédictions qu'elles donnèrent à ces diaboliques livres de chévaleârie ^ ^ de les voir recommencer^ quand elles virent entrar dî>n QuIt chotte^ et qu'il éta^it encore en plus tnsluVaî^.^'t; qu'on ne leur avait dit.

Au bruit de la venue du gientilhomme ^ la fetn? me de Sancho Pançà ^qto avait bien su que ^on mari l'avait Suivi en qualité d'écuyer, vint dqs premièttes pour faire son compUment^ et çençpnl3[^nt d'abord Sancho : Hé bien., diWUe, mon mari , notre âne se porte-t-il bi^ ? Il se porte mieux que son maître , répondit Sancho. Di^u soitlbiié, dit-elle» de la grâce qu'U m'a 'ifaite ! mais conte-moi donc à cette heure, tout ce qije tu as gagné dans ton écilyérie, won ami • où sont les cottes, que tu m'apportes» et l^s souliers popr nos enfains? Je n'^pott^e rien* 4è tout^eja ,. femme , répoi^dit Sancho ; mais j'apporte d' Autres choses qui sont de bien plus grande importance. Ha ! tu me fais grand plaisir^ dit la femme : oh ,

montrç-le&^moi ces choses de plus grande im] tance , mon ami ; j'ai grande envie de les pour me réjouir un petit le cœur, que j'ai jours eu triste et tout je ne sais comment , de] que je n'ai point vu* ta face. ,Je te les montri à la main , femme, répondit Sancho ; aie patiei pour le présent , et espère que s'il plaît à Dii nous irons encore un autre voyage chercher aventures, et que tu me verras bientôt comte gouverneur d'une tle , je dis d'une île ferme , des meilleures qui soit sur terre , et non pas ces îles à la douzaine. Dieu le veuille ! mon mari, dit la femme , nous en avons bien besoin ; mai! qu'est-ce que cela , des îles ? il me semble que je ne l'entends point Le miel n'estpaspour lagueule de l'âne , répondit Sanchp ; tu le sauras quand il sera temps , ma femme , et tu tMmerveilleras de te voir dire votre seigneurie par tous tes vassals. Qu'est-ce que tu dis là , Sancho de seigneurie et de vassals ? repartit Jouanne Pança. C'est ainsi que s'appelait la femme de Sancho , non pas qu'ils fussent parens , comme remarque Benengely, mais c'est la coutume de la Manche, que les femmes prennent le nom de leurs maris. Ne te presse pas tant de«savoir tout Cela , Jouanne , répondit Sancho : il y a plus d'une heure au jour ; qu'il te suffise que je dis vrai , et bouche close ; apprends feulement en passant qu'il n'y a pas un plus grand

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