PARTIE I , LIV. IV, CHAP. XXXIIÏ
donc, dit Camille, est-ce que tous les amans disent vrai dans leurs vers? Non pas comme poètes , répondit liothaire , mais comme amoureux , ils en disent encore bien moins qu'il n'y en a. Cela n'est que trop vrai , dit Anselme , pour appuyer toujours les sentimens de Lothaire , et les faire valoir auprès de Camille ; car on eût dit que ce pauvre homme eût été bien fâché de négliger la moindre chose qui pût servir à le perdre. Camille , sans s'apercevoir de l'artifice de son mari, prenait beaucoup de plaisir à ce qu'ils disaient , parce qu'elle aimait éperdûment Lothaire, et qu'elle ne doutait point que ce ne fût pour elle qu'il faisait des vers. Elle lui demanda s'il n'en savait point d'autres , et le pria d'en dire. Voici un autre sonnet, répondit Lothaire, dont je n'ai guère meilleure opinion que du premier , mais vous en jugerez»