AUTRE SONNET
Je sens bien que je meqre , il est inévitable \
La douleur qui me presse achève son effort;
Et moi-même, après tout, j'aime bien mieux imon sort
Que de cessée d'aim^er ce qiie |e trouve aimable. '. .
A quoi bon essayer un remède haïssable , Qui pour me bien guérir ne peut être assez fort f Mais bravant les rigueurs , les mépris- et la mort , Faisons voir à Gloris un amant yéritable.
1 1 b . DON QUICHOTTE.
Ah l qu'on est âmpradent de courir au hasard , Sans connaître de port, sans pilote et sans art, Une mer inconnue , et sujette à l'orage I
Mais pourquoi murmurer f s'il faut mourir un jour, Il est beau de mourir par les mains de l'Amour : Et mourir pour Gloris est un heureux naufrage.
Anselme , qui ne songeait qu'à son dessein , trouva ce sonnet aussi bon que l'autre , et ne le loua pas moins; et continuant à se tromper lui-même , il ajoutait tous les jours quelque chose à son malheur , et ne cessait de se louer d'un homme qui le trahissait incessamment, et d'une femme qui faisait le déshonneur de sa maison. A quelque temps de là , Camille se trouvant seule avec Léonelle , et l'entretenant de sa passion : Que je me veux de mal, lui ditelle y ma chère amie , de m'être sitôt laissée persuader ; et que je crains que Lothaire ne vienne à me mépriser quand il se souviendra de ma faiblesse et du peu que lui coûte mon amitié ! Hé ! de quoi vous attristez -vous là, madame? répondit Léonelle; au contraire, c'est ce qui doit redoubler sa reconnaissance ; et après tout , qu'est-ce que peut avoir Lothaire à vous reprocher? n'a-t-il pas fait le même chemin que vous? ne vous allez donc point mettre dans l'esprit toutes ces imaginations fâcheuses, mais