PARTIE I, UY. IV,rCHAe. XXXVII. l8l
cndnârc':qu.'un peu àa poadre et de plomb arrête moa courage ^ m'empéehe de faire coiinaitre la force de mon bras^ dans toute retendue du monde. Mais^ après tout, que la fortune en or* donne ce qu'elle voudra , il y a d'autant plus de réputation: à acquérir pour moi, que je m'expose à plus de périlsi qiie n'^n ont connu les chevar liers des' siècles passés. .
Pendant que notre héros faisait ce grand discours sans penser à manger,, quoique Sancho lui dit de temps en tencips de le faire , et qu'après il aurait loisir de haranguer tout son soûl, ceux qui l'écoutaient trouvaient un nouveau sujet de le plaindre de ce qu'après avoir fait paraître tant d'esprit et de jugement sur diverses matières , il venait de le perdre tout d'un coup , sur le sujet de sa ridicule chevalerie. Le curé lui applaudit, et lui dit qu'il avait raison de donner la préférence aux armes, et que tout intéressé qu'il se trouvait , étant docteurt il l'avait pourtant forcé d'être de son sentiment.. On acheva de souper; et pendant que l'hôtesse et Maritome préparaient la. chambre de don Quichotte pour les dames, don Fe^nand pria l'esclave de vouloir conter l'histoire de sa vie , lui disant , pour l'engager davantage , que toute la compagnie l'en priait avec lui , et que la rencontre de Zoraide leur faisait croire qu'il y devait avoir des aven--
l82 DON QUICHOTTE.
tares fôort âgraébles. L'esclave répondit <iu^il ne savait point résister à îce .qu'on lai demandait de si bonne grâce, et qu'il craignait seulement que la manière de raconter ne leur donnât peut^ être pas toute la satisfaction qu'ils s'en promets taient^ Enfin , messieurs , ajouta*^t-il , puisqu'il TOUS plaît, donnezHiioi un peu d'attention, et Je vais vous apprendre des aventures véritables, qui ne cèdent point en beauté aux fables les mieux inventées. Ceci ayant préparé la compagnie à récouter sans ^interrompre, il commença de cette manière^